î'Ki.Miiiîi: I'akiii:, 1'" i>i;i!iooi;, si:c;ii<>\ i
doiR", les iiiiiscs lie l'Hélicuii, etc. ', cnliii mic loiilc de slalucs, loiidues jadis par les plus célèbres arlisles, et consacrées par la supcrslitiou des peuples, mais (pron avait soin d'exposer dans des lieux prolaues, el en leur ùlanl les attributs qui en auraient pu faire de nouveau des objets d'adoration. Uuant aux temples d'où l'on avait tiré toutes CCS richesses, on les laissait, pour la plupart, vides et dévastés, privés de leurs portes ou de leur toiture, alin qu'exposés aux intempéries, ils s'écroulassent plus promptenient. On livrait à la risée publique les idoles dépouillées de leurs métaux précieux; on n'épargnait pas même les outrages aux prêtres; et tout cela, dit Eusèbe, se faisait sans le secours d'aucune armée, par le seul ministère de quelques hommes, qui pénétraient au milieu des populations païennes, forts de leur propre zèle et de celui de l'empereur -.
Eusèbe a sans doute généralisé outre mesure ce tableau. De telles spoliations n'eussent pu, même en Orient, s'accomplir si facilement dans toutes les provinces^. Mais, de ce qu'Eusèbe a trop dit, ne nous hâtons point de coriclure
^ Voyez, dans Combc/ia (Orig. Const. inani|Hiliis), les Demunsiral. rhronograpliicfe, incerlo autore. Voyez aussi la disseiialion deHeyne inséréedans les Mémoires de la Soc. Roy. de Gœllingue sous le tilre: Priscse artis opéra quœ Const. extilisse memoranlur, t. Jt. Glass. Hist., p. 1-38.
2 Ailleurs, comparant Constantin à ses prédécesseurs, qui faisaient orner magnifiquement les temples, il le montre détruisant ceux que les hommes superstitieux honoraient le plus (Eus., De vilà Const., m, -1).
3 La Bastie (Acad. des Inscr., 1. 15, p. O'.!) pense qu'elles n'eurent point lieu en Occident ni a Autioche, el qu'il faut restreindre le récit d'Eusèbe à la Palestine, à laPhénicie el à quelques temples de l'Asie Mineure el de la Grèce. Cependant Heyne, dans la disserlalion mentionnée ci-dessus, montre, d'après Procope, que Conslanlin lit transporter dans sa capilalc des statues enlevées a Home, en Sicile cl ii .4nlioche p. 7 .
RKGM-: Df- (.(INSTAMIX. 73
que Constanliii n'ait ritMi lait ; les mesures que noiis venons (le rapporter sont trop circonstanciées, trop bien attestées d'ailleurs *, pour qu'on puisse enticremenl les révoquer eu doute. Nous ne pouvons, dès lors, nous empêcher d'y reconnaître l'indice d'un diangement dans la politique religieuse de Constantin. Il quittait désormais, envers l'ancien culte, l'attitude inotïensive qu'il s'élait quelque temps prescrite à son égard, et livrait en détail aux temples païens cette guerre qu'il s'était en quelque sorte interdit de leur livrer en niasse.
Ailleurs, le soin delamorale et de l'honnèletc publiques, ou la réparation d'outrages faits au culte chrétien, servit de prétexte ou de motif à Constantin, pour ordonner ces atta- (jues partielles. Dans un accès de fanatisme, les païens de Jérusalem avaient cond)lé le Saitit-Sépulcre, et pour ôter à jamais aux chrétiens la tentation d'adorer en ce lieu, ils avaient construit au-dessus un sanctuaire à Vénus, et y avaient offert d'exécrables sacrifices. L'empereur fit détruire jusqu'aux fondements ce temple profane, et construire une église tout auprès du tombeau du Seigneur-. A Aphaca, sur l'un des sommets du Liban, étaient un temple et un bois sacré dédiés à Vénus Uranie, et où l'on tenait école de la plus infâme impudicité; Constantin les fit également détruire. 11 abolit les honteuses prostitutions qui souillaient le temple de Vénus, à Héliopolis en Phénicie ; en Egypte il supprima le culte du Nil, célébré par des prêtres androgynes^; à JEgœ, enCilicie, il lit raser le temple d'Apollon
^ Par le témoiynat,'e de I.ihaiiius, eiitr'aiUres. V. Pro lemiil. VA. Keiske, II, 162, 18;j.
« Eus., De vitâ Consl., 1!1, ^23.
" Eus., De vità Consl., IV, :J.">. Coiislanliii lit liansporler flans l'cKiisp chrétienne la coudre qui, |ilacée dans le leuiple de Strapis a Mcinpliis. seivail à mesurer l'exliaiisscnienl des eaux 'Ihifin. llist.
7i riu.Mii i;i; l'Aiiiii,, 1" i"i:i:i(iiii:, si;crio\ i.
Pj Ihien, où était un célèbre oracle, et celui d'Esculapo, où un imposteur, sous le nom de ce dieu , vendait des recettes aux dupes qui venaient pendant la nuit le consulter '.
