‹ Histoire de la destruction du paganisme dans l'empire d'OrientChapitre 5 sur 31 · iMiuiDrciioN, ciiai'. ii · texte numérisé non relu

iMiuiDrciioN, ciiai'. ii

la loi nouvelle, nv scivont (|u'à lui tlonner plus do crédit cl do vifiueiH'. Bien des lionuncs légers qui eussent passé à côté d'elle sans lavoir, sont par ce spectacle rendus attentifs; bien d'autres, incapables de scruter ses preuves, d'examiner ses dogmes, jugent de son excellence par l'intrépidité de ses confesseurs. Il y avait si longtemps que riiéroïsme était éteint dans les âmes, si longtemps qu'on ne savait plus se dévouer pour une sainte cause, si longtemps qu'on préférait les raffinements d'une vie voluptueuse à la gloire de bien mourir! Le christianisme, qui fait l'evivre avec un nouvel éclat ces nobles exemples, trouve de l'écho dans toutes les âmes généreuses ; la conviction qui anime ses martyrs devient contagieuse pour les témoins de leur trépas, et pour un enfant que l'Église a perdu, souvent elle en retrouve mille.

Le christianisme ayant ainsi résisté aux efforts tentés pour l'abattre, devenait pour la religion établie un rival bien autrement redoutable que ceux qu'elle avait rencontrés jusqu'alors. Ce n'était plus un système philosophique abstrait, renfermé dans l'enceinte d'une école et accessible seulement au petit nombre ; c'était une religion s'adressant à tous, se produisant au grand jour, aspirant ouvertement à la conquête du monde, et montrant ses lettres de créance, d'une part confirmées par une antiquité de vingt siècles, de l'autre scellées par le sang de son fondateur. Déjà même c'était plus qu'une religion; c'était un culte, ayant ses assemblées, ses symboles, ses pontifes, pontifes non pas chargés seulement comme ceux des Grecs et des Romains du service de l'autel, mais investis de l'enseignement, de la prédication de la parole, de la direction des consciences, de la conduite des âmes. Bien plus, c'était une Église, une société compacte dont les membres unis par les liens d'mie

DKCAURXcr 1)1 i>.\(;a\is;mk avwt coxst.wtiv. Xi

mémo foi, d'une mrmr discipline, d'une même hiémrln'e, se tendaient la main d'nn bout de l'empire à ranlr(>, se regardaient en tous lieux comme frères, ne formaient tous ensemble qu'un seul corps.

Qui ne sent combien cette rivalité devait être fatale au polythéisme? Autre chose était pour lui de voir simplement comme jadis, ses rangs éclaircis parle doute, la froideur ou l'indifférence, de perdre çh. et là quelques sectateurs, qui las d'errer sans asile, revenaient bientôt au culte national; autre chose de voir s'élever en face de lui une forteresse ennemie, de rencontrer partout une phalange serrée qui le battait en brèche, l'attaquait sans relâche et se recrutait de ses déserteurs.

Aussi depuis ce moment la décadence du paganisme frappe-t-elle toutes yeux. Dès l'an MO, Pline-le-Jeune écrit à Tiajan que, par la contagion de cette svperstitwn nouvellf, le culte établi décline chaque jour, que les temples deviennent déserts, les sacrifices de plus en plus rares, que les victimes ne trouvent presque plus d'acheteurs'. Sous le règne d'Adrien, Plutarque s'étonne avec ses amis de la décadence des oracles. «En Béotie, dit-il, où ils « étaient si nombreux, l'oracle de Libadie est le seul qu'on « interroge encore, tous les autres sont envahis par la

« solitude et le silence A Delphes même, au lieu de

« trois prophétesses qu'on y entretenait jadis, une seule « Pythie est maintenant plus que suffisante'-'. » Ailleuis ce sont les magiciens désorientés ({ui s'aperçoi\enl que

» Plin. jiin., Epp., ilb. 10, ep. 97, ad Trajanum. Paris, 182r{. In-8.

