‹ Histoire de la dernière capitulation de Paris, rédigéee [!] sur des documents officiels et inéditsChapitre 48 sur 63 · AUTRE DISCOURS DE MONSIEUR DECAZES DANS LA MÊME SÉANCE · texte numérisé non relu

AUTRE DISCOURS DE MONSIEUR DECAZES DANS LA MÊME SÉANCE

Quant à ce qui touche M. Bignon, il ne saurait sortir du dilemne

où l'a placé M. le garde-des- sceaux: ou il devait se taire lorsqu'il a parlé, ou il doit parler aujourd'hui Que dirait-il si, à cette tribune, je venais affirmer que j'ai dans les mains une pièce, un acte qui attaque, qui flétrit son honneur, et que je me réserve de produire quand il me plaira de le faire. 11 me dirait que je le calomnie et il aurait raison. Eh bien, monsieur Bignon, vous nous avez calomniés, vous nous calomniez encore par votre silence. Votre devoir est de parler, vous n'êtes plus le maître de choisir le moment de le faire. Le moment n'est pas venu, dites-vous ; le moment est toujours venu de dire la vérité. Il l'est toujours pour un bon et loyal député qui en fait son premier devoir. Vous êtes juge de vos devoirs ! Non, vous ne l'êtes pas quand ces devoirs sont la réparation d'une offense, quand c'est envers d'autres que vous-même que vous avez à les remplir.

Vous n'ignorez pas que les plus étranges suppositions, que les plus odieuses calomnies ont été propagées par vous, involontairement sans doute, car vous n'avez voulu dire que la vérité. Mais cette vérité, cette révélation, que vous annoncez si grave, si terrible, quand il faut la produire au grand jour, vous reculez devant elle, vous êtes effrayé de sa futilité, vous tremblez de la faire connaître et de faire juger de la légèreté de vos paroles. Voilà quelle sera ma pensée, quelle sera, n'en doutez pas, celle de tous ceux qui ont entendu le défi que nous vous avons porté, que nous vous portons encore.

Réponse de Manuel. — Autre discours de M. de Serres qui finit par ces mots : « Si M. Bignon avait donné les explications qui ont été provoquées, nous étions prêts à y répondre. Il s'est obstiné à se taire,

nous devons être également satisfaits de son silence, nous en laissons sur lui le poids. »

M. Bignon : Je l'accepte ; je ne crois pas que l'opinion d'un ministre doive être une loi pour moi.

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