‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 177 sur 191 · DOC RE TR · texte numérisé non relu

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séjour. Mais en parcourant le pays, Pizarre avait été frappé de la beauté et de la fertilité de la vallée de Rimac, une des plus étendues et des mieux cultivées du Pérou. Ce fut sur les bords d’une petite rivière, du même nom que la vallée qu’elle arrose et qu'elle enrichit, à six milles de Callao, le havre le plus commode de l'océan Pacifique, qu'il établit le chef-lieu de son gouvernement. Il lui donna le nom de ville des Trois-Rois, parce qu’il en posa la première pierre au temps où l'Église célèbre la fête de l'Épiphanie. Ce nom se conserve encore en Espagne dans tous les actes publics; mais la ville est plus connue par les étrangers sous celui de Lima, mot corrompu de l’ancien nom de la vallée où elle est située. Par les soins de Pizarre , les bâtiments s’élevèrent avec tant de promptitude qu'on vit bientôt une ville ; un palais magnifique pour le gouverneur, et des maisons solidement construites pour ses principaux officiers annoncèrent dès lors sa future grandeur.

En conséquence de sa convention avec Pizarre , Almagro se mit en marche pour le Chili. Comme il possédait au plus haut degré les qualités qui attirent surtout ladmiration du soldat, une libéralité sans bornes et un courage intrépide, cinq cent soixante-dix hommes se rangèrent sous ses drapeaux. C'était le plus grard corps d’Européens qui eût été assemblé jusqu'alors au Pérou. L’impatience de terminer promptement son expédition ou l'habitude de supporter tous les travaux et de braver tous les dangers, habitude commune à tous les Espagnols qui avaient servi quelque temps en Amérique, détermina Almagro à traverser les montagnes au lieu de s’avancer par le pays plat le long de la côte. Le chemin était en effet plus court, mais presque impraticable. Dans cette

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