CHAMPAGNE
On faisait, au dix-septième siècle, de la dentelle à Sedan, Donchery, Charleville, Mézières et Troyes. Château-Thierry et Sedan sont compris parmi les villes où l'ordonnance de 166o établit les points de France. La dentelle des Ardennes était gé-
néralement estimée, particulièrement les points de Sedan, qui, de même que les points coupés de la même ville, avaient quelque renom en Angleterre et se vendait cher, à en juger par les comptes de la garde-robe de Charles Ier, dans lesquels on trouve à deux reprises six beaux collets de points coupés de Sedan. Il y avait à Sedan des filetiers qui fournissaient à tous les fabricants de dentelle de la Champagne le fil nécessaire.
On faisait à Charleville beaucoup de point de Sedan, qui valait de quatre à cinquante livres Faune et même davantage; on en vendait la plus grande partie à Paris ; le reste trouvait un prompt débit en Angleterre, en Hollande et en Pologne (I ).
A Château-Renaud et à Mézières, on faisait principalement des engrelures. Les dentelles de Donchery étaient les mêmes que celles de Charleville, mais faites de fil de Hollande-, elles étaient moins estimées que celles de Sedan. On en exportait de grandes quantités en Italie et en Portugal.
Jusqu'en 1789 la Champagne occupait de 5 à 6,000 dentellières, qui produisaient annuellement pour 200,000 fr. de dentelles. Cette industrie n'a pas survécu aux troubles de la révolution.