‹ Histoire de la destruction du paganisme dans l'empire d'OrientChapitre 11 sur 31 · PUEMIÈRE PARTIE, 1" PÉRIODE, SECTION V · texte numérisé non relu

PUEMIÈRE PARTIE, 1" PÉRIODE, SECTION V

cernent (le son règne, il déclarait séparer la cause de l'anispicine légale de celle de la divination magique, et ne vouloir mettre aucun empêchement aux rites païens autorisés par la coutume des ancêtres'. Les deux princes demeurèrent donc fidèles à l'esprit général de leur politique religieuse, bien que la crainte des complots magiques les en eût fait momentanément dévier dans l'application.

Graticn suivit la môme politique, soit dans l'empire d'Occident, dont il hérita en 375, à la mort de Valenlinien V\ son père, soit dans celui d'Orient, à la tête duquel le plaça, en 378, la mort de son oncle Valens. Chargé seul, vu l'extrême jeunesse de son frère, de défendre l'empire contre les Goths révoltés et victorieux, il craignit avec raison de diviser ses forces, et d'accroître ses embarras par des entraves mises à la liberté de conscience ^. Il ne se borna donc point à rappeler les orthodoxes exilés par Valens, et à reconnaître une entière liberté de culte aux divers partis chiétiens ^; il étendit cette liberté aux adhérents du paganisme lui-même^.

Mais l'illustre collègue que Gratien s'adjoignit au bout de cinq mois^, et auquel il remit le gouvernement des pro-

' Cod.Theod., IX, 1G, I. 9.

- Gieseler, Lehrb. der Kircli.-Gesch., t. i, p. 355.

» Socr., Hist. Eccl., V, 2. Sozom., Vi[, 1.

* Tillemont, Hist. des Emp., t. 5, p. 145. lieugnot, t. i, p. 321. Baron., Annal., t. 4, p. 378. — On peut citer, en preuve de la tolérance de Gratien et même de celle de Tliéodose, au commencement de son règne, le témoignage de saint Chrysostome, au chap. 3 de son discours sur Babylas, prononcé, comme il l'atteste lui-même (In Babyl., c. 21, 0pp. t. 2, p. 536), vingt ans environ après la persécution de Julien contre les chrétiens d'Antioche, soit en 382 ou 383. Enfin, les éloges queThemistius donne à Gratien, dans son discours iniitulé ÈpMTiy.o'c, fournissent une nouvelle présomption en faveur de la tolérance du jeune prince [Beugnot, 1. 1, p. 322).

^ Dès le commencement de l'an 379.

DE LA MORT DE JULIEN A l'aVÉN'EMENT DE THÉODOSE. dTl

vinces d'Orient, en y comprenant celles de Dacie et de Macédoine, par conséquent aussi la Grèce ', devait bientôt, par ses victoires sur les Goths, conquérir à la fois la sécurité et l'autorité dont il avait besoin pour changer définitivement la religion de l'État et porter des coups plus assurés à l'ancien culte.

* Gibbon, Décad. del'Emp. rom., c. 20.

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