‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 27 sur 76 · SON · texte numérisé non relu

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contre eux à des opérations funestes. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine qu'on parvint à les rassurer, à les détromper sur le compte du secrétaire. Ils consentirent à se rapprocher des Espagnols, mais après avoir employé les moyens qu'ils jugeaient propres à se garantir des maléfices de l’enchanteur. Ce préservatif consistait dans une poudre qu'ils jetérent du côté des Espagnols : elle produisit une fumée à laquelle ils attribuaient sans doute le pouvoir de conjurer les sortiléges, et qu'ils chassèrent ensuite vers l'homme qu'ils considéraient comme un sorcier.

Ces sauvages reprirent ensuite le chemin’ de la ville. Barthélemy les y suivit, et n’y aperçut rien de remarquable qu'un grand édifice construit entièrement en bois, et qui servait de cimetière aux habitants. Il vit dans quelques tombeaux des corps enveloppésde draps de coton, et parmi lesqueis it y en avait un qui était embaumé. Chaque tombeau était fermé par une planche couverte de figures d'animaux. Près de plusieurs sépultures était placé le portrait du mort avec des ornements bizarres.

Le lendemain, l'amiral retint à son bord quelques naturels du pays, afin d'obtenir d'eux de nouveaux renseignements; mais les autres, ne voyant pas revenir leurs compatriotes, concurent des craintes pour leur liberté, ets'imaginant qu'on voulait la leur faire acheter par une rançon, ils envoyérent à Colomb des députés chargés de lui offrir deux jeunes pores, et de le prier de leur rendre, en échange

de ces animaux, les prisonniers dont la captivité avait con-

sterné la population. Colomb, leur avant fait comprendre

que leurs compatriotes n'étaient pas prisonniers, leur pro-

mit de les renvoyer bientôt et leur paya le prix des pores.

Ces députés se retirèrent satisfaits de leur entrevue avec l'amiral.

Les deux porcs qu'ils avaient apportés furent placés sur

le pont, où il y avait un chat sauvage grand comme un lé-

vrier de petite espèce, et qui avait été pris par un matelot après avoir eu une patte coupée. Cet animal, aussi agile que l’écureuil, dont il égale la vivacité, lui ressemble encore par ses habitudes, en sautant d'arbre en arbre et en se suspendant avec sa queue à une branche. Dès que les porcs l'aperçurent, ils parurent saisis d'effroi et voulurent s'enfuir : l'un d'eux fut saisi et placé devant le chat, qui s'élança aussitôt sur lui, et, roulant sa queue autour de son museau qu'elle étreignait, il s'accrocha si fortement, avec ses pattes de devant, à la tête du porc, qu'il Faurait tué si les matelots ne l'avaient forcé de cher cette proie.

Après une navigation de plusieurs jours, Colomb mouilla à l'embouchure d'une rivière, et fit descendre quelques soldats à terre ; mais une foule d'Indiens armés accoururent sur le rivage pour S'opposer au débarquement. Hs s'avancérent au nombre de plus de cent dans la mer, ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, et, brandissant leurs lances, sonnant du cor, battant du tambour, ils jetaient de l'eau aux Espagnols et lançaient vers eux, avec leur bouche, des herbes mâchées, pour exprimer leur haine et leur mépris pour ces étrangers. Mais ces démonstrations menacantes ne produisirent aucun effet sur les Espagnols, qui restèrent inpassibles et se conformèrent aux ordres de l'amiral, qui leur avait prescrit une grande modération.

Etonnés de l'attitude pacifique des Espagnols, les sauva-

ges suspendirent enfin ces mouvements hostiles, et bientôt

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s'ouvrirent des relations commerciales dont les Espagnols retirèrent seize plaques d’or qui valaient cent cinquante ducats environ, en échange d’un petit nombre de sonnettes.