A mesure que l'empereur éprouvait la mollesse et l'apathie des païens, il se livrait avec moins de scrupule à ces actes d'hostilité contre leur culte ^ Un passsage d'Eunape' scnd)ie indiquer, en elïet, que ce fut sur la fin de son règne qu'il déploya le plus de sévérité à cet égard. « yEdesius de « Cappadoce, dit ce rhéteur, en succédant à son maître « lamblique, ne montra pas un enthousiasme pareil au « sien. Alors régnait Constantin, qui renversait les tem- € pies les plus célèbres , pour élever des églises sur leurs « ruines, et sous lequel les disciples les plus distingués de « la philosophie étaient contraints de garder un silence « mystérieux. » Or, nous savons que Constantin survécut de quatre ans seulement à lamblique. Ce serait donc dans les quatre dernières années de sa vie (333-337) qu'il se serait montré le plus rigoureux envers le culte païen. Ce témoignage s'accorde avec celui de saint Jérôme *, qui place quatre ou cinq ans avant la mort de Constantin l'édit de
Eccl., II, 30. — Jomard, Descr. de Memphis , p. 55. Descr. de l'Ég. Anliq., t. 2).
1 Eus., De vilà Consf., III, 26, 55-58; IV, 25. — Socr., I, d8. — Sozom., II, 4, 5. — Quelques épitres de Libanius semblent indiquer que le temple d'EscuIape ne fui détruit que sous Constance; on pourrait supposer qu'il avait été réparé dans l'intervalle, avec les olfrandes des nombreux malades qui venaient y cliercher la guérison.
* Selon Libanius (De vità suà. 0pp. fol. t i, p. M), lorsque Julien monta sur le trône, un petit nombre, seulement, de vieillards se souvenaient d'avoir vu, à Antioclie, célébrer les anciennes fêtes qu'il rétablit alors; ce qui suppose qu'elles y étaient supprimées dès le règne de Constantin.
^ Eunap.,\n .-î^'des. Vit. sopli.Ed. Boissonade. Paris, 1819, p. iOl.
^ Suppl. iii Cliron. Eusebii. Venet. 1483, p. 96 v".
Hi:(";.\F. ÙE COXSIA.MIX. ih
cet empereur pour la deslruclion des temples ; il s'accorde aussi avec plusieurs passages d'Eusèbe, qui, vers latin de sa Vie de Constantin, atteste qu'il ferma à tous les sujets de l'empire, soit citoyens, soit soldats, tout accès à l'idolâtrie, et leur interdit toute espèce de sacrifices '. L'édit de Constant, publié en 349 contre la violation des sépulcres, fait de même allusion à ceux qui avaient dévasté les monuments sous le consulat de Delmatius et de Zénophile, c'està-dire précisément en 333^. Peut-être Constantin renouvela-t-il alors son édit de proscription^; peut-être est-ce de cette époque que date la loi mentionnée dans l'édit de ses fils. Mais, dans tous les cas, ne pensons pointque, même alors, les attaques livrées au paganisme par Constantin aient été générales. Partout où les idolâtres montraient encore quelque zèle, ou conservaient la supériorité du nombre, Constantin évita de les irriter par des mesures de rigueur. Ainsi que l'a prouvé M. Beugnot, il ne cbangea presque rien à l'état religieux de l'Occident, il y laissa subsister les temples, n'y troubla point les sacrifices. En août 335, et en mai 337, il confirma aux prêtres et aux flamines d'Afrique les privilèges municipaux qui leur étaient disputés ^ Ménageant les susceptibilités des païens de Rome, il laissa sur les monuments publics subsister à côté de son nom le titre de souverain pontife'; il permit qu'Anicius, en restaurant
' KaO'Acu 3'è tcÏ; Otto t^ i^«f;.a''&)v àpyri (î'y,p.ct; re xai dTfaTtWTtJtoï; TrÛAat. àiTwXeîovTo T^î; êî'î'wÀcXaTpêia; , Ôuaîx; S^ï rp'JTroç aTvr.-j'OpeùcTO -nà.; , etc. Liv. IV, c. 23, 25.
* Pagi, Crilic. in Annal. f?aron., t. f,p.429. — TlieophanefChronogr. Paris, I6S5. fol. p. 23a) place aussi en 333 el 334 la deslruclion des idoles el des leinples, ordonnée par Conslanlin.
^ Voyez ci-dessiis, p. fii, note i.
^ Cod. Tlieod., Xlî, 1, I. 2f ; .", I. 2.
•' Gruter, Inscr. aiil., I. I, p. 283.
Tf^ iMu,Mii:iii: l' Mil II,, l"" i'i:i;ioiii;, slciion i.
\c ItMupk; (le la Coiicortle, le lui dédiai an nom du peuple cl du sénat ' ; il pcnnil , ainsi que ses premiers successeurs-, qu'on lui donnai le lilre de (I/rin, (jue les décrets pul)liés sous son nom lussent qualiliés de célestes statuts ou de difhis oracles, que les \élérans le saluassent par ces mots : « Auguste, que les dieux le conservent » ; enfin que sur les médailles IVappées à Home, on lût encore, au revers de son nom : « à Jupiter, ou à Mars conservateur, h Hercule « vainqueur, au Soleil invincible, au Génie du peuple ro- « main, » et qu'on le représentai lui-même, au milieu d'emblèmes païens, et en costmnc de sacrificateur^. Même en Orienl, où il osa davantage, un grand nombre de temples et de simulacres fameux demeurèrent intacts. Kn un mot, si Constantin fit quelques pas assez décisifs dans le sens de l'abolition de l'idulàlrie, il en laissa beaucoup plus à faire à ses successeurs.
' Gruter, Iiisc. aiU., t. 1, p. JUO.
' Van Dale, De Orac. Ellmic, p. do7, 008. -— La Bastie (Acad. d. inscr., l i:i, p. 103).
^ Muséum Pisanum, l. Il, p. 71. — Muséum Theupol., p. 33.5. — Occon. et Medioharh. Impp. rom. nuniisra., p. io9-i69, elc. — Bucange, Familiœ ByzanlintC, fol. p. 13-21.
