‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 36 sur 76 · PR TE · texte numérisé non relu

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vres de six hommes, qui paraissaient avoir été immolés la nuit précédente. Saisis d'horreur à la vue de ces crimes d'une superstition féroce, les Espagnols donnèrent à cette île le nom d'Ile-des-Sacrifices, Is acquirent bientôt l’affreuse certitude que l'usage barbare de sacrifier des victimes humaines aux idoles régnait chez tous les peuples de ces contrées ; car, ayant abordé, bientôt après, dans une île que les naturels appelaient Kulva, ils virent encore un plus grand nombre de cadavres d'hommes qui venaient d'être sacrifiés aux divinités des Indiens. Les soldats espagnols euxmèmes frémirent à la vue de ces abominables sacrifices. Grijalva ajouta le nom de Juan ou Jean à celui que portait cette île, appelée aujourd'hui Saint-Jean-d'Ulloa.

Les Espagnols trouvèrent partout de l'or en abondance ; séduits par les richesses de ces contrées si fertiles, quelques-uns des compagnons de Grijalva voulaient rester sur cette côte pour y former un établissement; mais leur chef, se conformant aux ordres de Velasquez, leur en refusa la permission : il se borna à prendre possession, au nom du roi d'Espagne, de tous les pays où il aborda, et, sans s’arrèter, il continua à longer la côte jusqu'à la province de ’anuco, qui, de ce côté, est la dernière de la Nouvelle-Espagne et du Mexique. Là, il se vit dans la nécessité, pour repousser l'attaque furieuse d’une foule d’Indiens, d'en massacrer un grand nombre ; la violence de courants contraires l'empécha de continuer l'exploration de la côte, et il reprit le chemin de Cuba.

En arrivant dans cette île, il essuya d’injustes reproches de la part de Velasquez, qui lui fit un crime d'avoir trop bien exécuté ses ordres, en ne fondant pas une colonie dans

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