Ainsi qu’on à pu en juger, les Espagnols s'étaient conduits avec beaucoup de modération ; mais les sauvages se méprirent sur la cause de la patience qu’on avait opposée à leurs menaces ; ils la considéraient comme une preuve de faiblesse et de timidité, et le lendemain, lorsque la chaloupe voulut s'approcher du rivage, ils lancèrent sur elle des zagaies. Cette attaque si téméraire força les Espagnols à prouver à ces Indiens qu'ils ne les craignaient pas. D'après l'ordre de l'amiral, on leur tira un coup de canon. Au mème moment, une flèche tirée de la chaloupe atteignit et blessa un des assaillants. Alors ils prirent tous la fuite, et les Espagnols descendirent à terre ; ils ne poursuivirent pas les Indiens dans leur fuite, mais, au contraire, ils les engagèrent par signes à revenir. Les sauvages, reconnaissant que les hommes blancs ne voulaient pas leur faire du mal, bien qu'ils en eussent le pouvoir, n'hésitèrent pas à quitter leurs armes, et retournèrent au rivage pour continuer l'échange de leurs plaques d'or, sous la garantie d’une amitié mutuelle.

L'amiral prit toutes les informations qui lui étaient nécessaires sur la nature de ce pays, sur ses productions diverses et sur les mœurs de ses habitants, puis remit à la voile en continuant à longer la côte, Il conservait l'espoir de trouver enfin le détrojt qui était le but de ses recher-{ ches. I parvint à une large baie qui formait un port vaste et sûr; près de cette baie était une grande ville indienne

dont la population était considérable, et autour de laquelle [EU

on remarquait des terres bien cultivées. Coïomb donna à ce lieu le nom de Porto-Bello.

On n'eut qu’à se louer des dispositions des habitants de cette ville : ils s’empressèrent d'apporter aux Espagnols des vivres et du fil de coton, qu’ils échangèrent contre des clous, des aiguilles et d’autres objets de mince valeur.

En s’avançant huit milles plus loin, Colomb arriva près de l'endroit où, depuis, a été bâtie la ville de Nombre-de-

Dios. Le mauvais temps le força de s’y arrêter pendant

quelques jours, qu'ilmit à profit pour faire réparer ses bâti-

ments qui étaient en très-mauvais état. Il voulut continuer sa route; mais, Contrarié encore par le mauvais temps, il entra dans un peut port qu'il nomma el Retrete, ou /a Relraile.

Les habitants de ce pays se montrèrent d'abord trèsbienveillants à l'égard des Espagnols ; mais, offensés par quelques matelots imprudents, ils se soulevèrent contre ces étrangers et formerent des projets de vengeance. Confiants dans leur grand nombre, qui se grossissait à chaque instant, ils préparèrent une attaque générale, afin de s'emparer des vaisseaux, Colomb voulait à tout prix prévenir l’eflusion du sang : il s'efforça, mais en vain, de désarmer les Indiens par des moyens de conciliation; puis, voyant qu'il ne pouvait rien obtenir par la douceur, il eut recours aux menaces; tout fut inutile. Alors il fit tirer un coup de canon chargé à poudre, car il croyait que le bruit suffirait pour mettre les

sauvages en fuite; mais il n’atteignit pas le but qu'il s'était proposé. Les sauvages, voyant qu'ilsn’avaient pasétéatteints par la foudre, s'imaginèrent qu'elle était impuissante ; leur hardiesse devint insolente, et, poussant de grands cris,

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frappant les arbres avec leurs bâtons, ils exprimaient leur mépris pour ie vain bruit qui avait causé leur étonnement. Colomb se vit donc dans la nécessité de leur faire sentir les effets du canon qu’ils osaient braver : il fittirer à boulets sur une colline où l’on apercevait un grand nombre d’Indiens. Ils reconnurent alors que ce tonnerre donnait aussi la mort, et s'enfuirent épouvantés dans les bois.