SECTION II
Résine des lils de Constantin.
( An 33T - 3';» )
Depuis que Constantin avait fait publiquement profession de christianisme, son palais était rempli de néopliytes qui, bien souvent, ne prenaient les dehors de la piété que pour mieux s'insinuer dans sa confiance, et son panégyriste est forcé de reconnaitre ' qu'il n'eut pas toujours le discernement nécessaire pour démêler les vues intéressées qui les attiraient auprès de lui. A plus forte raison, ses fils, qui lui étaient si inférieurs en prudence et en génie, furent-ils dupes de ces démonstrations hypocrites. Autour d'eux se pressaient des prêtres ambitieux qui briguaient les premières places dans l'Église, d'avides courtisans qui voulaient avoir part aux dépouilles des temples, des chrétiens de fraîche date qui cherchaient, à force de fanatisme, à faire oublier leur idolâtrie de lavedle; et tous profitaient de l'inexpérience des jeunes princes pour leur inculquer à lenvi les maximes de la persécution '-.
Aussitôt que la mort de l'ainé des fils de Constantin eut mis fin à leurs contestations pour le partage de l'empire. Constance et Constant, demeurés seuls maîtres, l'un de
1 Eus., De vilâ Consl., IV, Si. . , .v
' Au n-.ralire de œs fanatiques, il faut mettre priucipalemenl 1 evênue Julius F.rmicns Maternas, dont l'ouvrage: u De errore profanarum reliirionum, » écrit peu après ça conversion, recomman.ia.l aux empereurs Constance et Constant les mesures d extermination décer.iées par les rois de Juda contre les idolâtres (0pp. pair. a t. Wurlzbour-, 178:?. l. ti, ad linem.. Voyez enlr'aulres les ehap. 1/, 29, ^ÎO.
"8 MtiMiKKK l'viiiii:, l"-' mr.KiKK, si:ai()\ il.
rOriont, l'aude de rOccidciil, s'uiiirenl pour n'iioincler la loi (le leur père eoiilre ridolàtric. « Que la superstiliou -» cesse, écrivit en 341 Constance* à ftladilianus, sub- « stilut du préfet du prétoire; que la folie des sacrifices « soit abolie ; car toute personne qui, contre la loi de notre « divin père et contre notre expresse défense, aura osé c célébrer des sacrilices, sera punie comme son crime le « mérite, et la sentence exécutée sans délai '\ » Kien n'indique que cette loi s'appliquât uniquement aux sacrifices secrets; au contraire, les mots superstitio, sacrificiorum insania, y sont employés, comme l'observe Godefroy, dans le sens le plus général, et semblent désigner toute espèce d'idolâtrie et de sacrifices '\
Aussi l'évéque Maternus, qui, connue on vient de le voir^ était difficile à contenter en fait de persécution, donnet-il à cet égard un plein éloge au zèle des deux empereurs. « Peu s'en faut, leur dit-il, que par vos lois la puissance « du diable ne soit complètement abattue, l'idolâtrie abolie « et son venin détruite » Il les félicite, en particulier, des ordres qu'ils ont donnés \x)\\y la destruction des temples et des victoires signalées par lesquelles Dieu les en a récompensés **. 11 paraît même que, dans la campagne de Rome,
* Nous suivons ici la leçon de l'édition de Bonn (Corp. juris anle- Just., 1831, p. 16l!2j, qui substitue au nom de Constantin li, déjà mort en 341, le nom de Constance.
^ Competens in eum vindicta et prœsens sentenlia exeratur (Cod. Theod., XVI, 10,2.) ' Cod. Theod., t. 6, p. 261.
* Voyez pcigeprécéd., note 2.
« Modicum tardum superest ut, legibus vestris funditùs proslra- « tus, diabolusjaceat, ulextinctoe idololatriEe pereat funesla eontagio. « Veaeni iiujus virus evanuit, et per dies singulos subslaulia jjrofa- « n* cupidilalis exspirat » (De error. prof, reiig., c.21, p. 302).
lliitl.. c. 2'i. p. ;!I7 : u i\)<,[ excidia templonnn in majus Dei
KEGM£ UKS III.S UK COVSTAMl.V. 7<.)
on avail déiruit quelques-uns des temples (jui servaionl de rendez-vous pour les jeux publics. Les Romains supporlèrent impalierament l'interruplion de leurs l'êtes, et ce fut pour apaiser leurs murmures que, le i"'' novembre 342 ou 346 ', Constant publia l'édit suivant : « Quoique toute « superstition doive être abolie, nous voulons cependant « que les temples situés hors de Rome demeurent inlacis ; « car il faut respecter des monuments dont la dédicace a « été l'origine de la plupart des jeux et des spectacles puce blics, et auxquels se trouvent liés les divertissements du « peuple romain ^. » Mais, en protégeant les monuments de la superstition païenne, Constant ne révoqua nullement, au contraire il confirma la loi qui en interdisait les actes ^
On a pu observer que dans l'édit de 341 aucune peine n'était expressément décernée contre ses infracteurs ; mais la menace qui l'accompagne semble indiquer la plus rigoureuse de toutes; c'est dans ce sens aussi qu'elle semble avoir été entendue par les contemporains. Libanius raconte* qu'il revint d'Athènes avec Crispinus dHéracléc, que son oncle rappelait auprès de lui. « Cet oncle, homme vraiment « divin, observe-t-il en jouant sur le motQsïoç, vivait plus <i en communion avec les dieux qu'avec les hommes, en
« eslis virlute provecli; vicislis hostes insperatam imperatoris
« faciem Brilannus evpavit. » Il fait allusion ici k l'expédition de Constant dans la Grande-Bretagne; ce qui suppose que l'ouvrage de Malernus a été écrit entre 3i3 et 350, époque de la morl de Constant.
