DISPENSATION DE LA VIE ET DU TEMPS
neuf; Mercure, soixante-seize; Mars, soixante-six, et Saturne cinquante-sept.
Ce n'est pas tout; la durée de la vie, une fois fixée, était divisée en périodes de dix ans et neuf mois, dans laquelle chaque planète avait une part de domination assignée par les deux « maîtres du temps (xpovoxpdbopsç) » le Soleil et la Lune; le soleil ouvrant la marche pour les horoscopes diurnes, la lune pour les nocturnes*. L'année était divisée d'une manière analogue, mais qui ne s'accordait en aucune façon avec la répartition précédente*; la semaine était un abrégé du système planétaire; le jour était surveillé de même, à raison d'une planète par quart; bref, l'astrologie n'avait pas laissé dans la \1e une minute qui ne portât le poids des influences sidérales ^
Il est inutile d'ajouter à ce résumé succinct de la science astrologique l'étude des cas extraordinaires, par exemple, des éclipses, oïl un bon astrologue savait trouver le genre, le caractère bon ou mauvais, le lieu d'élection, la date initiale et la durée des événements annoncés par les défaillances des flambeaux célestes \
I) FiRNic, II, 29; VI, 33-40. — 2) Finmc, II, 31. — 3) De \h celte recherche minutieuse des saisons, mois, jours et heures favorables ou défavorables pour certaines actions déterminées, et ces traités spéciaux 7:tp\ xatapxoiv {De aclionum auspiciis) dont nous possédons des fragments attribués à Maxime, à Ammon,à Dorothée de Sidon. Cf. Mâneth. Apoielesm,^\{ (UI, éd. Kœchlj). Teucer de Babylone avait dressé un catalogue d*opportanités d'après les décam, (Psellus, ap. Westermann, Paradoxogr, p. 147.) On donnait à ces manuels, pour plus de commodité, la forme d'éphémârides^ comme celles de Pétosiris qui, au dire de Jn vénal, étaient l'oracle des bonnes maisons. (Jcv. Sat. VI, 374-581.) Cf. Aug. Civ. Dei, V, 7. — 4) Voy. Ptolem., II, 5-9. Anecdof^ asirol., éd. Ludwich, «ep\ tGv Iv tatç lxX«(<j»£ai <jr,(xs(«Dv (p. 122-125) lo. Lyd. OstenLy 10. — L'étude des éclipses fait parlie de la tératoscopie astrologique.
246 DI-VINATION INDUCTIVE
VII — DIFFUSION ET DISCUSSION DES DOCTRINES ASTROLOGIQUES EN OCaDENT.
Allures scientifiques de Tastrologie. — > L'astrologie accueillie par les écoles philosophiques, particulièrement par les stoïciens. — Modifications apportées aux théories astrologiques. — L'horoscope de la conception . — Objections tirées des difficultés d'observation. — Le fatalisme astrologique. — Vogue croissante de l'astrologie. — Invasion des procédés astrologiques dans toutes les branches de la divination. — L^astrologie attaquée par le christianisme. — Dangers politiques de l'astrologie.
On sort avec une espèce d'effroi de ce chaos où s'est débattue si longtemps l'intelligence humaine dévoyée. Que de chimères, que de rêveries bizarres, que de raisonnements étranges échafaudés sur des principes qui, exprimés sous une forme générale, ne paraissaient pas devoir engendrer tant d'absurdités! C'est l'âpre désir de connsdtre le mystère des choses, stimulé par la foi dans le procédé, qui a produit cette « longue maladie» de l'esprit humain. On se tromperait singulièrement en pensant que les astrologues n'ont raffiné ainsi et surchargé leurs méthodes que pour rendre leur science inabordable et échapper à tout contrôle. Ils avaient foi en cette science, sinon en eux-mêmes, et, chaque fois qu'ils étaient déçus par les événements ou qu'ils méditaient sur le thème d'une existence déjà écoulée, ils s'ingéniaient à découvrir le rapport vrai qui leur échappait. Convaincus que le problème comportait une solution exacte, ils cherchaient à tâtons, par voie empirique, la méthode qui pouvait y conduire et se hâtaient de déclarer certifiées par l'expérience les combinaisons qu'ils inventaient ainsi. Le fait est qu'ils abordaient des problèmes dont l'énoncé est conforme aux lois de la raison, mais dont le moindre écraserait sous son poids l'appareil puissant des mathématiques modernes. Qu'on ré-