‹ Histoire de la dernière capitulation de Paris, rédigéee [!] sur des documents officiels et inéditsChapitre 45 sur 63 · A MONSIEUR D A M B R A Y , CHANCELIER, PRÉSIDENT DE LA COUR DES PAIRS · texte numérisé non relu

A MONSIEUR D A M B R A Y , CHANCELIER, PRÉSIDENT DE LA COUR DES PAIRS

7 décembre, l heure du matin.

Monseigneur,

Cité comme témoin dans le procès de M. le maréchal Ney, et n'ayant reçu que lundi au soir 4, l'assignation qui m'a été envoyée dans le département de l'Eure où je réside, j'ai eu l'honneur d'adresser le 5, à Votre Excellence, une déclaration qui lui sera parvenue hier 6.

Depuis cet envoi il s'est présenté à mon esprit un fait particulier, dont moi seul des témoins cités peut-être puis avoir connaissance, fait qui m'a paru d'une importance capitale, en sorte que, quoique indisposé, je me suis mis en route sur-le-champ pour venir le déclarer à la Cour des pairs.

Arrivé cette nuit, quoiqu'on me dise que les débats sont clos, je regarde comme un devoir de conscience pour moi de prier Votre Excellence de vouloir bien, en cas que le jugement ne soit pas prononcé encore, me faire connaître si, dans une affaire aussi grave, la Cour des pairs ne peut pas ordonner, même à présent, que je sois entendu, et m'admettre à déposer du fait essentiel que j'ai à joindre à ma déclaration.

Daignez, etc.

Le baron Bignon.

Paris, 7 décembre 1815.

Le jugement, monsieur, est prononeé d'hier au soir dans l'affaire du maréchal Ney. Vous avez au reste peu de regrets à éprouver que votre déclaration n'ait pas pu être donnée avant le jugement, car elle ne pouvait porter que sur la convention de Paris que la Chambre des pairs n'a pas jugé convenable de laisser lire.

Recevez, monsieur, etc.

Signé : Dambray.

Paris, le 24 avril 182£

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