De tous les Indiens que l'on avait rencontrés jusque-là, ceux-ci étaient les plus beaux et les mieux faits ; remarqua-

bles par leur taille, qui était svelte, et les élégantes propor-

tions de leur corps, ils n’offraient pas ce hideux développement de l'abdomen qui donnait une tournure si grotesque aux autres habitants de ces contrées. Les Espagnols virent dans le port un grand nombre de gros alligators. Cet animal, qui, lorsqu'il est fatigué, va dormir sur le rivage, exhale une forte odeur de musc; il paraissait timide si on l’attaquait; néanmoins il cherchait quelquefois à saisir un homme et le dévorait.

Cependant Colomb, découragé, renonça enfin à l'espoir de trouver un passage pour se rendre de l'océan Atlantique dans la mer du Sud; la persistance de vents impétueux contre lesquels il luttait depuis longtemps détermina l'amiral à revenir sur ses pas et à se diriger vers une contrée nommée Veragua, où les rapports des sauvages s’accordaient à signaler aux Espagnols l'existence de riches mines d’or. Il courut de grands dangers dans cette navigation pénible : assailli par une violente tempète qui dura plusieurs jours, il eut encore à souffrir d’une grande disette de vivres. De toutes ses provisions, épuisées par un voyage de huit mois, il ne lui restait plus pour nourrir ses équipages exténués que quelques biscuits gâtés par la chaleur et par l'humidité, En outre, ils fourmillaient de vers, et, pour surmonter: le dégoût que devait causer cet aliment infect, on se plaçait dans l'obscurité.

Ce fut dans le même temps que les vaisseaux furent en-

tourés d’une multitude de requins. Ce poisson, qui a quel-

quefois trente pieds de long, est très-gros ; sa gueule monscrueuse est armée, en haut et en bas, de trois rangs de iortes dents avec lesquelles il coupe une jambe ou un bras comme le ferait une hache. Un seul coup de sa queue,

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CIHRISTOPHE COLOMB. 149

qu’il remue sans cesse, peut casser braset jambes à l’horime qu'il atteint, et mème le tuer. La voracité de ce poisson n'est pas moins effrayante : il avale tout ce qu’on lui présente, jusqu'à des crocs de fer et des haches. On lit dans les rnémoires d’un voyageur digne de foi, que le cadavre d'un homme enveloppé dans une pièce de grosse toile, comme c'est l'usage en mer, où l'on ne peut enterrer les morts, ayant été jeté dans les flots, on pècha le lendemain un re-

quin dans le ventre duquel on retrouva le cadavre encore couvert de son suaire. Les nègres de l'Afrique regardent

comme un mets délicat la chair de ce poisson, quoiqu’elle soit huileuse et exhale une odeur désagréable, Avant de la manger, ils l’'exposent à l’ardeur du soleil jusqu'à ce qu’elle commence à se putréfier, c’est-à-dire pendant huit jours environ.

Quant aux compagnons de Colomb, la présence de ces monstres leur parut un sinistre présage. Toutefois, la faim imposa silence à leurs craintes superstitieuses et à leur dégoût pour la chair rance du requin; ils se décidèrent à en manger, parce qu'elle était encore préférable à leur biscuit, qu’ils disputaient aux vers. Du reste, ils prenaient ce poisson avec beaucoup de facilité. Connaissant son avidité extraordinaire et sachant qu’il avale tout ce qu’on lui jette, les matelots attachaient un morceau de drap rouge à un hamecçon fixé à une chaîne de fer, et le jetaient à la mer. A peine était-il lancé dans les flots, qu'un requin venait se prendre à cet hameçon. On se hâtait de tirer la chaîne, et le poisson était amené dans le vaisseau. On prit un requin dans l'estomac duquel on trouva une tortue encore vivante, et qui marcha sur le tillac aussitôt qu'on l’eut fait sortir de

