‹ Histoire de la destruction du paganisme dans l'empire d'OrientChapitre 29 sur 31 · COUP D'ŒIL · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL

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Au premier aspect, les effets de la chute du paganisme, dans l'empire d'Orient, semblent avoir été bien moins importants et bien moins étendus que ne le furent ceux du même événement accompli dans lantre empire.

Lorsqu'on nous parle de la destruction des croyances et des institutions païennes en Occident, nous nous rappelons à l'instant, que ce fut cette heureuse révolution qui fit tiiompher le monothéisme dans nos contrées; qu'au moment où les barbares allaient en prendre possession, elle y implanta solidement la doctrine d'un seul vrai Dieu, qui, de là répandue, au moyen âge, dans tout le nord de l'Europe, el, depuis la lin du quinzième siècle, dans les noml)reuses et lointaines colonies fondées par les Européens, règne aujourd'hui sur une vaste portion des deux hémisphères.

La chute du paganisme en Orient nous touche, à la vérité, de moins piès, el semble, à ipiclqucs égards, avoir eu

des conséquences moins fécondes. Towlefois, si nous passons en revue les différents peuples qui reeurent de l'empire d'Orient les premiers germes de leur monothéisme, et que nous examinions jusqu'à quel point ces peuples ont intlué sur les destinées religieuses du monde, nous a errons s'étendre assez loin, même pour notre Occident, les effets, soit directs, soit indirects, de la révolution que nous venons d'étudier.

Parmi les nations du Nmd dont les invasions, au quatrième et au cin(juièine siècle, changèrent la face de l'Europe et donnèrent naissance à ses nouveaux Étais, une des plus iniluentes lut, sans contredit, la nation des Goths. Or, c'était à l'empire d'Orient qu'elle devait ses premiers pas dans la carrière chrétienne. Dès le troisième siècle, les prisonniers qu'elle n\i\\[ faits dans la Cappadoce et les pro- Ninces \(jisines avaient répandu a\ec succès l'Évangile dans son sein, et déjà en Mo un évêque goth siégeait au concile de Nicée. Cin(piante ans plus tard (3Toi, une p.irlic des Gctlis qui résidaient au-delà du Danube, incjuiétés par les déf)ré(lati(>ns des Huns, implorèrent de Valens la permission de s'elalilir sur le territoiriMlc l'empire^ ' ; mais ils lU' r<:li||iir( ni (|ii( sons l;i eoiidilidii de l.iire i*\{lnsi\('nieid dcs<M'mais prnlVssion de chrisli.inisme. Ils reçurent en ell'el \v h.qilème, et. même au milieu des ic'nnltes auMpi(>lles ils ne lanlèrciil pas à se liMcr. leni' eontacl toujoms plus intime aM'c l'i-nqtirc dOricnl, le zèle i\\\c (Icpluvèrenl les p.itriai'clirs de (/onsl;iiiliin>|i|c , s.iini (llirvsoslonic mire .lutres, soit puiu' leur lonniir dans l.i r.q)il;d(' mcm*' îles rcssourei's d'inslruclion chreliiimr, soil pour en\(>jer des imssionnaires à < eux des h ur.s «pu élaienl encore slalion-

' Hunni>n \.v\ii%\. KM;ri|»(. .W'//", Sni|.n. \cM.<(ill t. 2 [i. '.Wi).

CONSÉQUENCES DE I.A CUITE PC PACAMSME EX ORIE.VT. 'Mo

nés le long du Danube, achevèrent leur conversion. On sait combien cette circonstance fut heureuse pour la cause (le l'Église, et combien l'établissement des Gotlis dans le midi de la Gaule, en Italie, en Espagne, ainsi que leur influence sur les autres nations barbares qui envahirent ces contrées, contribuèrent à y conserver les semences de la foi chrétienne.

