‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 40 sur 76 · SR AE TR · texte numérisé non relu

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quand soudain Cortez s'élance du bois à la tête de sa cavalerie, et se précipite au milieu des Indiens, qui n’avaient jamais vu un homme à cheval. La vue des cavaliers, dont chacun leur paraissait former un seul et même animal, leur causa une telle surprise, qu'ils laissaient tomber leurs armes. Les Espagnols profitérent du ralentissement de l’attaque pour rétablir l'ordre dans leur ligne de bataille et dans leurs mouvements; ils firent un feu plus vif avec leurs canons et leurs mousquets, et prirent à leur tour l'offensive avec tant d'énergie, que les Indiens furent enfin mis en pleine déroute, et prirent la fuite dans toutes les directions.

Cortez ordonna à ses soldats d'épargner les fuyards ; il lui suflisait d'avoir prouvé pour la seconde fois, aux Indiens, la supériorité des armes espagnoles ; il se contenta de faire un certain nombre de prisonniers : ils étaient pour lui les futurs médiateurs de la paix qu'il se proposait de conclure avec la nation qu'il avait vaincue. On compta sur le champ de bataille les cadavres de huitcents Indiens. Les Espagnols n'avaient perdu que deux hommes ; mais le nombre de leurs blessés s'élevait à soixante-dix. Quant au nombre des blessés indiens, on ne put le connaître , parce que ceux qui n'avaient pas reçu de blessures trop graves avaient été entraînés dans la déroute générale.

Le lendemain de la bataille, quelques-uns des prisonniers furent amenés devant Cortez; ils étaient pâles, tremblants: car ils s’imaginaient qu'on allait les faire mourir, Mais quel fut leur étonnement, lorsque après les avoir reçus avec beaucoup de bienveillance , le général espagnol leur

fit annoncer par Aquilar qu'ils étaient libres ! Mais leur joie

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CORTEZ, 225 éclata en bruyants transports en recevant quelques bagatelles d'Europe , qui leur furent données par Cortez. Ils n’eurent rien de plus pressé que d'aller faire connaître la générosité des Espagnols à leurs compatriotes; elle suffit pour faire succéder chez eux aux transports de fureur, aux projets de vengeance, les dispositions les plus pacifiques.

Tout ce peuple, qui avait juré une guerre à mort aux hommes blancs, devint leur ami; bientôt on vit arriver au camp des Espagnols des Indiens qui leur apportaienc des vivres ; Cortez les récompensa avec magnificence. Le cacique lui-même lui envoya des ambassadeurs avec des présents; ils étaient chargés de lui demander la paix, qu’il lui accorda avec empressement. Il se présenta bientôt apres, et reçut des présents qui parurent lui être très-agréables ; mais voulant donner à Cortez un témoignage éclatant de sa reconnaissance, il lui offrit vingt jeunes filles habiles à faire le pain de blé de l'Inde.

Parmi ces filles, il y en avait une qui se faisait distinguer par sa beauté; fille d’un cacique indien, elle avait été enlevée encore jeune à son père , puis vendue au cacique de Tabasco; elle fut baptisée sous le nom de Marine. Comme elle avait une rare intelligence, elle apprit en peu de temps la langue espagnole , et le général l'employa très-souvent avec succès dans ses négociations avec les Mexicains. Quelques historiens assurent que, voulant reconnaître les services qu'elle lui avait rendus, Cortez l'épousa, et qu'un fils. appelé Martin Cortez, fut le fruit de cette union.

Au moment où le cacique et les principaux Indiens élaient réunis sous la tente du général, les chevaux espa-

enols hennirent: aussitôt les Indiens, saisis d’effroi, de-

manderent en tremblant pourquoi ces êtres si puissants poussaient ces cris terribles. On leur répondit qu'ils témoi- #naient ainsi leur colère, parce que le cacique et son peuple

n'avaient pas été assez sévèrement punis de leur audacieuse résistance aux chrétiens. Dès qu'ils eurent entendu | cette réponse , ils avisèrent aux moyens d'apaiser le courroux de ces formidables quadrupèdes; puis ils allèrent | chercher des couvertures sur lesquelles ils pussent étendre leurs membres fatigués, et des volailles et des fruits de toute I

espece pour leur nourriture, Ensuite, ils se mirent à ge-

ki kE LA É | dl | | "| noux devant les chevaux et leur demandèreat pardon, eu ‘ | LE i LE 4 }. :

jurant que désormais ils seraient les sujets fidèles et dévoués des chrétiens.

Cependant Cortez, désirant s'avancer vers les côtes occidentales du pays, ordonna les préparatifs du départ. Les brillants succès qu'il venait d'obtenir lui faisaient espérer qu'il ne serait pas moins heureux dans ses autres entreprises, Ses soldats étaient animés du plus vif enthousiasme, Quand les préparatifs furent terminés, l'escadre mit à la voile, et se dirigea vers l’ouest.

Dans cette seconde course, Cortez visita tous les lieux où Grijalva l'avait précédé ; il aborda à l'île de Saint-Jeand'Ulloa , et fit mouiller sa flotte entre l'île et la terre ferme. A peine avait-on jeté l'ancre, que deux pirogues (c'était le nom que les Indiens donnaient à de grandes barques faites d'un seul tronc d'arbre) s’'approchèrent des vaisseaux espagnols. Les naturels qui s'y trouvaient, et qui paraissaient ètre des personnages de distinction parmi les Indiens , ne témoignaient aucune inquiétude ; l'accueil que leur fit Cortez à bord de son vaisseau augmenta leur confiance. Comme ils étaient chargés de lui faire des propositions, il prescrivit à Aquilar de les entendre et de les lui traduire ; mais Aquilar ne put comprendre un mot de la langue qu'ils parlaient : c'était la langue mexicaine, et l'interprète ordinaire de Cortez ne connaissait que la langue de Yucatan, qui diflérait entièrement de la premicre.

La position de Cortez, en présence des envoyés mexicains, commençait à devenir fort embarrassante, quand tout à coup il s'aperçut que Marine, la belle esclave dont nous avons parlé plus haut, s'entretenait avec plusieurs de ces Indiens;

il sut bientôt que cette fille, née dans une des provinces du

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