* Cette dernière date est celle que fixe Neander, d'accord avec l'édition de Bonn du Cod. ïlieod. (Xeand., Kircli.-Gescii., t. 2, p. 67) L'autre est celle de Godefroy et de Gieseler (Lehrb. derKircli.-Gesch , t. i,p. 3i4).
* Cod.Theod., XVI, U), 1.3.
' « Quamquaru omnis superslilio pcnili'is oruenda sit. »
* Liban. ,()m). Col. t, 2, p. IJ c
«(» r'ItKMM.ltK l'MtTIK, r" l'I.lllODI., SPCTION II.
*J(l(''|)il (le la loi ([ui (léccniail la peine de inori contre « leurs adorateurs '. » Or, selon le nouvel éditeur de Libaiiius *, c'est ù Tàge de vingt-six ans que ce rhéteur revint d'vVlhènes, c'est-à-dire précisément à l'époque où la loi de 341 venait d'èlrc décrétée; c'est donc à elle sans doute qu'il a voulu faire allusion. « Mais, ajoute-t-il, « loncle de Crispinus se moqua de celte loi, et brava le « monarque impie cpii lavait portée, » Nous savons, en ellel, par de nombreux indices, qu'elle fut loin d'être exécutée à la rigueur. Peut-être l'intention des empereurs eux-mêmes, en la publiant, n'était-elle que d'intimider les païens par une défense sévère : de là le vague dans lequel ils en laissèrent la sanction.
Les choses demeurèrent en cet état jusqu'à l'époque de la révolte de Magnence. On sait que cet usurpateur, après avoir pris la pourpre dans les Gaules, se rendit bientôt maître de tous les États de Constant, qu'il lit poursuivre el massacrer par ses émissaires, et déclara, en 350, la gueri-e à Constance. Bien que plusieurs de ses monnaies et de celles de son frère Décentius portent, comme celles des fils de Constantin, le monogramme du Christ ^, sans doute parce qu'il n'avait pas eu le temps de faire graver d'autres eml)lèmes , il était probablement païen '', ou tout au moins indifférent entre les deux cultes. Dans l'empire d'Occident, dont il s'était emparé, les païens formaient toujours le parti le plus nombreux. Magnence, pour les attirer à lui, en même temps que pour favoriser lem'scom-
^ Kal h i, 8v/.r, toj ToXu.tuvTt ÔâvaTo;.
- Reisle, Vil. Lib., p. 2, in praeL Lib. 0pp., \.\.
' Occon. eiMediob., Nura. Imp. R., p. 482.
^ IJbanius le donne a entendre quand il dit que Magr.enre, tout usurpatoiir qu'il (Mait, s'était montré fidèle aux lois de l'empire Oral. fuQ. ad Jiil.,p. 2(i8d:i.
hli.NF. W< FH.v l>K LOVSTAXTI.V. Ni
plots i-ontiv l'empeiTur, lésa rinterdictioii piuiiuiicée itonlrt' los sacrifices, sans même en excepter les sacrilices noctnrncs, el saint Alhanase ' le représente lui-même comme adonné à de coupables enchantements. Les païens d'Occident, voyant renaître pour eux une ère de tolérance inespérée, se rangèrent pour la plupart du côté de leur bienfaiteur. Philostorg(> ' observe que l'armée de Magncnce comptait principalement dans ses rangs des adorateurs d'idoles. Mais, si sa protection lui concilia d'abord les suffrages des païens, le parti contraire se réunit avec d'autant plus d'ardeur sous les drapeaux du souverain légitime. Magnence lui-même, par ses cruautés atroces et gratuites, s'aliéna bientôt le plus grand nombre de ses partisans ; il fut vaincu dans les plaines de Mursa et, réduit à la dernière extrémité, il finit par se donner la mort. Constance, devenu dès lors maître absolu de l'empire, en 358, n'eut rien de plus pressé que d'ôler à ses ennemis ce moyen de conspiration permanente qu'ils avaient imaginé contre lui. Les sacrifices nocturnes étaient ceux dont il croyait avoir le plus à craindre, il se borna pour le moment à les interdire dans la capitale^; mais, prévoyant bientôt l'insuffisance de cette mesure, il publia quelques jours après une loi plus générale et plus sévère que toutes les précédentes '. Adressée, non plus au préfet de Kome, mais à celui du prétoire, elle ordonnait de fermer à l'instant, dans toutes les viUes el dans tous les lieux, les temples païens, afind'ôter aux insensés [perditis) toute occasion de désobéissance. En outre, elle ordonnait
• Athan., Apol. ad Consl., c. 7, (. 1, p. 299 e.
^ Phîlost., Hist. Eccl., III, 26. Kd. Vales. Paris, 1073.
^ Cod. Thfod., XVI, 10, 1. 5 : « Alwleanlur sacrilicia noctiinia, « Magnenlio aiiclore permissa, et nefaria deinceps lioeiilia repella- « lur. » .\n. .Xi3, ad Cerealem pra'f. Irb. 9 Kal. Dfc.
* Cod Tlieod., \\l, 10. 1. i, m. ?>:,?,, Kal.Ih^c.
tJ:2 l'Ul MIIIIK l'AltTIK, I" l'KllUiKi:, SI'.l.iHiV II.
à lous (le s'ubslenir de sacii lices, décenuiil )a \\o'\\\c (\t iiiorl contre ceux qui oseraient en céléhrer à l"a\enii-, et celle de la conliscalion contre les magistrats qui se montreraient négligents à faire observer la défense '.
