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hualpa avait été de s'attacher un gros corps de troupes qui avait accompagné son père à Quito. C'étaient les meilleurs soldats de l'empire, et Huana Capac leur devait toutes ses victoires. Appuyé de ce secours, Atahualpa éluda d’abord la demande de son frère, et marcha bientôt après contre lui à la tête d’une armée.
C'est ainsi que l'ambition de deux jeunes princes, dont Pun avait pour lui l’ancienne loi du Pérou et l’autre les forces de l'empire, précipita cet État dans les malheurs d'une guerre civile dont il avait été exempt jusque-là sous une suite de princes vertueux. Dans une telle situation, l'événement n'était pas difficile à prévoir : la force des armes l'emporta sur l'autorité des lois. Atahualpa de- .meura victorieux et abusa cruellement de sa victoire. Convaincu lui-même de la faiblesse de ses droits à la couronne, il entreprit d’éteindre la race royale en faisant périr tous les enfants du soleil descendus de Manco Capac. Il conserva la vie à son infortuné rival. Huascar, fait prisonnier dans la bataille qui avait décidé du sort de l'empire, fut épargné par un motif de politique, afin qu’Atahualpa , donnant des ordres au nom de son frère, put établir plus aisément son autorité.
Lorsque Pizarre débarqua dans la baie de Saint-Matthieu , cette guerre civile était dans toute sa violence. Si dans sa première expédition, en 1526, il eût attaqué ce pays, il aurait eu en tête les forces d’un grand Etat, réunies sous un monarque habile, courageux et qu'aucun autre soin n’eût détourné. Mais maintenant les deux compétiteurs, en apprenant l’arrivée et les violences des Espagnols, étaient si occupés d'une guerre plus intéressante pour chacun d’eux qu'ils donnèrent peu d'attention aux mouvements d’un ennemi qui leur semblait trop
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