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Hé, S'empressa de détacher un collier de petites perles qu'il
tu DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE.
portait habituellement, et Fattacha au cou du cacique. Se dépouillant aussi d'un brillant costume dont il était revètu ce jour-là, il pria Guakanahari de l'accepter, et l'aida luimème à Sen couvrir: puis il mit à son doigt un anneau d'argent, et lui fit chausser des bottines rouges qu'ilenvoya chercher, Cette réciprocité de bons procédés et d'attentions aimables garantit la sincérité de l'alliance dont les deux chefs conclurent le traité.
Moins de dix jours suflirent pour terminer la construction du fort. Quand il fut en état de recevoir une garnison, Colomb choisit trente-huit hommes parmi ceux qui témoignaient le désir de rester dans l'île, et mit à leur tête Diégo d'Arada. H leur ordonna, il leur fit promettre var serment d'obéir au commandant qu'il leur donnait, ex «employer tous les moyens possibles afin de conserver leurs relations amicales avec Guakanahari, et de justifier la haute idée qu'il s'était faite des Espagnols. Il leur. recommanda aussi l'étude de la langue des Indiens. Il nomma Navidad le lieu où il les laissa.
Après avoir pris les mesures les plus sages et fait les dispositions que la prudence lui conseillait dans l'intérêt de la colonie nouvelle, Colomb se rembarqua et mit à la voile le # janvier 1495. Les indigènes et les Espagnols qui restaient dans l'île accompagnèrent l'amiral de leurs acelamations et de leurs vœux pour son prochain retour ; car il y avait plus que de la hardiesse, il y avait mème de la témérité às’aventurer, Sur une mer encore inconnue, avec un navire fatigué et qui ne pouvait subir l'épreuve d'une aussi longue traversée,
L'amiral ignorait absolument ce qu'étaient devenus le traître Pinzon et son navire. De deux choses l'une : ou le
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CHRISTOPHE COLOMB. Gt
commandant d : {a Pinta avait péri avec son navire, ou il avait déjà fait voile vers l'Europe, pour avoir la gloire d'annoncer le premier à la cour d'Espagne les grandes découvertes qui venaient d'illustrer le pavillon espagnol, peutètre aussi pour calomnier l'amiral auprès de Ferdinand et d'Isabelle, et enlever à Colomb le prix qui était dû à ses glorieux travaux. Ces soupçons et ces craintes déterminerent l'amiral à presser son retour, dont la promptitude était d'un si grand intérêt pour lui, en le mettant à mème de déjouer les pertides calculs du déloyal capitaine de {a Pinta.
Mais il devait prévenir toute espèce de doute sur sa véracité; il devait ôter à une cour défiante tout prétexte de lui refuser les récompenses promises. Colomb savait à quoi s'en tenir sur l'influence des courtisans et des envieux dans le palais des rois ; aussi fit-il placer sur son vaisseau des échantillons de tout ce qu'il avait rencontré de remarquable dans les pays qu'il avait découverts : il ne pouvait oublier l'or; c'était la chose la plus précieuse et la plus importante. Il fit également embarquer avec lui un certain nombre d'indigenes de chacune des îles qu'il avait visilées, plusieurs espèces d'oiseaux que l’on ne connaissait pas en Europe, et d'autres objets curieux qu'il choisit parmi les produits du sol et les ouvrages des naturels de ces divers pays.
Colomb se dirigea vers l'est et longea d'abord les côtes d'Hispaniola où Haïti, afin d'examiner en passant les autres parties encore inexplorées de cette île, Le lendemain de son départ, la vigie signala à l'horizon lointain quelque chose
qu'on pouvait prendre pour un navire, Gouvernant aussitôt
danscette direction, quel fut l'étonnement del: miral, quand. en s'approchant, il reconnut /a Pinta montée par Pinzon,
| et qu'il cherchait depuis un mois et demi! Colomb et son | JL, à équipage furent enchantés de cette rencontre inespérée, et | Pinzon, s'étant rendu au bord de l'aniral, essaya de se jus- . | tifier.