Est-il vrai, comme la soutenu La Bastie -, que cette loi n'ait point été publiée du vivant de Constance, mais soit demeurée en projet dans les archives impériales, d'où Théodose le Jeune l'aurait tirée plus tard pour l'insérer dans son code?
Indépendamment du peu de rigueur avec lequel elle fut exécutée, La Bastie allègue, 1" la fausseté de la date qu'elle porte, et qu'on peut croire, par cette raison, avoir été placée au hasard {Constant io TV eX Conatante II. AA. Coss.) ; 2° l'omission du lieu d'où la loi fut expédiée.
11 est certain que le second consulat de Constant ne coïncide point avec le quatrième, mais avec le troisième consulat de Constance. Mais, comme l'observe GodeCroy^, les erreurs de dates, particulièrement les fausses désignalions de consulats, abondent dans les manuscrits du Code Théodosien, et c'est ce qui lui a donné à lui-même tant de difiicultés pour en rétablir la chronologie. Il attribue la plupart de ces erreurs à des inadvertances de copistes, et n'en tire aucune conclusion contre l'authenticité ou la réelle publication des édits où elles se trouvent. Dans le cas dont il s'agit, il est diflicile de supposer qu'on eût mséré dans le code, comme loi etïectivement pubUée, ce qui
* Cette loi est reproduite dans le Code Jnstinien (I, 11, 1. 1) avec l'intenlion bien évidente d'enipèclier toute espèce de sacriûces. Si elle eût prêté à l'équivoque, Justinien n'eût pas hésité sans doute a en modifier les expressions.
2 Mém. de l'Acad. des Inscr., t. 1o, p. 98 et suiv.
' Proleg. ad Coi. Tlieod., t 1,p. 189. Voyez de même Hœnel, Corp. jur. v\\. aiiti'-Just. Ed. Bonn, fasc. .">, pra'f., p. 37.
hÈti.M-: iJts iiLS bi; co.nstamix. 83
n'eùl été qu'un siiii[)k' [>rujel de lui, retiré bientôt après; l'eût-on osé, au lieu dune date mise au hasard, on eût eu soin de lui donner une date recevable : la succession des consuls était trop familière aux jurisconsultes du temps, pour qu'on puisse leur attribuer une aussi «ïrave méprise. Quoi de plus simple, au contraire, que de supposer une légère faute de copiste dans un code qui en renferme de beaucoup plus grossières, et d'admettre, ou la correction des éditeurs de Bonn*, qui lisent ; « Constmilio IV ei « Constante Hl AA. Coss. », et rapportent ainsi la loi à l'an 3i6; ou la correction, selon nous beaucoup plus probable de Godefroy '^ et de Beck'*, qui lisent : « Constantio « A. VIei Constantio Ccps. Z^/. Cbis.,» c'est-à-dire sous le sixième consulat de Constance Auguste, et le second du césar Constance Gallus, et rapportent ainsi la loi à l'an 353 ? Quant à l'absence de toute désignation du lieu d'où elle fut expédiée, c'est aussi une particularité qui se rencontre assez fréquemment dans le Code Tbéodosien. Sans chercher ailleurs que dans le livre même d'où cette loi est tirée, nous en trouvons plusieurs autres qui sont dans le même cas *, et contre lesquelles cependant nous ne croyons pas qu'il se soit élevé aucun doute.
^ Corp. Jur. ante-Jusl., p. 1613. Les érliteurs de Bonn n'aiImelltMit ceUe leçon qu'avec liésilalion, quoiiiuo Neander l'ail adoptée (kircli.- Gesch., l. 2, p. 04).
2 Annol. ad Cod. Theod., XVI, 10, I. 4, p. 263. Godefroy choisit cette date, parce que c'est en 353 que Taiirus coitimonça à remplir les fonctions de préfel du prétoire, il ne se laisse pas arrêter, comme La Bastie, par le passage d'Aaimien Marcellui (XIV, 11) qui raconte qu'en 35i Taurus fut envoyé comme questeur en Arménie. Peutêtre, en ellet, s'aj;il-il chez Amniien d'un autre Taurus.
2 Beck, Corp. Jur. civ. I-,ips. 1837, t. 2, p. 50. Gieseler admet la môme date (Lelirb der Kircli.-Gesch., t. 1, p. 345). Hugo paraît également la préférer (.lus civ. ante-Just. Berl. 1805, p. 1205, not.j.
* Voy. Cod. Theod., XVt, tit 2, I. 2, 3, 6, i>; lit. 10. I. 3, Hc.
Xt l'IlKVII lU: l'\HIII\ 1" l'EKKMJl', >i:CIIU.\ 11,
Nous admottons ihiiK-, jus(|u';i nuu\clles |ji«Mi\fs <Jii (•onlraire, qu'en 353 Conslancc, pour coupei- court aux complots (les païens, ne se hitrna point à abolir les sacrifices nocturnes, mais ordonna la cessation de toute espèce de sacrifices et la fermeture absolue des temples ', ordre que de nouvelles infractions de la part des païens et de nouvelles craintes de l'empereur l'engagèrent bientôt à réitérer.
