PIZARRE. RHIN
Les Péruviens ne pouvaient rien posséder en propre ; à la fin de chaque année une nouvelle répartition des champs assignés à chaque famille avait lieu. Dans l'exécution de celte mesure, on prenait en considération l'augmentation ou la diminution des familles; ainsi la possession à perpétuité devenait impossible.
Les épreuves auxquelles étaient soumis les jeunes Incas, avant d’être déclarés enfants du soleil, exigeaient autant de constance, de fermeté, de courage que de force, de souplesse et d’agilité. Ainsi ils devaient faire de leurs mains un arc et une flèche, une massue, un javelot, une fronde, un bouclier et une paire de souliers ou plutôt de semelles de cuir qu'on attachait avec des cordons de laine,
Ces épreuves duraient un mois, et pendant que les jeunes gens les subissaient, ils étaient visités assidü,nent par leurs surveillants et leurs maîtres, qui les exhortaient à se montrer dignes de leur naissance dont ils rappelaient la gloire.
Onzerois avaient occupé successivement letrône des Incas depuis la mort de Manco-Capac. Ledouzième des rois du Pérou, Huana-Capac laissa deux fils; lun, nommé Huascar, était né d'une femme dela famille des Incas. et l’autre, nommé Atahuüalpa. de la fille du roi auquelle dernier souverain avaitenlevé la province de Quito. Celui-ciavait ordonnéqu'asa mort les deux frères partageraient l'empire entre eux ; Huascar devait régner sur l’ancien royaume de ses pères et Atahualpa sur la province de Quito. Le peuple se prononça avec énersie contre une disposition qui violait la loi fondamentale : ar elle statuait que la première condition pour être roi était d'être issu, du côté paternel et du côté maternel, de la famille des Incas. Huasear, voulnt profiter de cette mani-
festation publique qui lui était si favorable, et faire valoir le droit que lui donnait la loi fondamentale; en conséquence, il résolut de forcer son frère à lui céder la province de Quito; mcis Atahualpa lui opposa une vive résistance; la guerre éclata et Huascar, vaincu, tomba entre les mains de
son frère.
Celui-ci abusa cruellement de sa victoire ; il crut qu'en faisant mourir tous les enfants du soleil, il affermirait sa puissance, et tous ceux dont il put s'emparer par force ou par adresse, furent impitoyablementmassacrés ; il n'épargna que son frère Huascar, prisonnier, pour s'assurer la protection du nom révéré d’un fils du soleil contre la haine de ses sujets, révoltés de sa barbarie,
Telle était la situation politique de l'empire du Pérou quand Pizarre forma le projet d'en faire la conquête,
valoir le squence, vince de ances Ja mains de
ut qu'en irait Sa force ou épargna * la prohaine de
lu Pérou
le,
it Lisa Eu s 5
Pertidie de Pizarre. — Horrible massacre des Péruviens, — Les pommes de terre etle quinquina. — Captivité d'Atuhualpa, — Propositions qu'il fait aux Espagnols. — La chambre pleine d'or. — Assassinat d'Huascar, — Le temple du soleil. — Atahualpa est jugé et condamné à mort. — Il est étranglé. — Entrée des Espagnols dans Cusco. — Trésors qu'ils y trouvent. — Leur indifférence pour l'or. — Quelques Espagnols ST aTrangles par les Péruviens. — Expédition de Benalcazar, — I s'empare de Quito, — Arrivée d'Alvaredo, licutenant de Cortez, près de cette ville,
Cependant Pizarre, après avoir quitté Tumbez, s'avançait toujours en dirigeant sa marche vers le sud; il atteignit l'embouchure d’un fleuve nommé Piuru. Cette contrée lui parut convenable pour l'établissement d’une colonie, qui fut la première fondée par les Espagnols au Pérou, et à laquelle il donna le nom de Saint-Michel. Il résolut d'y laisser une partie de ses troupes pour exécuter les travaux de cet établissement, tandis que, avec un petit nombre de soldats. il pénétrerait dans l'intérieur du pays.
À peine avait-il quitté Saint-Michel, qu'il reçut presque à la lois des députations de Huasear et de son frère Atahualpa.
a éd Cr ho hs ot és
Comme celui-ci lui demandait une entrevue, il alla au-devant de l'Inca ; mais tandis qu’Atahualpa, plein de confiance
dans la loyauté du chef espagnol, ne songeait qu’à déployer
toute la pompe et toutes les magnificences de la royauté dans sa marche solennelle, Pizarre prit des mesures qui annonçaient des intentions hostiles ; il semblait aller au combat plutôt qu'à un rendez-vous d'amitié.
En s'approchant du quartier des Espagnols , Atahualpa remarqua leur attitude hostile et menaçante, et ses amis lui firent part de leurssoupcons et de leurs craintes, hélas! trop bien fondés. « Ces étrangers, leur dit l'Inca pour les rassurer, sont des envoyés de la divinité : gardez-vous de les irriter par des offenses; notre devoir est de nous concilier leur bienveillance par nos prévenances et notre empressement à faire tout ce qui peut leur être agréable. »
Tandis qu'il adressait ces paroles à ceux qui l'entouraient, l'aumônier des Espagnols, Vincent Valvède, s'avanca, te-
à au-deonfiance léployer
royauté
sures qui aller au
tahualpa s amis lui las ! trop 2s r'ASSUle les irconcilier
npresse-
uraient,
mea, te-
nant la croix d'une main et le bréviaire de l'autre; il se plaça près du palanquin de l'Inca, et lui tint un long discours pour lui expliquer les principaux dogmes de la religion chrétienne,
L'Inca écouta avec une admirable patience ce discours. et se borna à répondre avec une grande modération à Valvède : « qu'il ne demandait pas mieux que de devenir l'ami et l’allié du roi d'Espagne, mais qu'il ne voulait pas le reconnaître pour maître. Que tout le reste du discours du prètre espagnol était inintelligible pour lui, mais qu'il apprendrait avec plaisir par quels moyens il avait eu connaissance de toutes les choses dont il l'avait entretenu.