- DeOracul. defcclii in Plutarch. Oi^p. fol. Paris, 1624., t. 2, p.4J2- Mi. I! assigne à celle décadence les causes les plus bizarres : la mort des génies on des démons qui se nianireslaienl par celle voie, la

3i l.MUObUCTIO.N, C.IJAI'. 11.

lours prosti^os ne Irouvoiil plus de crodil parmi la tuiilo ' ; c'est Alexandre le Paplilagoiiien qui lail précéder ses cncliantcinciils de celle formule de conjuralion : « Loin de « moi tout chrétien, tout athée! » et demande à grands cris qu'on lapide ces mécréants '\ Plus loin, ce sont les prêtres qui se plaignent que le signe de la croix trouhle l'efficacité de leurs sacrifices ^ Tous sentent plus que jamais la confiance puhlique leur faire défaut, cl la plupart comprennent que c'est la foi nouvelle qui la leur enlève.

Au commencement du quatrième siècle, le christianisme comptait déjà des sectateurs dans tout l'empire romain ; mais nulle part il n'exerçait plus d'influence que dans les provinces d'Orient. C'était là en effet qu'il s'était premièrement propagé et que ses progrès avaient été le plus rapides ; c'était là aussi que le mouvcmeni philost*iique était dans toute son activité , là que se manifestait surtout celte fermentation intellectuelle qui poussait les esprits à la recherche d'un nouveau culte*. 11 suffit de jeter les yeux sur la carte ecclésiastique des trois premiers siècles ^ pour juger combien les villes où le christianisme avait pris racine, et celles en particulier où des évêchés avaient été fondés, étaient plus nombreuses en Orient qu'en Occident; la moyenne Italie et l'Afrique proconsulaire pouvaient seules

cessation des exhalaisons de la terre qui communiquaient aux Pythies rinspiralion prophétique. Voy. encore Euseb., De prœp. evang. Paris, 1028, fol. liv. o, c. 16. Athanas., De incarn. verb., c. 46, -47,

' Athanas., De incarn. verh., c. 31 .

'' Lucian., Aiexand., c. 25, 38.

^ Lactant., Insiit. div., lib. 4, c. 27.

* « Les principes dogmatiques et moraux de l'Évangile, dit M. Bnignot (Introduction, p. 30j, « étaient devenus l'objet d'une lutte inlel- « lectuelle pleine de vivacité et d'intérêt, quand chez les Occidentaux « ils étaient a i)eine entrevus ou compris. »

* iVHti-ch, Allas sacer s. ecclesiasiicus. Golhn, 18i3, carte L

DÉCADE.NT.F. i)V PAfiAMSMK IH-IMIS COXSTAXTIV. 3o

à Cfif ("ganl rivaliser avec la (Iivce, l'Asic-Minenre, la Syrie et la Basse-Egypte. Anlioclie, Alexandrie, Eplièse, Césarée de Cappadoce, Césaiée de Palestine, étaient de bcauconp en ce temps-là les foyers les plus radieux de la lumière évangélique.

Il est du reste bien difficile d'apprécier, même approximativement, le nombre comparatif des chrétiens et des païens au commencement du quatrième siècle. Nous manquons pour cela des documents statistiques les plus essentiels. Quelques vagues déclarations des Pères de l'Église, exagérées dans l'un ou l'autre sens selon les besoins de leur argumentation ', ne peuvent fournir aucune base assurée aux calculs. A défaut de données suffisantes sur la population des villes et des provinces d'alors, sur le nombre total des évêchés, et sur le nombre des chrétiens qui ressortissaient à chacun d'eux, ce n'est que par une appréciation générale des progrès successifs de l'Église, et du temps qu'il lui a fallu pour triompher dans le monde romain, qu'on peut se former une idée du nombre proportionnel d'adhérents qu'elle comptait à l'époque de Constantin. Or, à ce taux, il n'est personne qui ne juge beaucoup trop élevée l'évaluation de

