‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 104 sur 152 · DÉTERMINATIONS ARBITRAIRES · texte numérisé non relu

DÉTERMINATIONS ARBITRAIRES

Aussi FirmicuSy tout en exposant, à Tusage des commençantSy la théorie vulgaire des lieux, déclare«-t-il ailleurs que ce système grossier n'a aucune valeur et qu'il va apprendre la vraie manière de trouver les régions fatidiques*. On se sert pour cela de la méthode employée pour trouver le sort de la Fortune.

Supposons que, pour un horoscope diurne, on veuille trouver le lieu de la paternité : on prend la distance du soleil à Saturne, et on compte un nombre égal de degrés à partir de rhoroscope. Pour une naissance nocturne, on prendrait la distance complémentaire, de Saturne au soleil. Des calculs analogues donnent les autres positions, et on examine alors quelles sont les planètes qui se trouvent dans les divisions obtenues.

Ces belles inventions venaient du « divin Abraham et du très-prudent Achille*» et ont exercé la patience de leurs disciples. Plus étrange encore était la recelte imaginée, dit-on, par les Babyloniens •, pour expliquer tout ce qui restait d'inexplicable dans un thème horoscopique. A les entendre, pour bien connaître l'influence d'un astre dans une position donnée, il fallait se reporter à son « douzième (ôtoSsxanjivopCov) » que l'on trouvait comme il suit. Supposons la planète en question dans le Bélier, à 5° 5', dans le signe : on multiplie 5* 5', par 12, et on obtient 61% que l'on compte sur le cercle à partir de 0* du Bélier. On arrive ainsi à V des Gémeaux, où l'on trouve installée l'influence lunaire. Cette méthode, dont ceux-mêmes qui l'exposent' ne se faisaient pas une idée bien nette*, bouleverse tout le thème de la géniture; mais, précisément pour cette raison, elle est d'un grand secours à l'occasion. Elle s'appliquait également bien aux lieux et aux sorts.

i) FiaMic, VI, 32; IV, iO. — 2) Fiemic, IV, 10. — 3) Fmmic, III. iH. — 4) Voy., sar les suppatations dodécatémoriqaej, Manil., Il, 707-722; FlRMIC, II, 15.

Firmicus recommande, au cas où les sorts se montreraient malheureux, de chercher avec soin le douzième de la Fortune, de peur de passer à côté de la vérité |.

Après tant de fastidieux calculs, les astrologues pouvaient espérer tenir tous les renseignements imaginables. Cependant ils ne pouvaient encore répondre à la plus intéressante des questions qui leur étaient posées. Pour trouver, dans le thème horoscopique, la durée de la vie promise par les astres, il fallait s^adresser à la planète « maîtresse de la géniture, > « maîtresse de la maison {ohooi9^,6vr^i) », à celle qui était censée « donner la vie*. » Quelle était-elle? Les uns désignaient la planète qui, au moment de la naissance, se trouvait à la fois dans sa maison et sur un centre; les autres, la planète chez laquelle se trouvait le Soleil, si la naissance est diurne, la Lune, si l'horoscope est nocturne; d'autres tenaient absolument pour celle qui hébergeait la lune; enfin, Topinion à laquelle se range Firmicus, auteur d'un ouvrage spécial sur la matière % accordait ce privilège à la planète chez laquelle la lune se préparait à entrer en sortant du domicile qu'elle occupait. Le Soleil et la Lune, « maîtres du tout, » dédaignent ces souverainetés particulières; ce qui n'empêche pas Firmicus de les inscrire ailleurs à leur rang dans le tableau des dispensateurs de la vie (?ioxp(£Top£ç)*.

Selon que le « maître de ïa géniture » est bien ou mal, ou médiocrement bien disposé, il accorde une vie longue, ou courte, ou moyenne. Les astrologues savaient, par ans, mois, jours et heures, jusqu'où allait la libéralité de chaque planète*. Le soleil pouvait donner jusqu'à cent vingt ans; la lune, cent huit; Vénus, quatre-vingt-deux; Jupiter, soixante-dix-

I) FiRMic, IV, 10. — 2) FiRMic, II, 28; IV, 12. — 3) Cet ouvrage est perda. Cf. Paullus d'Alexandrie, ::6p\ oîxoÔ£a;:oT(aç. (Voy. Roelle, Arch. des miss, scientif., 187o, p. 556 sqq.) — 4) Firmic, 11, 28. — 5) Fjrmic. Ibid. Cf. Serv. £n.y IV, 653.

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