‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 47 sur 191 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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ses gens que leurs murmures s’apaisèrent et leur crainte se dissipa.

Il continua de porter droit à l’ouest, à peu près sous la latitude des Canaries. En suivant cette route, il trouva les vents alizés, qui soufflent constamment de l’est à l’ouest entre les tropiques et sous quelques degrés de latitude en dehors. Ces vents, toujours fixes, le poussèrent avec une rapidité si soutenue qu'il fut rarement nécessaire d’employer la voile. A environ quatre cents lieues des Canaries, il trouva la mer si couverte de plantes qu’elle ressemblait à une prairie d’une vaste étendue, et elles étaient en quelques endroits si épaisses que la marche du vaisseau en était retardée. Les inquiétudes et les alarmes recommencèrent de nouveau. Les matelots imaginèrent qu'ils étaient arrivés aux dernières bornes de l'Océan navigable,.que ces herbes épaisses allaient les empêcher de pénétrer plus avant, qu'elles cachaient des écueils dangereux ou une grande étendue de terres submergées. Colomb s’efforça de leur persuader que l'objet qui les effrayait devait plutôt les encourager, comme étant le signe du voisinage de quelque terre. En même temps un vent frais les dégagea de ces herbes. On vit plusieurs oiseaux voltiger autour du vaisseau et diriger leur vol vers l’ouest. La troupe abattue reprit courage et conçut quelque espérance.

Le premier octobre, l'amiral se trouva, selon son estime, à sept cent soixante-dix lieues à l’ouest des Canaries; mais, de peur que ses compagnons ne fussent effrayés de l'étendue du chemin qu'ils avaient déjà parcouru, il leur annonça qu'il n’y avait que cinq cent quatre-vingtquatre lieues de faites, et, heureusement pour Colomb, son propre pilote et ceux des autres vaisseaux n'étaient

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