‹ Histoire de la dernière capitulation de ParisChapitre 18 sur 39 · EXTRAITS DE LÀ CORRESPONDANCE BÀRILLON · texte numérisé non relu

EXTRAITS DE LÀ CORRESPONDANCE BÀRILLON

Dès le 5 août 1688 on soupçonne, à Londres, les desseins du prince d'Orange, mais on en croit la réalisation impossible. Dans le même mois, à deux reprises différentes, l'ambassadeur français prévient Sa Majesté britannique des préparatifs qui se font secrètement en Hollande. Le 26, Sa Majesté britannique persiste à croire que le prince d'Orange ne réussira pas, surtout s'il ne commande pas en personne, ce qui n'est pas probable. Jusque-là on a affecté de décliner les offres de secours du roi de France : mais tout à coup, sur d'autres renseignements conformes, cette fois, aux nôtres, Jacques II (2 et 9 septembre) réclame instamment l'assistance proposée. A ces alarmes succède un nouvel accès de dangereuse sécurité; Jacques (13 septembre) sait ou croit savoir que l'expédition est au moins ajournée. On lui répond de Paris par les informations les, plus précises : les vaisseaux hollandais sont armés, approvisionnés pour deux mois; plusieurs millions ont été expédiés di Angleterre même au prince d'Orange. Louis XIV craint que Sa Majesté britannique ne soit mal servie (18 et 21 septembre). Xe roi et son ministre Sunderland persistent dans leurs doutes ; ils croient d'ailleurs qu'a?iCUH homme ayant quelque bien ne se déclarera pour le prince. Le langage alarmant du ministre français lui attire même quelques railleries des courtisans. Cependant deux jours plus

tard, Jacques admet enfin la descente en Angleterre comme probable, mais il pense qu*alors les troupes feront leur devoir, et que le prince ne parviendra pas à détrôner un roi légitime. Enfin, huit jours après, toutes les illusions sont dissipées, l'abattement le plus complet succède à l'aveugle confiance d^s jours précédents, on ne doute plus ni de la réalité de l'expédition, ni de son succès. On songe fort à remédier au péril, écrit Barillon le 30 septembre; mais il aurait fallu y songer plus tôt. Ici l'analogie devient de plus en plus frappante. Le gouvernement de Jacques II recourt avec une précipitation maladroite à des mesures libérales (restitution des privilèges à la ville de Londres, mesures contre le§ çi^tholiijues, etc.). Cependant GuilUump 4'Qr«^nge débarque. Les troupes qu'on lui oppose se débandent ou se joignent à lui (5 novembre), et les Stuarts, abandonnés et poursuivis, se réfugient en France.

Page 1