PREMIÈUE PARTIE, 2* PÉRIODE, SECTION I
cune pensée de nialéfiee ni de comi)lol. Il défeiidail égalcnienl tout hommage religieux rendu dans les temples aux simulacres des dieux, ou dans les maisons aux génies, aux lares et aux pénales; il prohibait les libations, les encensements, les luminaires, l'érection d'autels de gazon, la suspension de couronnes, de guirlandes ou de bandelettes en l'honneur des idoles. Il déclarait dévolus au fisc tout édifice, tout terrain où aurait eu lieu quelqu'un de ces actes d'adoration. Si le délit avait été commis dans des temples ou sur la propriété d 'autrui , le coupable et ses complices étaient soumis à une amende de vingt-cinq livres d'or. Une amende plus forte ' encore était décernée contre le magistrat ou le juge qui aurait laissé impunément enfreindre la loi.
Ainsi ce n'étaient plus seulement les sacrifices qui étaient défendus; la prohibition s'étendait à tous les actes quelconques d'idolâtrie. On ne saurait douter non plus que cette loi n'ait donné lieu à de nouvelles attaques, à de nouvelles déprédations contre les temples ; les chrétiens durent se croire encore plus autorisés qu'auparavant à venger sur ces édifices toute infraction à l'édit de Tempereur. Quant à Théodose, s'il les laissa quelquefois démolir, nous venons de voir qu'il n'en ordonnait point encore luimême la destruction ^ ; il ne voulait pas qu'on pût lui reprocher la ruine de monuments chers au peuple grec; il se contentait de les fermer ou d'en changer la destination; cesl ainsi qu'il convertit en un asile de repenties le temple de Vénus qui ornait Tacropole de Constantinople, et en églises un temple de Damas et un temple d'Héliopolis ^
^ Trente livres d'or, soit vingt-cinq mille francs.
* Beugmt, t. \ p.3fi1.
' Joh. Malala, Chronog., liv. 13, p. 344-345.