‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 5 sur 76 · TZ · texte numérisé non relu

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qui est une variété de l'espèce lézards: comme 11 présente beaucoup d'analogie avec le crocodile, on le nomme également crocodile des Indes centaIess

Poursuivant son exploration, Fanral découvrit une terre

qui, par sa grande étendue et la nature particulière de soi

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sol, présentait une remarquable différence avec les îles que l'on avait rencontrées jusqu'alors : le terrain, loin d’être plat et uni, tantôt s'élevait en collines, tantôt s’abaissait en vallées, et présentait tour à tour à l'œil charmé des bois, des prairies et des rivières. Était-ce une portion du continent, ou une île très-vaste ? Colomb était dans le doute. Au bout de quelques jours, cette question fut résolue par l'amiral : ilreconnut que la terre qu’il venaitde découvrir était une île,et que les indigènes, dans leur langue, l'appelaient Cuba. Elle est située entre les vingtième et vingt-troisième degrés de latitude septentrionale ; c’est dans cette île que se trouve aujourd’hui la Havane , port espagnol qui fut longtemps le rendez-vous général des galions et des vaisseaux de registre, lorsqu'ils faisaient route d'Amérique en Espagne.

On appelait galions les vaisseaux que le roi d'Espagne expédiait chaque année en Amérique pour charger l'or, l'argent et les autres objets précieux qu'on y avait amassés. Les vaisseaux de registre avaient une destination différente : ils recevaient les marchandises d'Europe envoyées par les négociants espagnols, munis d’une licence, en Amérique, où elles devaient être échangées contre des produits américains. Ces bâtiments étaient frétés, les uns pour Véra-Crux, ville importante du Mexique, les autres pour Porto-Bello, en terre ferme. Ils étaient nommés vaisseaux de registre parce que les marchandises qui étaient expédiées d’Espagne en Amérique étaient soumises à un rigoureux contrôle et détaillées sur un registre spécial. Le gouvernement espagnol usait de ces précautions minutieuses, afin de prévenir la fraude des armateurs.” qui auraient pu, sans celte surveillance, envoyer dans le nouveau monde plus de mar-

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chandises qu'ils ne devaient en expédier en vertu de ln licence qu'ils avaient achetée.

Pendant longtemps aussi les galions furent désignés sous le nom de la flolte d'argent. Avant que le gouvernement espagnol eût régularisé le service des vaisseaux de registre, il équipait chaque année, pour l'Amérique, une seule flotte ; le roi et les particuliers convouraient, par portion égale, aux frais de l'expédition. C'était à cette flotte qu’étaient confiés l'or et l'argent destinés pour l'Espagne, ainsi que les marchandises expédiées soit d'Espagne, soit d'Amérique, Mais, lorsque les vaisseaux de registre furent généralement adoptés pour ces transports, on cessa de se servir du nom de flotte d'argent; aujourd'hui mème, il n’est plus qu'un souvenir dans l’histoire de l'Espagne.

Cependant, curieux de connaître ce pays et les hommes qui l'habitaient, Colomb jeta l'ancre à l'embouchure d’un grand fleuve; mais aussitôt que les indigènes eurent aperçu les vaisseaux. ils prirent la fuite et allérent se cacher dans les montagnes. Toutefois, il y en eut un qui, monté sur un petit canot, fut assez hardi pour s'approcher du vaisseau de l'amiral et se rendre à bord. Colomb, ayant gagné par quelques présents la confiance et l'amitié de cet insulaire, l'envoya à terre avec un des Indiens qu'il avait amenés de Guanahani ; il les fit accompagner de deux Espagnols qu'il

chargea d'étudier avec soin le pays, de recueillir des renseignements sur ses produits, et surtout d'inspirer de la sécurité aux indigènes, pour faciliter de bienveillantes relations entre eux et les Européens. Ce qui le détermina à ne débarquer qu’un aussi petit nombre d'Espagnols, ce fut la crainte d'éloigner les insulaires. Cependant. comme les

vaisseaux avaient beaucoup souflert et exigeaient de promples réparations pour être mis en état de continuer leur route, l'amiral s'arrêta et fit commencer ce travail qu'en termes de marine on appelle radoubement.

Or, les deux Espagnols que Colomb avait envoyés à la découverte reparurent après avoir parcouru un espace de douze lieues, en s'avançant dans l'intérieur de File, Voici à peu près le rapport qu'ils firent à l'amiral :

« La plus grande partie du pays que nous avons traversé est cultivée et nous à surpris par sa fertilité ; les champs produisent du blé indien, ou maïs, et une racine qu'on

mange comme du pain lorsqu'elle est rôtie. Parvenus à une

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