‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 60 sur 76 · RES ES SE · texte numérisé non relu

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leur fit le récit des machinations et des intrigues de Villefagna, et après leur avoir annoncé la punition de ce traître, il les rassura complétement en leur disant que toutes ses recherches pour découvrir les complices de Villefagna avaient été inutiles.

Les coupables, persuadés que leur compli-

cité n'avait pas été découverte par

Cortez, commencèrent à respirer

et Jjurèrent d'être à l'avenir dévoués au général.

Cependant les maté-

riaux pour là construc-

CORTEZ. 317 tion des treize brigantins étaient prêts et il fallait les transporter du territoire de Tlascala à Tezeuco.

aRes Cette marche très-pénible présentait un spectacle tout à | fait extraordinaire, Au centre étaient placés huit mille lamènes (c'est le nom que lon donne aux porte-faix indiens), chargés de poutres, de mâts, de cordes, de voiles et de ferraille. Quinze mille Tlascalans, dans les "angs

desquels on avait réparti les soldats espagnolsafin de maintenir l'ordre dans la marche, formaient l'avant-garde et l'arrière-garde et flanquaient la longue colonne qui occupait

al. un espace de plus d’une lieue. Sandoval se mit à la tête de y l'avant-garde; il choisit pour commander l’arrière-garde 1 ; nn jeune Tlascalan nommé Chechimical, car Xicotencalt, à ce jeune guerrier qui avait joué un rôle si brillant au com- L)

mencement de l'invasion espagnole, était mort,

Le jeune Chechimical n'était ni moins téméraire, ni moins orgueilleux que Xicotencalt: il éleva des prétentions singulières, et voulut disputer le commandement de l'avantgarde à Sandoyal.

Au moment où l’on approchait de Tezeuco, Chechimical

demanda qu'on suspendit la marche pendant quelques instants ; il voulait avoir le temps de se parer de ses plus f belles plumes et de ses autres ornements guerriers : « Parce que, disait-il, lorsqu'un brave soldat va combattre, il doit être aussi paré que S'il allait à la revue, »

Ces fanfaronnades firent sourire de pitié Cortez, qui jugea que les services d'un tel auxiliaire lui seraient de peu d'utilité, En ellet, les historiens espagnols ont gardé le silence sur les exploits de ce rodomont, dont la jactance amusait

beaucoup l'armée,

Pendant qu'on travaillait avec ardeur à la construction des brigantins, Cortez reçut une nouvelle qui le combla de joie. apprit l'arrivée à Véra-Cruz de quatre vaisseaux expédiés d'Hispanola et qui lui amenaient un renfort considérable, Alors il résolut d'attaquer à la fois Mexico par Lois côtes,

I divisa sa troupe en trois colonnes : Sandoval eut le commandement de là premières Alvarado celui de la secoude: Ofid fut mis à la tète de la troisiome,

Depuis ce moment, chaque jour fut signalé par une action meurtrière; les brigantins avaient à combattre les nom-

breux canots qui couvraient le lac: les troupes de terre at

taquerent les Mexicains postés sur les digues ; les Espagnols.

CORTEZ. 319 il est vrai, dispersèrent ou coulèrent à fond les canots,

clion

a de mais l'attaque des digues présentaii de plus grandes diffi-

CAUX cultés. On parvenait bien à déloger ies Mexicains de quel-

one ques-uns des bastions qu'ils avaient élevés pour protéger

> par les bréches, et l'on établissait des ponts sur les ouvertures ; mais comme les Espagnols, craignant de voir se renouveler

ut le les désastres de {a nuil de la désolation, se retiraient tous

ARS les soirs sur la terre ferme. les assiégés profitaient de la

ction

hon-

re al-

nuit pour réparer leurs fortifications ; de sorte que les troupes espagnoles se consumaient en efforts inutiles. Alors

nos. Cortez, l'homme aux résolutions audacieuses., voulut termi-

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ner d'un seul coup cette guerre qui, en traînant ainsi en longueur, menaçait de détruire en détail son armée déjà affaiblie, En conséquence, il fit toutes ses dispositions pour donner le lendemain un assaut général à la ville.

Au lever de l'aurore, chaque chef se mit à la tète de sa colonne; si les Espagnols attaquèrent avec courage, la défense fut opiniâtre, et les Mexicains opposaient une résislance qui épuisait les forces de leurs ennemis. La colonne que commandait Cortez fit les progres les plus rapides ; renversant tout ce qui lui résistait, elle emporta successivement les bastions qui défendaient les digues et pénétra dans la ville, en poursuivant l'ennemi qui fuyait. Mais conservant dans le succès toute sa présence d'esprit, il dut songer aux moyens d'assurer la retraite, pour le cas où elle deviendrait nécessaire. En conséquence il ordonna à Julien d’Aldrète, officier nouvellement arrivé d'Hispanola, de se tenir avec un nombre suffisant de soldats près des ouvertures de la digue et de les combler, pendant que les autres détachements continueraient à combattre. Mais d’Aldrète, aveuglé par un faux point d'honneur, crut qu'il serait déshonoré s'il restait loin du danger, au moment où ses compagnons se couvraient de gloire en combattant; il désobéit a Cortez et quitta la digue pour aller rejoindre les combattants,

Guatimozin, s'apercevant de cette imprudence, donne le signal auquel répond le bruit solennel du tambour sacré du dieu de la guerre, retentissant au haut du principal temple; alors les Mexicains qui fuyaient font volte-face : ils se précipitent avec fureur contre les Espagnols qui, déjà fatigués, ne peuvent résister à une attaque aussi impétueuse.

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