LIVRE PREMIER. AN
la Méditerranée ; ils osèrent même franchir les anciennes limites de la navigation , et, passant le détroit de Gadès, ils visitèrent les côtes occidentales de l'Espagne et de l'Afrique.
Dans plusieurs des lieux où ils abordérent, ils établirent des colonies, et communiquèrent aux grossiers habitants du pays quelque connaissance de leurs arts et de leur industrie. Tandis que d’un côté ils poussaient leurs découvertes au nord et à l’ouest, ils ne négligèrent pas de pénétrer dans les régions plus riches et plus fertiles de l’est et du midi. Après s’étre rendus maîtres de plusieurs ports commodes au fond du golfe Arabique, ils établirent, à l'exemple des Égyptiens, une correspondance réguliére avec l’Arabie et le continent de l’Inde d’une part, et avec la côte orientale d'Afrique de l’autre. Ils tirérent de ces contrées différentes denrées précieuses, inconnues au reste du monde, et pendant un long période de temps jouirent seuls de cette branche lucrative de commerce.
Les richesses immenses que les Phéniciens acquirent par le commerce exclusif qu ils avaient établi sur la mer Rouge, excitérent leurs voisins, les Juifs, sous les régnes prospéres de David et de Salomon, à entreprendre d’en partager le bénéfice. Ils y réussirent en partie par la conquête de l’Idumée, qui s’étend le long de la mer Rouge, et cn partie par l'alliance qu'ils contractérent avec Hiram, roi de Tyr. Salomon équipa des flottes qui, sous la conduite des pilotes phéniciens, naviguérent de la mer Rouge à Tarsis et Ophir, qui probablement étaient des ports de l'Inde ou de l'Afrique, fréquentés par leurs conducteurs : ces flottes en revinrent avec des cargaisons si précieuses