I)e[>uis la re\olte de Magncnce, Constance et son cousin (iallus, (pi'il avait élevé à la dignité de césar ', vivaient dans de continuelles appréhensions au sujet de personnages qui leur étaient désignes comme des prétendants à l'empire, et de conspirations magiques qu'ils croyaient ourdies contre eux. « On n'interrogeait pas un devin, dit Ammien ^, sur le cri d'une souris, la rencontre d'une belette, on quelque autre présage de ce genre, on ne consultait pas une vieille femme pour quelque remède, sans s'exposeï', par cela seul, à ôti'e traduit en jugement pour crime de lèse-majesté. >• Les
' V.n lr;iil curieux de la vu; <le saint Atlianasc fait allusion à la pulilicaliori de celte loi en Egypte. « Vn ]o\u\ raconte SuzonièmiHisl. Eccl., IV, 10), qu'il entrait ii Alexandrie, des païens lui demandèrent, par forme de moquerie, ce que présageaient les croassements extraordinaires d'une corneille qui volait au-dessus d'eux. — Ils vous annoncent, leur répondit le saint liomrae, que le jour de demain {cràs, crûs) tournera mal pour vous. En effet, ajoute l'historien, le lendemain, qui devait être pour les païens un grand jour de fête, arrivèrent des lettres de l'empereur qui leur défendaient d'entrer dans les temples et de célébrer leurs rites accoutumés. » Ce trait qui, aux yeux de quelques-uns, fit passer Athanase pour doué du don de prophétie, le fil accuser par les Ariens d'être adonné aux arts magiques et k la science des adigures, et leur fournit des armes contre lui dans le concile de Milan, qui le déposa en 33o : c'est du moins ce qu'Ammien donne clairement à entemire (Amm. Marc, XV, 7, p. 91, noi. d. Paris, 1H8I. fol.J.
- Amm. Marc, XIV, 1, .').
» liI.,XlV, 1,8.
RKGNK DES Frf.S HR CONSTANTIN. 8o
espions de (loiistance tcwio.si}, répamliis par niilliors dans Jes pn)\iiices de rempire, lui déiiunraienl tous ceux qui étaient convaincus ou soupçonnés d'avoir lecours à la magie. Ce que raconte Amniieii ' au sujet de |{arl)ation, de Siniplicius, de Parnasius et de tant d'autres, exilés ou mis à mort pour prétendues consultations séditieuses, sei'enouvelait à chaque instant, surtout depuis que Julien, après la mort de son frère, eut été nommé césar, en 3oo. Avec quelque soin que ce jeune prince eût déguisé ses sympathies païennes, elles n'avaient point échappé à ceux qui avaient intérêt à les mettre à profit ; des espérances mai dissimulées circulaient dans les rangs des païens; on cherchait avec anxiété combien de temps encore devait se prolonger le règne qu'on brûlait de voir tiuir. Ammien nous représente les gens de la suite du césar examinant le vol des oiseaux, consultant les aruspices, Julien lui-même penché à toute heure sur les entrailles des victimes, d'où il regrettait de ne tirer que des présages incertains '-. On n'en peut (hsconvenir, ces sortes de consultations étaient toujours à craindre; de dangereux projets se traduisaient tacilenient en présages, et le fait seul de la publication de ces présages suftisait souvent pour déterminer ou hâter l'accomplissement de ces projets. C'était, d'ailleurs, donner à la rébellion une sorte de sanction divine; les sacrifices étaient, sous les empereurs chrétiens au quatrième siècle, ce que furent plus lard, sous des rois hérétiques, les jours déjeune et de prières ordonnés par l'Église, un moyen d'exalter le sentiment religieux dans une direction hostile au pouvoir. Aussi Constance ne négligea-t-il aucune mesure pour se fortifier contre ce péril. Dans lespacc de dix-
' Amm. Marc, WIII, \\; XIX. 12.
' i.l.,XXI,^i: XXll. I.
fi() l'hKMIKHK l'.Mirii;. T'' l'KItKiDK, SKCTIO.N 11.
linit mois iilu ^io janvier 3o7 au 5 juilli^l 'M'iH)^ il publia siicccssiveiiKMil trois édils', do plus tMi plus monaçanls, oonlre ceux qui Taisaient profession de magie ou qui recouraient à l'art des magiciens. Le dernier de ces cdits ordonnait de livrer aux plus horribles tortures '^ toute personne de sa ■suite ou de celle du césar, quelque élevées qu'elles |)ussent être en dignité, qui, étant convaincues d'artifices ou de conjurations magiques , persisteraient à nier d'y avoir pris part.
Ce turent sans doute les mêmes préoccupations et les mêmes craintes, déguisées toutelbis sous le masque du zèle chrétien, (jui, en 356, lui firent publier un nouvel édit général contre les sacrifices et Tidolàtrie^. Par cet édit très court, daté de Milan le 19 février, la peine de mort é!ait de nouveau décernée contre quiconque serait convaincu d'avoir parlicipé à des sacrifices ou adoré des idoles ^
La Bastie ' a reproduit, au sujet de cette loi, l'hypothèse qu'il avait avancée contre la précédente; il suppose qu'elle ne fut point publiée du vivant de Constance, et ce qui le lui persuade, c'est que, contre l'usage, elle ne porte jioiîit le nom du magistrat auquel elle est adressée. Mais c'est encore là un caractère commun à plusieurs lois du Code Théodosien; Godefroy l'avait déjà remarqué dans ses Prolégomènes ^. L'auteur de la préface de l'édition de Bonn ' émimère trente-six lois qui présentent ce même caractère, et n'en induit rien contre leur authenticité. Sans sortir même
» Cod.Tlieod., IX, \(\, 1. 4, o, fî.
^ « Sil eijnuleo dedilus, ungiilisque sulcantibus latera. »
"- Cod. Theod., XVI, 10, 1.6.
* « Qijos operain sacrificiis dare vel simiilacra colère constiteril.»
^ La Bastie, 1 oc. cit.