* Ainsi, Terlullien veut-il effrayer les proconsuls deCarlhage sur les conséquences d'une persécution prolongée, il s'écrie (Apol. 37) : « Nous ne sommes que d'hier, et déjà nous remplissons vos villes, « vos îles, vos municipps, vos camps, vos Irihiis, vos décuries, le « palais, le sénat, le forum... « Et dans sa lettre à Scapula (c. 2i, il dit des chrétiens : « Cum tanta hominum mullitudo, pars penè ma- « jor civitalis cujusque, etc. » Origène, au contraire, veut-il montrer à Celse la puissance des effets que le christianisme produirait dans l'empire s'il y était dominant, il se fonde sur le très petit nombre d'adhérents que cette religion comptait encore : « Eî ^i.i (/.ovov «? vùv

« Tirâvu ôÀîfot c'jaoojvo'ev, àX/.à 7;à(ja r, 'j-h Pwu.aÎMv ioyr,^ etc. » (Cont.

Cels. VIII, 69). Et cependant Origène écrivait k .Alexandrie, environ cinquante ans après Terlullien.

;{(! iMiionrcTioN, c.ham. ii.

SI,iii(Hin ', (|ui i»orl(' (v luunbre à la moitié de la population (le l'einpire, et nicmc colle de M. Maller " «pii le porte à un cinquième. Entre ces deux évaluations et celle de Gibbon qui le porte à un vingtième ', nous n'hésiterions pas à préférer cette dernière. Nous pensons toutefois qu'on sera plus près de la vérité en fixant cette proportion à un quinzième pour l'empire d'Occident, et peut-être à un dixième pour l'empire d'Orient, ce qui revient, en moyenne, à celle d'un douzième qua proposée La Bastie *.

Mais cette minorité, si faible au premier coup d'œil, paraîtra plus imposante , si l'on réiléchit que ceux qui la composaient, unis intimement entre eux par le culte d'un môme Dieu, pleins de zèle pour une religion qu'ils avaient embrassée par un libre choix, et à laquelle, pour la plupart, ils s'étaient liés par les plus éclatants sacrifices, étaient, vis-à-vis des païens si désunis et pour la plupart si indifférents, ce qu'était dans les champs de Marathon cette poignée de Grecs dévoués, qui luttait contre la multitude inerte, confuse, indisciplinée des Perses.

Veul-on juger de la force du parti chrétien malgré son infériorité numérique, quon se rappelle quelques-unes des circonstances de la dernière persécution.

Dioclétien, que Zosime ^ représente comme si dévoué aux intérêts de l'ancien culte , ainsi que des anciemics mœurs, et qui s'est montré tel en particulier dans son édit contre les manichéens'^, Dioclétien, qui accusait les chré-

» StaildUn, L'niv.-Gescb. der Christ. Kirche. 4833. p.4J.

2 Matter, Hisl. de l'Église, t. i, p. 120.

^ Gibbon, Décad. de l'Empire lom., c. lo ad fin.

* La Bastie, Dusouv. pontif. des emp. rom. (Acad. d. Inscr., l 42, p. 77).

s Zosim., Hislor. Lips. 1785, in-8, lib. 2, c. 10.

* Dans CCI édit, pulilié en 29(>. il déclare que « les dieux ayant

DÉCADENCK ni l'AfiA.MSML; AVAN'l (,().\SiA.Ml.\. o l

liens de lendre au bouleversement de la chose publique', hésita néanmoins longtemps à rompre la trêve dont ils jouissaient depuis le règne de Gallien. 11 se rappelait le peu de succès dos persécutions précédentes, et ce ne fut que dans la dix-neuvième année de son règne ([ue son gendre (lalérius, à force d'instances, put le décider à les recommencer. Mais le luxe de cruauté qu'il déploya ne réussit pas mieux à vaincre la résistance de l'Église : « Les glaives « s'émoussaient, dit Eusèbe '\ les bourreaux étaient ren- « dus, et cependant le courage des confesseurs ne faisait « que s'accroître, A peine quelques-uns étaient-ils con- « damnés à mort, que d'autres venaient en foule se déclarer « chrétiens, recevaient leur sentence avec joie, et chan- « [aient les louanges de Dieu, tant qu'il leur restait le moin- « dre souffle. »

