DE LA MORT UE TIIKODOSE II A CELLE DE JUSTIN I
Ail reste, sous Léon I, il n'était pas môme nécessaire d'avoir sacrifié aux dieux, pour encourir la peine de la dégradation civique; il sul'lisait pour cela, comme sous Théodose le Jeune, d'être connu pour païen : c'est en cette qualité que fut arrêté et destitué, en 4(57, le questeur Isocasius ', citoyen d'Antioche, qui avait rempli avec distinction plusieurs magistratures importantes. Envoyé d'abord à Chalcédoine pour y être interrogé par le gouverneur de Bitliynie, il fut, sur les instances de Jacques, son ami, premier médecin de l'empereur, cité devant le tribunal de Gonstantinople. Le préfet du prétoire, devant lequel on l'amena chargé de chaînes, lui dit avec ironie : « Vois-tu, Isocasius, dans quel état tu comparais ici? — « Je le vois, répondit-il, et sans m'en étonner; je suis « homme et j'ai ma part des disgrâces humaines ; pour « toi, tu me jugeras, je l'espère, avec la même impar- « tialité dont nous usions naguère, siégeant ensemble « sur ce tribunal. » Le peuple, ravi de sa ferme contenance, et compatissant à son malheur, le conduisit, aux cris de vive l'empereur, dans la cathédrale, où il fut instruit et baptisé, et de là renvoyé dans son pays. Quant h Jacques, son protecteur, il dut sans doute à l'art dans lequel il excellait et aux services personnels qu'il rendait à l'empereur, de n'être point mis à pareille épreuve, et de jouir jusqu'au bout , quoique païen , de la faveur de son souverain, aussi bien que de celle du sénat, qui lui éleva une statue dans le Zeuxippe; mais, par un édit du 31 juillet iG8"^
1 Jo/i. il/a/a/., Chronogr., Iiv.l4, p. 3G9-371. Cedrenus^Compemï. liislor., p. '340. Cluonic. Pasc, p. 322. Chronic. Alex, (in Bibl. PaU., 1. 12, p. 958). Zonar., Annal., EtIiL. Dufresne. Paris, 1680, t. 2, p. 49. Joh. Malal., liv. i4, p. 370. — Damascius (In Ptiol. liihl. V.v., cod. 2i2, p. 10.^2-1033) raconte beaucoup de traits intéressants sur ce païen
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