‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 164 sur 191 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

les Indiens, ce n’est pas la passion des conquêtes qui poussa les Incas à étendre leur empire, mais le désir de répandre les ayantages de la civilisation et la connaissance des arts parmi les peuples barbares qu'ils soumettaient. Pendant une succession de douze rois, aucun ne s'écarta, disent-ils, de ce caractère de bienfaisance.

Lorsque les Espagnols abordèrent pour la première fois à la cote du Pérou , en 1526, Huana Capac, le douzième monarque depuis la fondation de l'empire , était sur le trône. On nous le représente comme un prince qui rc ‘nissait les talents militaires aux vertus pacifiques qui distinguaient ses aïeux. Il soumit le royaume de Quito, conquête qui doubla presque le pouvoir et l'étendue de l'empire. Il voulut résider dans la capitale de cette belle nrovince, et, contre la loi ancienne et fondamentale de ia monarchie qui défendait d’altérer le sang royal par aucune alliance étrangère , il épousa la fille du roi de Quito qu'il avait vaincu. Il en eut un fils nommé Atahualpa, à qui il laissa ce royaume à sa mort, arrivée à Quito vers 1529. Huascar, son frère aîné et né d’une autre mère qui était du sang royal, eut pour son partage le reste de ses États. Quel que füt le respect des Péruviens pour la mémoire d’un monarque qui avait régné avec autant de gloire qu'aucun de ses prédécesseurs, la disposition d'Huana Capac pour la succession à l'empire parut si contraire à une maxime aussi ancienne que la monarchie, et fondée sur une autorité regardée comme sacrée, qu'elle excita à Cusco un mécontentement général. Huascar, encouragé par les dispositions de ses sujets, youlut que son frère renonçât au royaume de Quito et le reconnut pour son souverain. Mais le premier soin d’Ata-

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