Aussi Dioclétien n'eut pas plutôt abdiqué l'empire, (juc la persécution cessa d'elle-même dans une partie des provinces. L'implacable Galérius, et Maximin, sa créature, conlinuaient seuls à sévir contre leurs sujets chrétiens. Mais bientôt Galérius, atteint d'une maladie cruelle et iiifecle, fruit de ses excès, après avoir vainement imploré tons les dieux, imagina, comme dernière ressource, de fléchir celui qu'il avait tant persécuté, et prit en 311 l'initiative d'un édit de tolérance : « Voulant, dit-il dans cet édit, ré- « lablir en tout l'autorité des mœurs et des institutions de a nos ancêtres, nous nous étions surtout efforcés de rap-

« par leur providence établi ce qui est juste et vrai... ou doit le res- « pecter et le maintenir sans aucun changement, et ne se pernietlrc « ni de répandre une nouvelle religion, ni de combattre l'ancienne, « car, dil-il, c'estle plus grand crime que d'ébranler les londerpenl:^ « que nos ancêtres ont posés. » Neander, Kirch. Gesclt., l. 1, P- 223.

' Gruter, Inscr. antiq. Amst. 1707. fol. 1. 1 , p. 280, u" ?>

■' Eascb., llisl. Ecd. Vlll, 9.

38 i.\riioni(;Ti(K\, ciiap. h,

« peler h l'observalion du cullc les chrétiens qui l'avaient « abandoniit;... Mais, plutôt que d'obéir à nos ordres, plu- « sieurs ii'oid pas craint d'alïronler le supplice. Voyant « donc la [)lu[)art d'entre eux persister dans leur folie, et « s'obstiner h ne point rendre leurs hommages aux dieux «. immortels... nous avons, dans notre clémence et notre « humanité singulière, dont nous voulons donner des gages « à tous nos sujets, permis aux chrétiens de reconstruire « leurs lieux d'assemblée et de célébrer leur culte sans être « troublés. Nous pensons qu'en retour de cette indulgence « ils prieront Dieu pour notre conservation et pour celle « de l'empire '. » (ialérius ne pouvait confesser d'une manière plus humiliante pour lui la force du parti opprimé et sa propre impuissance.

Quoique cet édit, publié également au nom de Licinius et de Constantin, dût avoir force de loi dans tout l'empire, Maximin, qui commandait en Orient, ne voulut point y attacher son sceau, et se contenta de le faire communiquer de vive voix h ses lieutenants, se réservant de le retirer aussitôt que les circonstances deviendraient favorables. En effet, six mois n'étaient pas écoulés, qu'il se fit envoyer des députations par les principales villes de Syrie et d'Egypte, pour obtenir que les chrétiens qui refuseraient de sacrifier aux dieux fussent éloignés de leur territoire'^. On ne se

* Euseb., Hist. Eccl. VIII, 17. — Lactant., De mort, persecul., c. 33, 3i.

- Euseh., ibid., IX, "2 elsiiiv. Eusèbe nous a conservé (IX, 7) le rescrit en forme de harangue où Maximin loue le zèle religieux <le ses sujets, et leur en montre la récompense dans la richesse des récolles, la beauté des saisons et la paix de l'empire. L'année suivanli;, la guerre, la famine et une peste épouvantable, qui sévirent tout k la fois dans ses Étals, vinrent lui donner un cruel démenti fibid., IX, 8).

DliCAIIliNCI. 1)1 l'M.AMs.Mi: AVAM r.O.NSTAMIN. Hî)

borna i)oiiil à des scnlciices d'exil; pliisieur» itcrsoiiiinges émincnls dans le parti chrétien furent punis du dernier supplice. Mais, l'année suivante, Maximin apprend la délaite de Maxence qui, en Italie, s'était remis, ainsi que lui, à persécuter les chrétiens; il reçoit en môme temps copie d'un nouvel édit de tolérance que Constantin et Licinius viennent de publier en leur faveur ; n'osant refuser ce qu'on attend de lui, et cependant honteux de renoncer à ses projets, il se borne à recommander aux magistrats d'user de plus de douceur ' ; jusqu'à ce qu'enfin (an 313), vaincu à son tour par Licinius, et forcé de regagner en hâte ses Etats, il comprend la nécessité de se réconcilier avec les chrétiens, et se laisse arracher en leur faveur un décret formel de restitution et de tolérance ^. Mais cet acte de réparation venait trop tard. A peine Maximin l'a-t-il signé, qu'il meurt k Tarse d'une maladie foudroyante ; aussitôt le peuple, excité par Licinius, renverse les statues du tyran, massacre ses enfants, voue son nom à l'infamie, met à mort les principaux ministres de ses persécutions, tandis que l'Eglise, délivrée , se relève plus que jamais glorieuse et florissante ^.