LÉ Sa justification était bien difficile, H'accusa de sa faute le | mauvais temps qui l'avait fait dériver, malgré ses efforts | pour ne pas s'écarter de sa route, et perdre de vue le biti- || JL 4 ment de l'amiral. Colomb ne pouvait eire dupe de cette (j | ; excuse; inais la sévérité aurait été une grande iniorudence | 13 dan: la situation précaire où se trouvait l'amiral. D'ailleurs. \ (8 il était, par son caractère, disposé à la générosité, à ln f' IX clémence; il ne pouvait oublier les services particuliers, f | éminents, que lui avait rendus Pinzon, Colomb eut Fair il f: d'ajouter foi aux raisons spécieuses du cominandant de {a L Pinta, et lui rendit son amitié, heureux d'échapper à la L nécessité douloureuse de confier la relation de ses décou- Ï: vertes à un navire qui pouvait à peine tenir la mer, il Or, ce qui avait tenu Pinzon si longtemps éioigné de l'a £ | miral, c'était la cupidité. Il espérait, en s'arrètant sur les |' autres côtes d'Hispaniola, et en explorant des parties où A {à Colomb et ses compagnons n'avaient pas pénétré, se procufl F rer beaucoup d'or : il y avait à peu près réussi, mais il n'af Is vait fait aucune nouvelle découverte.
À [| Cependant Colomb voit le vent seconder son retour en (* Espagne : une fraîche brise d'ouest entraine les vaisseaux *|.4 |} elles chasse devant elle : sout annonce aux Espagnols qu'ils “! À in reverront bientôt les rivages de leur patrie, et déja les
À [À équipages, bercés par de doux rêves de gloire, croient en-
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tendre les cris de surprise et d'admiration qui accueillent le récit de la merveilleuse découverte du nouveau monde.
Mais les effrayants préludes d'une viciente tempète viennent détruire les espérances des Espagnols : à l'ouest se forment et S'amoncellent de sombres nuages. Cent lieues environ séparent encore Colomb des Acores, où il pourrait trouver un refuge, et l'orage s'approche; les ténèbres s’épaississent; une nuit profonde à remplacé l'éclat du jour. Les hommes de l'équipage, plongés dans une anxiété cruelle, attendent le dénoûment de cette crise qui doit ètre terrible; tous les regards sont attachés sur Colomb, qui, loujours calme, toujours intrépide, donne ses ordres avec un sang-froid imperturbable.
Les flots s’enflent, se soulèvent, et les navires, ballottés, luttent en vain contre leur fureur. Le vent déchire les voiles, brise les cordages, et la mâture gémit sous les efforts qui lébranlent, Les éclairs sillonnent les ténèbres de lugubres lueurs; le tonnerre retentit, et des torrents de pluie se précipitent sur les navires, Enfin éclate la tempête annoncée par les signes précurseurs du naufrage; les roulements de la foudre se mêlent aux rugissements des flots. el les deux navires, jouets des vagues, sont tantôt poussés vers le ciel, tantôt redescendent, entrainés vers l'abime qui menace de les engloutir,
La terreur a glacé tous les cœurs; les hommes de l'équipage, Consternés, abattus, expriment diversement la frayeur que leur cause cette situation désespérée, Ceux-ci, à SENOUX eU tendant vers le ciel leurs mains suppliantes, lui deman-
dent la conservation de leurs jours : ceux-là, päles, sans
Mouvement, gardent un morne silence : ils semblent déjà
frappés de mort. D'autres font serment d'aller en pèlerinage, pieds nus et en chemise, à la plus prochaine église placée sous l'invocation de la sainte Vierge, dans la première contrée chrétienne où le ciel leur permettra d'aborder.