« Par ce livre! »
Telle fut la seule réponse de Valvède, qui lui montra son bréviaire. L'Inca prit le livre, l'examina, le tourna et retourna en tous sens, l’appliqua contre son oreille, puis il le rejeta en souriant, et dit: « [ne me parle pas ! »
A ces mots, que les Espagnols feignent de considérer comme des insultes à la religion et des profanations audacieuses, retentissent des cris de vengeance et de mort : « Tuons ces chiens, qui méprisent la parole de Dieu, et qui foulent aux pieds le livre de ses lois saintes! »
À ce signal, qui semblait attendu par Pizarre, il répond par l'ordre de faire feu sur les Péruviens: l'infanterie commence le massacre, au son des tambours et des fifres ; la ‘avalerie sort de son embuscade, et Pizarre, à la tète de sa troupe d'élite, se précipite sur la foule qui se presse autour de l'Inca. Surpris, épouvantés par cette attaque imprévue, les malheureux Péruviens fuient devant la mort que la fusillade sème au milieu d'eux : la cavalerie les poursuit, les
atteint et les sabre. Les principaux de la nation restent seuls auprès de leur roi et se font tuer, en le défendant. Pizarre
pénètre jusqu'au palanquin d’'Atahualpa, le saisit par le } | bras et l’entraîne à son quartier. La nuit seule met fin au 1 massacre.
Hi Quatre mille Péruviens, parmi lesquels on comptait beaucoup de femmes, d'enfants et àe vieillards, périrent dans
où | cette horrible journée ; aucun des vainqueurs ou plutôt des
fl] assassins ne fut blessé, à l'exception de Pizarre, dont une {! CAS CE 2 ne
Mi | main fut légèrement atteinte par l'épée d’un de ses soldats, a |
au moment où il voulait se saisir d’Atahualpa.
tent seuls . Pizarre
gp
isit par Île met fin au
ptait beaurent dans à plutôt des , dont une ses soldats,
Après avoir ramassé les dépouilles des Péruviens sur le théâtre du carnage, les Espagnols célébrèrent leur épouvantable victoire par des orgies et des scènes de débauche. Le lendemain, ils s'emparèrent du camp de l'Inca, où on leur avait abandonné des richesses immenses consistant en oreten argent, en meubles et en étofles d’un grand prix. Ils purent du moins satisfaire leur cupidité, car ces trésors de toute espèce surpassaient leurs espérances.
Tel fut le début des Espagnols dans la carrière des conquêtes ; c'est ainsi qu'ils signalèrent leur entrée au Pérou, ce vaste et beau pays auquel l’ancien monde doit deux productions très-précieuses, dont la connaissance fut un véritable bienfait pour l'humanité, la pomme de terre et le
quinquina. Le Pérou, et principalement la fertile province de Quito, est en quelque sorte la patrie de la pomme de terre: c'est de à qu'elle à été transportée dans les autres
parties de l'Amérique, et ensuite en Europe. Tout Le monde connaîl et apprécie l'utilité de ce tubercule, qui est aujourd'hui la principale nourriture du pauvre, est admis mème à la table du riche, et se recommande tout à la fois par ses qualités nutrilives et par son bon marché. Nous n'avons pas besoin non plus de faire l'éloge du quinquina : c'est l'écorce d'un arbre qui ne vient qu'au Pérou: il ne rapporie que des feuilles et des fleurs qui ressemblent aux jacinihes d'Europe. A une certaine époque la livre de quinquina se payail cent écus.
Cependant Atahualpa, prisonnier des Espagnols, n'avait pas été abattu par le coup terrible dont une infune trahison l'avait frenpé. Renfermé dans une chambre qui avait vingtdeux pieds de long sur seize de large , il oflrit à Pizarre de la remplir de vases d’or jusqu'à la hauteur à laquelle il
pourrait atteindre, debout avec la main, si le chef espagnol
voulait lui rendre la liberté. Pizarre, enchanté de cette offre si séduisante, qu'ilse hâta d'accepter, traça sur le mur la hauteur convenue. Aussitôt Atahualpa envoya à Cusco, à Quito et dans d’autres villes, des agents qui portaient l'ordre de fournir la rançonstipulée. Les Péruviens s'empresserent d'obéir; ils apportaient de tous côtés de l'or, mais la chambre ne se remplissait pas aussi promptement que les Espaenols l'avaientespéré, et Pizarre murmurait de cette lenteur que l'Inca attribuait à l'éloignement des lieux d'où l'or devait étre apporté, En effet Cusco est à cent lieues de Caxamalca, et les communications étaient difficiles entre ces deux villes. Pour calmer l'impatience de Pizarre, l'inca lui proposa d'envoyer deux de ses gens à Cusco afin de s'assurer
par leur témoignage que l'engagement contracté par le mo-
monde aujourmème à par ses ons pas l'écorce rie que acinihes
quina se
, n'avait trahison it vingtzarre de quelle il espagnol de cette rle mur Cusco, à it l'ordre ‘esserent la cham-
es Espaelenteur 1 l'or dee Caxaces deux
lui pros assurer
arle mo-
là .'