" Gnthof. Cod. Th. Prol<^g.,c. 8, p. 1i)(>, «ol. 2.
" Hcenel, Corp. jiir. anlc-Jus!., fasc. 5, prœf. p. o7.
i;i:g\f nrs rif.s or, Constantin. s,
(lu li\rc (|tii nous occupe, nous p()uvr)ns eu sigiuiler plusieurs ' qui, bieu qu'elles ne porleul point non plus le nom flu magistrat auquel l'exécution en était remise, n'en sont pas moins citées avec confiance par tous les historiens.
La Bastie élève une objection plus spécieuse contre les lois de 333 et de 356, et en général contre toutes celles dont Constantin et ses fils passent pour avoir frappé le paganisme ; elle est tirée du sacerdoce païen dont ces princes étaient encore revêtus.
Ici nous ne pouvons nous empêcher de remarquer la singularité des discussions élevées au sujet du pontificat des premiers empereurs chrétiens. Godefroy, en parcourant la série de leurs mesures contre le paganisme, en avait conclu qwe des princes aussi manilestement, aussi ouvertement ennemis de ce culte, n'avaient pu conserver rien de commun avec lui, à plus forte raison en tenir aucune espèce de titre ni de dignité. C'est ce qu'il s'efforça d'établir dans sa dissertation sur le souverain pontificat des empereurs romains -. Ur, ce titre, il est constant qu'ils l'ont porté, et qu'à certains égards ils en ont rempli les fonctions. Baronius, Bosius l'avaient déjà prouvé, et La Bastie a rassemblé de nouveau sin' ce point une multitude de faits et de preuves sans réplique '. Mais, de ce que les empereurs, jusqu'à Cratien, ont porté en effet le titre de souverains pontifes, La Bastie conclut à son tour qu'ils noni pu pieudre aucune mesure, porter aucune loi contre le culte païen. Ou vient de voir cjuc cette conclusion n'est pas moins
' Cod Tii("(i(l.,liv. l(i, lit. 2,1. 1,2."; m. 5,1.38; Ut. 10, 1.20, fie.
' Gothofr., De inleniiclà Chrislianorum ciim Gcntilibus cominunioïKi, <li(jue porililicalu iiniximo iiiiperaloriim roniaiiorum. Gencv;r', Kîrii. In-i.
' Loc. cit., i*" partie, t. 1'), Acad. des laser.
ÎSS i'iii:>iii:iu; i'aiuil;, 1" ckkiouk, skciion ii.
(IciiiLiitio par les l'ails; j'ajoulc (|ir(>llc ii'clail pas moins forcée <|iu' la |)rc'CL'(lcMilc'. Les iisaj;es d'un peuple sont souvent plus (liriicilcs à changer que ses lois, liien de plus commun dans l'iiistoire que de voir des souverains agir en opposition directe avec les lities dont ils sont r(!vètus, (juelquefois même ne maintenir les tonnes consacrées (pie pour mieux se faire pardoimer de changer le fond. Le titre de Défenseur de la foi, donné à Hemi VIII par un pape et porté dès lors par tous les rois d'Angleterre, les empccha-t-il de proscrire la foi catholique dans leurs Etats;' De même les fils de (Constantin purent conserver des formules païennes consacrées par l'usage, autoriser sur leurs monnaies et sur leurs monuments d'anciens emhlèmes, d'anciennes légendes, sans se croire par-là gênés le moins du monde dans la profession de leurs vrais sentiments religieux; ils purent favoriser la religion de leur choix, proscrire même le culte opposé, sans pour cela renier publiquement des titres qui, depuis plusieurs siècles, étaient intimement liés avec la puissance souveraine.
Mais enlin, nous dit-on, ces lois de pioscriplion portées effectivement, selon vous, contre le culte païen, rien ne montre qu'elles aient été exécutées.
Nous reconnaissons, sans hésiter, que pendant longtemps elles furent loin de l'être à la rigueur. C'est le sort commun de toutes les lois de ce genre, de ne recevoir que fort tard leur entier accomplissement, et d'être de temps en temps forcément suspendues. Les vues politiques viennent souvent à la traverse du zèle religieux, et le prince le plus absolu est, selon les circonstances, le premier souvent à contrevenir à ses propres édils. Telle lut à Rome, en particulier, la conduite de Constance. Plein de jalousie à la nouvelle des exploits militaires de Jnli<Mi, il avait imaginé
uÉGiNK nF.s rii.s ni; Constantin. RÎ^
d'en contrebalancer rellet en se laisant décerner dans la capitale les honneurs du triomphe. Ce n'était pas le moment de s'aliéner, par des profanations, un peuple aveuglément attaché à ses anciennes institutions. Constance pourvut, il est vrai, à ce que ce peuple, pour sacrifier aux dieux, ne pût à l'avenir s'autoriser de son exemple; dès avant son arrivée à Rome, il lit ôter de la salle du sénat la statue et l'autel de la Victoire ', et supprima ainsi les libations et les sacrifices auxquels sa présence dans ce corps l'aurait contraint d'assister ; mais, une fois entré dans la ville éternelle, il montra pour le culte établi tous les ménagements qui pouvaient lui concilier les suffrages populaires. « Il respecta, dit Symmaque ^ les privilèges des « vestales, distribua des sacerdoces aux patriciens, fournit « les allocations pour les cérémonies, et, accompagnant le « sénat dans les rues de Rome, il en contempla d'un œil « serein les sanctuaires, lut les inscriptions qu'ils por- « talent en l'honneur des dieux, s'informa de leur origine, « loua leurs fondateurs; enfin, malgré son atlachement à a un autre culte, il respecta celui de l'empire. » Le témoignage plus détaillé encore d'Arnmien Marcellin ■' s'accoi'de pleinement avec celui de Symmaque, et les faits nombreux recueillis par M. Beugnot ^ ne laissent aucun doute sur les dispositions pacifiques de Constance à l'égard du culte païen dans la capitale de l'Occident.
