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côte d'Afrique du cap Bon au cap Vert, sur l’espace de douze degrés seulement au sud du premier de ces points. En moins de trente ans, aprés avoir passé la ligne et pénétré dans un autre hémisphère, ils s'étaient avancés à quarante-neuf degrés du cap Vert. Enfin dans les sept dernières années du siècle , on avait découvert à l’ouest un nouveau monde aussi étendu que toute la partie de la terre alors connue. A l’est on avait traversé des mers, abordé à des régions ignorées et ouvert entre l’Europe et les opulentes régions de l'Inde une communication longtemps désirée et jusqu'alors cachée à Vimpatience des Européens. Des événements si merveilleux et si inattendus éclipsaient tout ce qui s'était fait jusqu'alors de plus hardi et de plus éclatant. De plus grands objets s’offraient à esprit humain, qui, animé par ce nouvel intérêt, s’y porta avec chaleur et exerça toute son activité dans cette nouvelle direction.
Cette ardeur pour les entreprises, quoique plus récente en Espagne, commenca bientôt à y devenir plus générale. Toutes les tentatives faites par cette nation avaient été jusqu'alors conduites par Colomb seul et aux frais du souverain. Des armateurs particuliers, séduits par les descriptions magnifiques que l'amiral faisait des pays qu'il venait de visiter et par exposition des richesses qu’il en avait apportées, offrirent d'équiper à leurs frais et à leurs risques des bâtiments pour aller aussi à la découverte de nouvelles contrées. La cour d'Espagne voyait ses modiques ressources épuisées par ses premières expéditions, qui, en faisant espérer de grands avantages pour l'avenir, n’en avaient apporté jusqu'alors que de trés-médiocres. Le souverain n'était pas faché de rejeter désormais sur ses sujets la dépense de pareilles