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Détresse de Pizarre et de ses compagnons. — Débarquement sur les côtes de Quito. — Ouragans et tremblements de terre. — Révolte de Pizarre. — Ses quatorze compagnons. — L'ile Gorgone. — Arrivée d'un vaisseau. — Débarquement à Tumbès. — Les Péruviens. — Le Guanaco. — Pizarre à Madrid, — Il retourne au Pérou. — Dévastations exercées par les Espagnols. — La rivière des Émeraudes. — Les Incas. — Religion des Péruviens. — Les vierges du soleil, — Législation péruvienne. — Mœurs et usages. — Le noviciat des souverains, — Huana-Capac. — Ses deux fils.
Les divers endroits où aborda Pizarre devaient inspirer un profond découragement à ce chef et à ses compagnons : c'étaient partout des forèts épaisses où l’on ne rencontrait pas un seul arbre fruitier, ou des marais fangeux dont les eaux croupissantes exhalaient de méphitiques vapeurs; partout aussi des peuples sauvages accouraient pour combattre et exterminer ces étrangers. A la place de l'or qu’ils cherchaient sur ces rivages, les Espagnols n’y avaient trouvé que la famine, car ils étaient forcés, pour soutenir leur misérable existence, d'arracher les bourgeons des arbres, et des maladies auxquelles succombèrent la plupart des compagnons de Pizarre. Voyant sa troupe si affaiblie, il comprit qu’il devait revenir sur ses pas, et aller au-devant du renfort qu'Almagro avait promis de lui amener. Il se décida à faire voile pour Chuchama, située en face de l’île aux Perles.
Almagro, fidèle à sa promesse, avait recruté soixante-dix hommes, et les amenait à Pizarre, qu'il supposait déjà parvenu au riche pays dont ils avaient projeté la conquète. S'étant dirigé de ce côté, il avait été contrarié, repoussé par les mêmes vents qui avaient arrèlé son associé; comme lui, il avait eu à combattre les habitants des côtes, et avait perdu un œil dans un engagement très-vif avec ces satvages. Ce fut à l'île aux Perles qu'il put savoir où Pizarre
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