‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 103 sur 152 · LIEUX ET SORTS ASTROLOGIQUES · texte numérisé non relu

LIEUX ET SORTS ASTROLOGIQUES

fut étudiée de plus près par un tout autre système que nous rencontrerons plus loin. Le cercle des douze lieux fut particulièrement consacré à l'analyse des biens et des maux, distribués en autant de classes qu'il y a de lieux.

Les astrologues s'accordaient assez mal dans cette répartition. Pour montrer jusqu'où allait l'écart des systèmes, il suffit de dire que Manilius place la mort là où Firmicus rencontre les noces, le mariage dans la case de l'activité professionnelle, et les maladies dans celle de la progéniture. En tout cas, la tâche de l'astrologue était d'apprécier l'influence des signes et surtout des planètes et de leurs domiciles sur chacun des douze lieux. Firmicus expose tout au long les décrets des planètes prises une à une, puis en conjonction avec une autre planète, dans chacune de ces stations, en tenant compte des influences exercées simultanément, suivant les aspectSj par les autres astres, et cela pour les horoscopes diurnes, d'une part, et nocturnes, de l'autre ^

A côté de ce système, s'en établit un autre, tout à fait analogue, mais qui prenait un point de départ différent. On lui trouvait sans doute l'avantage d'introduire une différence plus marquée entre les horoscopes diurnes et les horoscopes nocturnes. C'est le système des sœ^ts (obXa) que Manilius expose et que Firmicus applique sans nous édifier autrement sur le rapport qu'il pouvait avoir avec le précédent*.

Les sorts, au nombre de douze comme les lieux, et pourvus d'attributions analogues, se comptent à partir d'un point qu'on appelle le « lieu de la Fortune', » espèce d'horoscope artificiel qui n'est plus donné par l'observation directe, mais qu'il faut déterminer par le calcul.

1) FiHMic, ni, 3-14. — 3) Voy. le tableau des XII Sorls^ dans Manilius (III, 96-139.) Cf. FiRMic, IV, 10. — 2) C*est surtout de celte Forlune-Ià que la foi astrologique disait, par la bouche do Juvénal : « Si Foriuna volet, fies de rhclore consul. » (Juyen. Sat.y VII, 197.)

242 DIVINATION INDUCTIVB

A cet .eflfet, si l'horoscope est diurne, on prend en degrés la distance qui sépare le Soleil de la Lune, en suivant Tordre des signes. Cette distance est précisément celle qu'il faut compter à partir de l'horoscope, dans le même sens, pour trouver le lieu de la Fortune. Si l'horoscope est nocturne, il faut renverser le calcul, c'est-à-dire prendre la distance de la lune au soleil en suivant l'ordre des signes ou, ce qui revient au même, la distance du soleil à la lune en rétrogradant, et compter cette distance à partir de l'horoscope, dans le sens direct, suivant les uns, dans le sens rétrograde, suivant les autres ^ Le sort de la, Fortune une fois pointé sur le cercle, les onze autres sorts ser succèdent, échelonnés par divisions régulières, absolument comme les lieux.

On alla plus loin. L'ordonnance des lieux, comme celle des sorts, est trop régulière, et on trouvait qu'elle n'utilisait pas assez les caractères spéciaux des planètes, qu'on y avait pourtant domiciliées. Si réellement Saturne représentait la paternité, la Lune, la maternité, Mercure et Vénus la qualité de fils, Mars celle de mari, et Vénus celle d'épouse, on avait peut-être mieux à faire que d'écrire une fois pour toutes sur chaque case les indications de« mariage, »« parents,» « progéniture. » On pouvait se servir, pour prévoir ces graves incidents de la vie et déterminer la position respective des lieux ou des sorts, des rapports de position constatés entre les planètes au moment de la naissance.

1) Firmicus (IV. 10) dit que la théorie ordinaire compte toajoars les degrés à partir de l'horoscope dans le sens direct, mais que les habiles les comptent dans le sens rétrograde [ad destram horoscopi) pour les horoscopes nocturnes. Le calcul exposé ci-dessus n*est pas la seule manière de déterminer la position de Thoroscope artificiel. Ânnubion {Praçm, éd. Koechlj), qui appelle celui-ci de son vrai nom (S)pti ^ov<5{io(), le trouve de la manière suivante. Pour les naissances diurnes, chercher l'astre propriétaire de la maison où se trouve le Soleil : compter la distance de cet astre à la Lxme en suivant Tordre des signes; transporter cette valeur angulaire, avec le Soleil pour point de dépari : Thoroscope sera le point d'arrivée. Pour les naissances nocturnes, remplacer le Soleil par la Lune.

Page 1