sa singulière prison. L'estomac d'un autre requin renfermait la tête d'un poisson de cette espèce ; les matelots lavaient récemment jetée à la mer; ce qui pouvait faire supposer que les requins se dévorent les uns les autres. L'amiral, faisant route vers le Veragua, renommé par ses abondantes mines d'or, se vit souvent forcé, par le mauvais temps, de s'arrêter dans d'autres endroits de la côte, et d'attendre qu'un vent favorablelui permit d'y atteindre le rivage, où il espérait un heureux dédommagement de ses contrariétés et de ses peines. Dans un de ces pays qu'il

visita, il remarqua avec surprise des maisons que les habi-

era-

par le Ja inde w'il

CHRISTOPHE COLOMB. 151 tants avaient bâties en l'air ; ils se servaient à peu près des mêmes moyens qu'avait autrefois employés la reine Sémi- “amis pour construire ses jardins suspendus, dont les historiens de l'antiquité parlent avec tant d’admiration. Ces sauvages avaient construit leurs cabanes sur des branches de grands arbres, comme autrefois on établissait des terrasses et des jardins entiers sur de hautes voûtes. Ainsi ces Indiens ressemblaient, sous ce rapport, aux oiseaux; comme eux, ils étaient habitants de l'air. Sans doute ils avaient adopté ce genre de construction tout à fait extraordinaire pour se garantir des inondations et des attaques des animaux féroces ou de leurs ennemis. Ils montaient dans leurs ‘abanes à l’aide d’échelles, qu'ils avaient soin de retirer, afin que d'autres ne pussent y monter.

Enfin Colomb arriva heureusement à Veragua, et tous ses compagnons saluèrent de cris de joie et d'espérance ce rivage où ils devaient trouver tant de richesses. On jeta l'ancre à l'embouchure d’une rivière à laquelle l'amiral donna le nom de Bélem ou Bethléem, parce qu'il avait abordé le jour des Rois, qui est une des plus grandes solennités de la religion catholique. Des habitants lui firent connaître qu’à quelques journées de distance, en remontant la rivière, il arriverait à la résidence de leur roi, qu'ils appelaient Quibio, ou, suivant d’autres historiens, Quibia ; alors Colomb se décida à s'y rendre, et s’y fit précéder par son frère Barthélemy, qu'il chargea de complimenter le cacique ; celui-ci, prévenu de la visite des hommes blancs, s'empressa de venir audevant d'eux. Dans cette entrevue, on se fit de part et d'autre

beaucoup de politesses , et il y eut échange d'assurances amicales.

Le lendemain, la majesté indienne ayant témoigné le désir de faire une visite à l'amiral lui-même, celui-ci reçut le acique avec les égards dus à son rang, et obtint son amitié

en lui faisant présent de quelques bagatelles d'Europe.

Cependant Barthélemy, guidé par des informations trèsexplicites sur la situation réelle des mines d’or, suivit avec sa troupe la route qui lui avait été indiquée ; on ne l'avait pas trompé, car il trouva, près des racines de gros arbres, de l'or à fleur de terre; convaincu que la terre, en cet endroit, recelait en abondance dans son sein le précieux métal, il en recueillit quelques grains et revint annoncer à son frère son heureuse découverte.

lle détermina Colomb à exécuter le projet qu'il avait formé de fonder une colonie dans ce pays, et il ordonna immédiatement qu'on construisit des maisons près de l'embouchure de Bélëm. On se mit aussitôt à l'ouvrage; en peu de temps les travaux furent terminés; ces maisons en bois étaient couvertes de feuilles de palmier. Colomb choisit dans son équipage quatre-vingts hommes à la tête desquels il mit son frère Bar irthélemy, 6 et qui devaient former la colonie: il les pourvut de tous les instruments et de toutes les choses qui pouvaient leur ètre nécessaires ; comme la rivière abondait en poissons de toute espèce, il laissa aux colons beaucoup d'ustensiles de pêche. Parmi les poissons excellents qu'on trouvait dans le Bélem, il y avait une espèce de sardines où d’anchois; les sauvages employaient un moyen singulier pour les prendre : ayant remarqué que ces poissons sortent de l'eau et se jettent sur les lieux secs lorsqu'un autre poisson les poursuit, ils couvraient le milieu de leurs canots avec des feuilles de palmier et faisaient beau-

bois ans Is il nie ; ses )ONauents sal yen )OIS- 'S— u de HITS

CHRISTOPHE COLOMR, 153

coup de bruit avec leurs avirons en traversant la rivière; les poissons trompés s'élançaient sur le canot, qu'ils preuaient pour la terre, et y devenaient la proie des hommes qui les montaient,