C'est aussi de l'empire grec converti que le monothéisme pénétra chez les conquérants barbares d'une autre partie de l'Europe. Tous les efforts de Charlemagne et des peuples d'origine tudesque, pour propager l'Évangile parmi la race slave, avaient échoué ', lorsqu'au neuvième siècle, deux moines grecs, Mélhodius et Cyrille, envoyés par l'empereur Michel 111, réussirent, par l'ascendant de leurs lumières et de leurs vertus, à convertir successivement les Chazares, les Bulgares'-, les Moraves et les Bohémiens ^ Les Bulgares communiquèrent, à leur tour, le christianisme aux autres peuples slaves conquérants de la Grèce; de la Bohème il se répandit en Pologne, en Hongrie et dans les pays voisins. Vers le même temps, l'inlluence des patriarches de Byzance, les relations politiques et commerciales que l'enqjire grec commençait à soutenir avec la Russie, faisaient pénétrer TÉvangile dans la partie méiidionale de ce vaste pays\ et préparaient pour le siècle suivant la con-

« Blwnhardt, Ilist. génér. de l'étal)!, du christ., Irad., l 4, liv. 0, c. -42 4i. Les Croates avaient rerii l'^van^ile par des missionnaires grées, dès le temps d'Héraclius {Const. l'orijhyrug.. De adm. Imp., c. 31).

« Comt. Porphijrog., Basil. Maced., c. i, p. 13*) (Inl. scripU. p'tsl Theoph.). Consl. INirphyr. eontiiiuat., lib, 4, c. 14 (ll>id , p. 101). Geoni. Cedren., Comp. liist., l. 2, p. Sri8. Zonar., Annal., XVI, "2.

•' lilumharill, iiist. grii. de l'élabl. du christ., l. 4, liv. 9, c. 44.

'• Co7ist. Porphyr., Basil. Maced., c. U6 (Ibid,, p. 211). Cedrenus, l. 2, p. 58!).

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veision plus décisive encore île la }M"incesse OIjia et de son pelil-lils Vladimir'. C'est de leurs règnes (lue la Russie fait dater son accession à l'Église chrélienne, et la haute préféience qu'elle montra pour le rite grec prouve la part prépiindérante que lÉglise et l'empire d'Orient avaient eue dans cette conversion.

Mais, si la chute du paganisme dans cet empire lut loin, conmie on le voit, d'être sans hifluence sur le triomphe du monothéisme en Europe, les conséquences s'en tirent sentir d'une manière bien plus directe dans les deux autres parties de l'ancien monde.

Le christianisme, vainqueur dans l'empire d'Orient, en déhoi'dait de tous côtés sur les provinces limitrophes. Au nord, rihérie, la grande Arménie le reçurent du temps de Constantin ' ; sous Justin I" et Juslinien, il pénétra chez lesLaziens et les Abasges, habitants delaColchide^ A l'est, la Mésopotamie et la Perse comptaient dès longtemps chez elles une multitude de chrétiens'; aNaiit le milieu du sixième siècle, il y avait déjà des églises établies siu' |>hisicurs p(tinls du littoral de l'Inde'; les monophysiles, l'I Miiliiut les nestoriens, en fondèrent an cœur même de l'Asie et jusrinc sur les frontièrt.'s de la Chine''. Au sud, enfin, dès le temps de Coristanlin et de son lils, le zèle de rrnmeidius, soutenu i)ar celui de ces deux princes, jeta

' lilumhardt, liv. !», c. 4G.

'■' .Socr., 1.20. Thcml., \,''U.

' Cliinii. l'use,., |). '.WH. Theophan., Climii., |i. 1 li Jult. /luiar., Annal., .\V, I, |i. 100.

• Fb-ury, XII, :>K.

' Cosmas Indicnpleustrs, Clirisl. o|»iii. (li'Muiul., li\.!{ [ii\ Montfuuroti, Nov. colhîcl. Scri|»ll. (Jm-c, p. 17S-17'.I .

'• Vuvr/. (liins W'iUscli, Kirclil. Cimiki-., l. 1, 1:; |(ii> KiS, :tl:î .VM, I. )1, 14 i41 cl Miiv , ri'lciiiliii; (le l;i ^|iliiii' (r;uli\ilc îles nt'sinriiiis.

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