Après Rome, Alexandrie était une des villes où le paganisme avait conservé le plus de racines; ce fut aussi une
« Syniniack , i:|)ij , I. iO, ep. 54, g 7. — Ambroniiis, Coût. Syiniriacli., ep. 17.
' Symmach., ibid.
* /1mm., Ker. Gest., \VI. in.
■ ficiiiinol , liv. 2, !■.. 1, i.
!)0 i'!ii;Mii:i!i-: i>.\i;tii;, I"' i'i;iii(ti»i:, sk^tiox m.
(le a'Ik's où il lui Irailé avec: le plus de méiiageinenls. Selon une aneieiine Dearription du Monde, écrite sous le règne de Constance ', « les dieux, dans cette capilale de « l'Egypte, étaient encore adorés avec ferveur, les temples « étaient richement ornés, les prêtres et les aruspices vn- « quaient assidûment à leurs fonctions; tout s'y passait Œ avec ordre; partout l'encens et les victimes fumaient sur « les autels. » — « On avait craint, sans doute, dit Libanius, de voir cesser les bienfaisantes inondations du Nil, et c'est ce qui faisait qu'à Alexandrie, non plus qu'à Rome, on n'avait osé toucher aux sacrifices '-. « Thémistius, dans son discours adressé à l'empereur Constance, parle des illuminations dont l'Egypte resplendissait encore chaque année aux fêtes de la Minerve de Sais, et des nombreux pèlerins qui se rendaient au temple de cette divinité ^ Il est notoire enfin que, dans certaines villes de la Phénicie, comme Héliopolis ^ de la Grèce, conme Olympie, Amyclée, Eleusis % où les chrétiens étaient encore en petit
' Velus orbis descriplio, p. 17-21. Va\. Godefr. Genev. 1628. In-4.
s Liban., Pro lempl. Ed. I{ei>ke, t. 2, p. 181, 182. De là vient sans doule que Doraétrius Cliylras, philosophe païen d'Alexandrie, qu'on avait arrêté comme suspect de sacrifices séditieux et magiques, fut relâché lorsqu'il eut déclaré, au milieu des tortures, que dès sa jeunesse il avait toujours, el par principe de dévotion, sacrifié aux dieux [Amm. Marc, XtX, 12). Cependant, Alexandrie ne fut pas entièrement exemple île profanations religieuses. Si l'on n'osa, par crainte du peuple, fermer le lemple de Sérapis. le préfet d'Égyple, à l'instigation de l'évêque arien Georges et ii l'aide des troupes que celui-ci avait demandées à l'empereur, |)illa les trésors el les ornements du temple de Diane (Juliani Ep. 10, p. 371)).
3 Themist., Oral., 4, p. 49.
* Vêtus orbis descr., p. lo.
•' Fallmerayer. Gesch. der Morea wœhrend des Mitlelalt., t. 1, p. 113. Euuape raconte (p. 491 in Proœres.) qu'Anatolius de Bér.vle, préfet d'Illyrie, pendant son voyage en Grèce, visita tous les temples el assista dévolcment aux cérémonies. Mais Constant régnait
rï:(;m-: nns fii.s ùe consiamix. 01
nombre, les aiiciLMis dieux du pays conscrvèreut également leurs sanctuaires.
Mais, si dans ces métropoles du paganisme, an milieu de CCS populations bigotes, et qu'on ne pouvait encore molester impunément, on ne songea point à mettre à exécution les édils rigoureux de Constance , il n'en fut pas de même dans la plupart des provinces et des villes de TOricnt. C'est ce que nous attestent une foule de témoignages.
Dans le même discours où Libanius rappelle à Théodose la tolérance de Conslanlin, et où l'intérêt de sa cause l'eût porté à plus forte raison à faire valoir aussi les ménagements de Constance, il déclare, au coidraire ', que ce prince, infidèle à l'exemple de son père, avait interdit les sacrifices -; que Constantin s'était borné « à dépouiller les lem- « pies, mais que Constance les avait détruits. » Mêmes reproches dans son discours apologétique ^, « C'est Cons- « tance, dit-il, qui, de l'étincelle allumée par Constantin, « fit im vaste incendie, dépouilla les dieux de leurs ri- « chesses, démolit de fond en comble les sanctuaires, abolit « les lois de la religion, les sacrifiant à des hommes perce vers. » En plaidant auprès de Julien la cause d'Aristophane '', il lui peint ce magistrat « pénétré de douleur à la « vuedetantdeprofnnations.Il venait, lui dit-il, sur les ma- « sures de nos temples, n'apportant, il est vrai, ni encens, « ni viclimes, ni feu, ni libations, car rifin de toiit cela n était « permis, mais un cœur navré de tristesse, des plaintes lu- 0 gubres, un visage baigné de pleurs. » Dans ses épîlres,
encore, Analolius élail en faveur auprès de lui, et les lois les plus sévères contre le cuUe païen n'avaient pas encore été portées. ^ Liban., Pro lenipl., \). 163, ISri et suiv.
' IVJ-/ii4£T' Eivai Ô'jiia;.
' Lihan. VA. fol., 1.2, p ^01.
* £,î6an., Oral. 7 |iin Aristuph. ihi<i., p. 210 ri.