Lorsque Colomb eut réglé les affaires de la colonie et pris toutes les mesures qui devaient consolider ce nouvel établissement , il se prépara à retourner en Espagne; tout à coup il apprit que le cacique Quibio, voyant d'un œil jaloux les Européens s'établir sur les terres soumises à sa domination, voulait mettre le feu aux maisons de la colonie; il Fallait aviser aux moyens de prévenir ce malheur, L'amiral et son frère délibérèrent ensemble sur le parti qu'ils devaient prendre, et ils furent d'avis de se saisir du cacique avant qu'il mit son projet à exécution; mais cette résolution des deux frères eut de funestes conséquences pour les ‘spagnols.

Barthélemy, accompagné d’un fort détachement de sol-

dats, se dirigea vers la ville de Veragua, près de laquelle la

maison du cacique s'élevait sur une colline, Dès qu'il le vit s'approcher, Quibio le fit prier de ne pas s'avancer jusqu'à sa maison, parce qu'il se disposait à aller lui-mème au-ccvant du chef espagnol; alors Barthélemy, prenant avec lui cinq soldats seulement, ordonna aux autres de le suivre, mais en se tenant un peu éloignés, d'accourir dès qu'ils entendraient un coup de fusit, et de cerner la maison de Quibio, alin qu'aucun Indien ne pût s'en échapper.

Le cacique ne soupçonnail aucun piége ; ils'avance avec sécurité; mais tout à coup les soldats qui accompagnent Barthélemy se précipitent sur le chef des sauvages et le font

prisonnier; on donne le signal convenu au reste de la

troupe, la maison est investie, el tous ceux qui s’y trouvent

partagent le sort de leur maître; ils n’opposent aucune ré-

sistance aux Espagnols.

L'impartiale histoire doit juger sévèrement et même flétrir un pareil acte, qui n'était qu'un odieux guet-apens; on ne saurait trouver une excuse dans les intentions perfides du cacique, alors même qu'il serait prouvé qu'en s'emparant de sa personne les Espagnols eussent voulu l'empêcher de ruiner la colonie. Or, de quel droit ces étrangers venaientils s'établir sur ls terres de ce caciaue? Comment pourraiton faire un crime à un roi de repousser de ses États des étrangers qui lui paraissent dangereux pour lui et pour son peuple? De quelle injustice les Espagnols avaient-ils à se plaindre, pour oser violer ainsi les droits sacrés de l'hospitalité?

Il fut décidé que l'on conduirait le malheureux cacique, pieas et poings liés, à bord des vaisseaux ; on le fit entrer pendant la nuit dans la chaloupe, et on l'y attacha avec une corde qui, lui serrant fortementles mains, lui arracha des cris de douleur, Son conducteur, ému de compassion, le détacha, mais en tenant toujours la corde avec laquelle il avait été lié à la chaloupe. Quibio, moins gèné dans ses mouvements, se pré‘ipita aussitôt dans la mer et entraîna son gardien avec lui; ce fut en vain qu'on voulut le ressaisir : les ténèbres de la nuit favorisaient sa fuite, et comme il était fort habile nageur, il parvint à échapper aux poursuites des Espagnols.

Ceux-ci se crurent autorisés à s'empare de tous les biens du cacique fugitif; n'était-1l pas coupable à leurs yeux d'avoir reconquis sa liberté, qu'on lui avait ravie par un

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