Quelle n'était donc pas la puissance de cette minorité qu'aucune tyrannie ne pouvait abattre, et qui, par la seule résistance passive qu'elle opposait à ses oppresseurs, les contraignait l'un après l'autre à lui accorder la paix ! Et le paganisme, que pouvait-il attendre après une telle épreuve ? Déjà décrié par ses erreurs, plus décrié encore par ses inutiles violences, comment pouvait-il soutenir la concurrence d'une religion dont le crédit s'étendait duujue jour, et qui,

1 Eiuscb., IlisL Eccl., IX, 9.

- ll»irl.,c. 10.

■' Ihid., .-. 10, 11.

-40 IMItOlIlCTKl.N, (:IIAI>. 11.

au soin iniMiic des persécutions, gagnait sans cesse du terrain if La lutte pouvait être longue sans doute; avec l'avantage du nond)re, avec l'appui des classes influentes, avec la force de la coutume qui le protégeait, enfin avec le concours des intérêts et des passions qu'il servait, le paganisme avait de quoi végéter encore longtemps, et même remporter momentanément quelques avantages. Mais, à moins que des circonstances tout à lait improbables ne vinssent changer brusquement la position relative des deux partis, l'issue linale de leur lutte ne pouvait être douteuse. Le christianisme devait continuer à s'accroitre , le paganisme à diminuer dans la même proportion ; l'un devait grandir, l'autre déchoir; l'un triompher, l'autre périr.

C'est cette dernière période de l'existence du paganisme que nous avons à retracer. Il s'agit de marquer, avec toute l'exactitude et la précision dont nous serons capable, les phases successives de sa destvuction dans les provinces d'Orient, depuis l'époque où Constantin lui retira l'appui exclusif de l'Etat, jusqu'à celle où il disparut pour jamais dans ces provinces ; il s'agit de raconter les derniers combats, les derniers efforts, les dernières palpitations, et lina- Icnient le dernier soupir de cette religion qui avait présidé à la naissance et vu les plus beaux jours de la civilisation giecque.

Dans la série des règnes qui se succédèrent depuis le commencement du quatrième siècle, trois surtout nous paraissent avoir accéléré la chute du paganisme en Orient : ce sont ceux de Constantin, de Théodose et de Justinien. Ces règnes nous fourniront autant d'époques importantes pour notre histoire, et nous serviront à la diviser en trois périodes principales, dont la première commencera àl'édil de31ilan, en 313; la deuxième, à l'avcnement de Thcodose

D)'(;adi;.\ck uu p.\(.A.\iSMi': avant consta.mix. il

le Giaïul, en 379, la troisième enfin à ravénenienl de Juslinien, en 5^7.

Bien que la première de ces périodes soit celle sur laquelle on possède les renseignements les pins nombreux, elle ne nous occupera point cependant à proportion de sa richesse et de son importance. Jusqu'au partage de l'empire romain, en 39o, et surtout jusqu'à l' avènement de Tliéodose, les destinées du paganisme sont encore à Leaucoup d'égards les mêmes en Orient qu'en Occident. Nous ne pouvions dès lors songer à refaire en son entier le tableau qu'une main habile en a déjà tracé, et nous nous sommes borné pour cette première période, tout en mar- (juant avec soin la suite et l'enchainement des faits, à insister sur ceux qui caractérisent d'une manière plus spéciale la situation du pol> théisme en Orient. De là, la brièveté qu'on serait tenté peut-être de reprocher à l'exposé historique qui va suivre.

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