PIZARRE DEVANT CHARLES-QUINT
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cent quatre-vingts soldats, parmi lesquels on comptait trente-six cavaliers. Elle mit à la voile au commencement de l’année 1531. Pizarre voulait débarquer à Tumbez, mais il en fut éloigné par les vents et les tempêtes, et fut forcé d'entrer dans la baie de Saini-Matthieu, d’où il résolut de se rendre, par terre, à Tumbez; mais il fallait faire cinquante lieues à travers un pays couvert de marais impraticables, et franchir de grands fleuves près de leur embouchure. Pendant cette marche pénible, les Espagnols auraient pu trouver des secours chez les indigènes, mais ceux-ci fuyaient à l'approche de ces étrangers dont les pas étaient marqués par les violences et les brigandages. Manquant de vivres et à la veille de mourir de faim, ils par vinrent enfin jusqu'à Conque, ville située près de la mer et presque sous la ligne : ils se jetèrent, semblables à des loups affamés qui pénètrent dans une bergerie, sur cette malheureuse ville, en chassèrent les habitants et la mirent au pillage. Is s'emparèrent non-seulement des vivres des Indiens, mais encore de beaucoup de vases d’or et d'argent et d'émeraudes. Ces pierres précieuses, qu'on trouve en grande quantité dans ce beau pays, ont fait donner à la rivière qui y coule le nom de rivière des Émeraudes.
Après avoir séjourné quelque temps dans l'île de Puna, qui est située dans le golfe de Guyaquil, Pizarre quitta cette ie et revint sur le continent. Il se dirigea à marches forcées sur Tumbez; mais il y avait été précédé par le bruit des brigandages de ses troupes, et au lieu de trouver chez les habitants l'hospitaiité et la bienveillance dont il avait eu tant à se louer, il vit des dispositions hostiles : ils avaient pris les armes ; le cacique était à leur tête et résista à toutes
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les tentatives faites par Pizarre pour l'engager à faire 2°liance avec les Espagnols .
[1 fallait donc combattre! Pizarre forme le projet de surprendre le cacique nar une brusque attaque. Il part accompagné de deux de ses frères et de cinquante cavaliers , traverse pendant la nuit une rivière, et, franchissant les obstacles d'un terrain impraticable, 1 se présente à la pointe du jour devant le camp du cacique. A la vue d’un ennemi qu'il croyait si éloigné, et des chevaux, de ces monstres dont ils prenaient chacun, avec le cavalier qui le montait, pour un seul et même animal, les Péruviens, saisis d'effroi, prennent la fuite ; Pizarre et ses cavaliers les poursuivent et les dispersent après en avoir massacré quelauesuns. Reconnaissant sa faiblesse et l'irrésistible pu‘:sance d'un aussi formidable ennemi, le cacique envoie des présents au vainqueur et lui demande la paix en suppliant.
Ce cacique n’était pas le souverain de tout le pays, mais seulement gouverneur de la contrée de Tumbez ; il y commandait pour lé roi, dont il était tout à la fois le lieutenant et le vassal,
Mais avant de commencer le récit des opérations militaires de Pizarre, nous croyons devoir emprunter aux écrivains espagnols, qui, it faut le dire, ont souvent mêlé des fables à l'histoire du Pérou, des détails sur cet empire des Incas, qui va devenir la proie d’un heureux aventurier.
Suivant ces historiens, dont la véracité est très-contestable, l'empire des Incas ou du Pérou florissait depuis quatre cents ans environ. Il fut fondé par Manco-Capac et sa femme
Mama-Ozello.
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PIZARRE. ni lagneux se r'assemblèrent pour écouter ses leçons et mettre en pratique ses enseignements. Ce fut ainsi qu'ils apprirent à cultiver la terre, à se faire des vêtements, à construire des cabanes. Mama-Ozello, de son côté, enseigna aux femmes de ces sauvages l'art de filer etde tisser, etles formaaux autres occupalions de la vie domestique. Ainsi commença, pour ces peuples grossiers, une éducation qui polit leurs mœurs et finit par leur donner les formes d'une nation presque civilisée,
Ces législateurs substituèrent au culte de ces sauvages, qui sacrifiaient à leurs idoles des victimes humaines, une religion qui ne reconnaissait qu'un Etre suprème : €'était le soleil.
On érigea donc des temples au soleil, qui devint le dieu des Péruviens. Les Incas, en leur qualité de descendants du soleil, étaient seuls les prêtres de ses temples: les femmes non mariées de cette famille, et qu’on appelait vierges du soleil, étaient consacrées à son service, comme les vesles chez les Romains ; elles pouvaient néanmoins prendre des époux, mais dans la famille des Incas.
Chez les Péruviens la lune était aussi honorée comme une espece de divinité, mais d'un ordre inférieur, et lon croyait qu'elle pouvait mourir, Leur opinion sur les éclipses élaitsinguliore, Qnand'une éclipse avaittieu, ilss'imaginaient que la lune était malade ; ils craignaient qu'elle ne mourût, et qu'alors elle ne brisät la terre en tombant du ciel.
Pour conjurer cette catastrophe. ils poussaient de grands cris, fr'appaient à coups redoubiés sur des taibours au bruit desquels se mélaient les sons discordants e leurs fifres ; ils battaient leurs chiens pour les foresr à hurler, parce qu'ils
croyaientque la lune aimait beaucoup ces animaux,
Le jour où les Péruviens se rendaient à la réunion générale avec les princes de la famille des Incas, était un jour de fête qu'ils commencaient et tcrminaient par la musique et par la danse. D'abord on cultivait les terres du soleil :
puis celles des pauvres et des guerriers; ensuite celles des Incas. et enfin la portion accordée au peuple.
Grâce à cette communauté de travaux et de plaisirs, le lien d'une mutuelle bienveillanceunissait tous les cœurs des Péruviens, Chérissantles Incas comme leurs pères, ils obéis-
saient en sujets toujours dociles et respectueux, ils se confor-
maient à lours ordres. qui étaient sacrés pour eux; c'étaient, à leurs veux. des ordres émanés du soleil lui-même, dont les Incas étaient les intermédiaires et les interprètes. Quand un Péruvien avait contrevenu aux lois, il venait s’accuser de cette infraction, ilse dénonçait lui-même et sollicitait la
punition de la faute qu'il avait commise,
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celles des
plaisirs, le cœurs des s, ils ohéisse confor- ; c'étaient, ème, dont tes. Quand t s’accuser olicitait la