RAPPORTS DE QUANTITE
a aussi son importance, car on pourrait être tenté de mesurer rènergie de Peffet à l'intensité ou au nombre des images. Ici encore, le rapport entre le signe et la chose signifiée est tantôt direct, tantôt inverse |. Il faut savoir que certains songes signifient beaucoup de choses par beaucoup de signes, (KoXkà Stà noU&v) OU, s'ils sout très-simples, annoncent des incidents de peu d'importance (ix^^a 51 àxi^tù^) ; d'autres, au contraire, enferment quantité de présages dans un petit nombre de signes (icoUà si ôXf^wv), ou enr^ore accumulent des accidents trèscomplexes pour aboutir à un présage do peu de portée (6X(x« Stà icoUSv) . Ainsi, un homme rêva qu'il avait perdu son nom. Mince présage en apparence; mais l'individu en question perdit son fils, sa fortune, fut condamné par toutes les' juridictions, exilé, et finit par se pendre, se plaçant ainsi parmi ceux dont on ne prononce plus le nom, même dans les banquets funèbres. Un autre, au contraire, eut un rêve compliqué, rempli d'aventures miraculeuses, lequel signifiait simplement qu'il se casserait la jambe.
L'onirocritique ne peut pas donner de règles formelles en cette matière. Là, comme toujours, la solution dépend en grande partie des renseignements relatifs à la personne du songeur. L'énergie des présages se mesure souvent à l'importance de celui qu'ils concernent. Artémidore approuve tout à fait, à ce point de vue, le vers-proverbe de Callimaque :
Car les dieux, aux petits, font de petits présents*.
Seulement, le devin doit se garder d'une méprise facile à commettre dans l'évaluation du rapport de quantité. Il faut qu'il sache s'il a affaire à un songe simple dont tous les détails servent à établir le même pronostic, ou à un songe composé crivOitoO qui contient plusieurs présages distincts et dont les diverses parties doivent être interprétées isolément*.
4) Amkmid., I, 4. — 2) A2«\ totç {xtxxotç (Auxà 5i8ou<ji ^«o(. Ahtemid., IV, 84. — 3) Artehid., lY, 35.
Enfin, le songe une fois classé à tous points de vue, analysé et convenablement interprété, il reste encore à élucider un point qui importe beaucoup à la vie pratique : il faut fixer à la réalisation du pronostic une date approchée; sans quoi, la vie entière pourrait s^écouler dans Tattente de pareilles échéances. Mais c'est là une tâche tout aussi épineuse que les précédentes, attendu qu'il n'y a pas non plus de critérium décisif en cette matière. On peut trouver cependant quelques indications dans le songe lui-même. S'il a été reconnu théof^é'matiqtie, on sait par là-même que son accomplissement doit être immédiat ; s'il est allégotHqve^ il faut examiner la nature des symboles offerts '. « A ceux qui te demanderont dans 'combien de temps les songes se réalisent, tu répondras que tous les objets qui, dans la réalité, ont leur effet à une époque fixe, ont aussi, vus en songe, une échéance analogue, comme les jeux, les panégyries, les archontes, les stratèges et autres choses semblables; tandis que tout ce qui, dans la réalité^ arrive à époque variable ou dans un laps de temps illimité, a aussi une échéance illimitée. Les objets dont on ne se sert qu'un momentdans la journéeont leur effet en quelques jours; ceux dont on use plus longtemps le font attendre plus longtemps. Les choses qu'on voit de loin, comme ce qui est dans le ciel, arrivent plus lentement, à cause de la distance*. » Ces règles empiriques ne devaient pas jeter un grand jour sur la question. Quand le songe contenait des figures d'animaux, on pouvait obtenir une approximation plus exacte, car « les animaux produisent leur effet au bout d'autant de temps qu'il leur en faut pour naître, c'est-à-dire qu'ils en passent dans le ventre de leur mère. >
Mais, en définitive, il fallait toujours en revenir aux probabilités dontlebon sens est juge. «Admets des pronostics d'effet moyen et des laps de temps en harmonie avec les circonstances
i) ÂRTEMiD., lY, 1. — 2) Artehid., IV, 84.