C'est en vain que Colomb à recours à tous les moyens que la prudence indique à un marin expérimenté ; en vain il cherche à ranimer le courage des équipages, à leur vendre leur activité; ils restent immobiles, pendant que la tempète redouble sa fureur, contre laquelle tous les efforts de l'homme seraient impuissants. Enfin, Colomb reconnait l'inuulité de la lutte et rentre dans sa chambre ; il nese livre pas à de stériles lamentations, il ne fait pas de ces vœux auxquels ont recours les âmes faibles ; c’est la dernière ressource des hommes pusillanimes; une seule pensée l'occupe et absorbe : il veut assurer à son pays, à l'univers, le résultat de ses découvertes; il veut que l'on retrouve la route qu'il a frayée vers un nouveau monde.
Colomb prend un parchemin, y trace à la hâte les avis les plus importants sur les pays qu'ila découverts, l'enferme dans un linge qu'il a trempé dans Fhuile, et, après avoir enveloppé ce linge d'une toile cirée, 11 met le paquet dans un baril bouché avec soin et le jette dans la mer. Il pensait, avec raison, que les flots jetteraient ce baril sur quelque rivage où H serait recueilli et révélerait à d'autres les précieux secrets qui lui étaieit confiés.
Mais ce n'est pas tout : l'amiral suspend à la poupe de son navire un autre baril qui renferme les mêmes instruc- Uons : ce baril devait v rester attaché jusqu'au moment et jus-
qu'au heu du naufrage du vaissean, Des qu'il s'est acquitté
pèlerie église la prea d'a-
noyens en vain à leur nt que les efmb rebre ; il pas de c'est la e seule pays, à ue l'on nde.
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upe de istruc— et Jus-
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de cette double tâche, l'amiral, résigné, attend avec calme l'arrêt du ciel ; il périra sans regrets, sans remords, parce qu'il croit que le fruit de ses travaux ne sera point perdu pour l'avenir,
Cependant la situation des navires n’a point changé : exposés aux mêmes dangers, les équipages voient sans cesse la mort qui les menace. La nuit n’a pas suspendu un seul instant la violence de l'ouragan; un sombre désespoir conünue à régner sur les deux bâtiments. Mais enfin, cette nuit si longue, si affreuse, se dissipe, et, avec les premiers rayons du soleil, apparaît et se dessine dans le lointain une terre qui semble se lever du sein des flots. L'espérance renaît dans tous les cœurs. Mais quelle est cette terre dont la vue s'offre aux regards charmés des équipages ? l'amiral lui-même l’ignore; il observe , il doute; enfin on se r'approche, on peut distinguer ce rivage, et Colomb reconnaît que devant lui est une des Acores,
Mais les vaisseaux sont encore à une distance assez considérable de cette île; la force du vent, qui est toujours assez violent, rend très-dangereux le voisinage de la côte, Quelque impatient qu’on fût de descendre à terre, on fut contraint de louvoyer encore pendant quatre jours. Ces quatre Jours eurent aussi leurs périls pour les équipages déjà si fatigués. La Pinta avait encore été perdue de vue : on ne savait pas si elle avait fait naufrage ou si son commandant s'était de nouveau, à la faveur des ténèbres, dérobé à la vigilance de l'amiral, pour le devancer en Espagne eLy porter les premières nouvelles des découvertes. Enfin la tourmente cessa, et Colomb, entrant dans la rade, y jeta
l'ancre.
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Les Portugais vinrent en toute hâte apporter aux Espagnols les rafraîchissements dont ils avaient bien besoin; ils les question nerent en même temps, pour savoir d'où ils venaient et où ils voulaisnt se rendre. Les Espagnols avant été informés qu'une chapelle dédiée à la Vierge s'élevait dans un leu peu éloigné de la côte, demanderent à leur amiral la permission d'accomplir le vœu qu'ils avaient fait pendant la tempète.
Colomb accorda cette permission à la moilié de son équipage, mais il fut ordonna de retourner promptement à bord, pour que l'autre moitié pût s'acquitter également de son pieux devoir, Les marins débarquèrent, et, pieds nus, en chemise, ainsi qu'ils S'y étaient engagés par leur vœu. ils s'avan-
cerent vers le lieu où, s'nvant les indica-
\te ap ements estion-ir d'où re. Les e chaans un erent à ‘le vœu la moinna de ur que ent de uerent, vils S'y