‹ Histoire de la destruction du paganisme dans l'empire d'OrientChapitre 14 sur 31 · RI^G^E DE THÉODOSE · texte numérisé non relu

RI^G^E DE THÉODOSE

avait aussitôt réclamé et ol)tenu de lui la révocation do ce décret'. C'était encore lui qui avait fait repousser à diverses reprises, et, tout récemment encore, par Théodose lui-même, la requête du sénat romain en faveur de l'ancien culte ^.

Théodose ne fit pas meilleur accueil aux réclamations de Libanius. Au lieu de réprimer les déprédations qu'on lui signalait, il ne songea qu'à frapper ceux qui en avaient été victimes ; ils se plaignaient de violences illégales, il leur fit sentir de plus les rigueurs de la loi. Le 27 février 391, avant son départ de Milan, il publia un nouvel édit dans lequel, sans se prononcer ni pour ni contre la démolition des temples, il en interdisait formellement l'accès, défendait d'adorer les statues des dieux et prohibait, de la manière la plus absolue, toute espèce de sacrifices^.

Les conséquences de cet édit ne lardèrent pas à se faire sentir. Déjà, avant qu'il fût connu en Egypte, une émeute violente avait éclaté dans Alexandrie ^. L'évêque Théophile s'étant fait adjuger un vieux temple de Bacchus, ou plulôt de Mithra ^, l'avait affecté à l'usage des chrétiens. Ceux-ci , pour mieux mortifier encore leurs adversaires , imaginèrent de produire en public les symboles licencieux qui servaient aux mystères , de dévoiler les artifices

' Ambros., Ibid., t. 2,Ep. 40.

2 Ambr., Ep. -18, t. 2, p. 833. Beugnot, liv. 8, c. 6.

3 Cod. Theod., XVI, iO, I. 10. Cet édit fui renouvelé à Aquilée le M juin (Ibid., 1. H). Voy. pag. suiv. not. 2.

* Socr., V, 16, 17. Sozom., VII, 15. Theod., V, 22. Ru[in., XI, 22-23.

« Mithra fut une des divinités païennes dont le culte conserva le plus longtemps sa vogue dans l'empire romain, et résista avec le plus de succès aux attaques du chrislianisme ILajard, Nouv. observ. sur le bas relief Milbr., p. 1-4, 15).

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au moyen dcs(juels les prêtres rendaient les oracles , les routes secrètes par lesquelles ils s'introduisaient dans les statues pour répondre ii ceux qui les inteirogeaient '. Les païens, outrés de colère, se jetèrent sur les auteurs de ces profanations et en blessèrent un grand nombre ; puis , se retranchant dans le temple de Sérapis comme dans une citadelle, ils s'y lorlitièrent , firent de là des sorties contre les chrétiens, et en prirent quelques-uns qu'ils contraignirent par les tourments h sacrifier aux idoles. L'autorité civile et l'autorité militaire, impuissantes l'une et Tautre pour réprimer cette sédition, demandèrent les ordres de l'empereur. Celui-ci fit grâce aux coupables ; mais il envoya d'Aquilée au préfet Evagrius et à Romanus, comte militaire d'Egypte, une expédition de son édit de lévrier, ordonnant la cessation des sacrifices et la clôture des temples '^. A la lecture qui en fut faite publiquement, les chrétiens poussèrent des cris de victoire; déjà trop échauffés pour s'en tenir à la lettre de l'édit, encouragés d'ailleurs par la consternation de leurs adversaires, excités enfin par la voix de Théophile, ils envahirent le temple de Sérapis, le démoHrent presque entièrement et pillèrent tous les objets précieux qui s'y trouvaient^. Il ne restait plus à abattre que la statue colossale du dieu, qui, de ses deux bras étendus, touchait aux deux murs du sanc-

* TheoiL, V, 22.

' C'esl sans doule l'édit qu'on trouve dans le code lliéodosicn sous le n° dl du même lilre (XVi, 10) el sous la date du 17 juin 391. Sozomène (VII, 15, p. 724 d), jugeant probaljlemenl de l'ordre d'après l'exécution, soutient que l'empereur ordonnait la deslruclion du temple.

3 Voyez dans Rufin (Hist. Eccl., XI, 22;, dans Amm. Marcell. (XXII, 16), dans Baronius (t. 4, p. 621 el suiv.), etc., la description de ce magiiifiiiue éditice.

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