A SON ALTESSE LE PRINCE DE METTERNICH
Prince,
C'est surtout du côté de la cour devienne que la France aime à espérer de trouver un accès facile à une prompte et entière réconciliation. Aucun choc violent n'a encore eu lieu entre nos armées, et le gouvernement français s'en félicite. C'est à Vienne que se trouvent et l'héritier du trône de France, et l'auguste princesse que nos vœux appellent à venir une seconde fois donner parmi nous l'exemple de toutes les vertus. La conservation de ce précieux dépôt est un bienfait dont la France tient compte à S. M. l'Empereur votre souverain. Elle voit surtout avec satisfaction, dans l'avènement au trône d'un prince cher à la maison d'Autriche, un gage précieux du retour et du maintien d'une heureuse intelligence entre les deux gouvernements. La seule cause qui les divisait étant disparue, toutes les considérations qui doivent les rapprocher ne peuvent manquer d'être senties de part et d'autre. Si la politique des cabinets reprend un cours régulier, l'Autriche et la France sont incontestablement destinées à s'accorder souvent dans les mêmes vues, dans les mêmes craintes, dans les mêmes désirs. Il semble que leur intérêt bien entendu doit les porter dès aujourd'hui à préparer cet utile accord qui peut avoir un jour des résultats si satisfaisants pour le bonheur des nations et pour la conservation de la tranquillité générale. Cette disposition que j'ai l'honneur d'exprimer à Votre Altesse n'est pas uniquement celle du gouvernement français , elle est commune à la nation entière dont il n'est que l'organe.
Il m'est doux de penser, prince, que la franchise de ce langage ne sera pas repoussée, et que S. M. l'empereur d'Autriche répondra au
double vœu de la France, en lui rendant S. M. l'impératrice et le prince impérial, et en favorisant le succès de nos efforts pour le prompt rétablissement de la paix.
Paris, le 26 juin 1815.