RÉPARTITION DES INFLUENCES ZODIACALES
II suffit de parcourir les amples portraits tracés par la psychologie astrologique pour voir que cette influence reste â peu près identique au caractère connu des êtres emblématiques qui garnissent le Zodiaque*. Le Bélier, par exemple, mettra son empreinte sur les gens inconstants, à la fois colères et timides, et les destinera au commerce de la laine ; le Taureau produira des laboureurs taciturnes et robustes; le Lion, des chasseurs intrépides et impétueux ; la Balance, des jurisconsultes minutieux; le Verseau, des hydrauliciens, et les Poissons, des navigateurs. On peut ainsi passer en revue toutes les aptitudes, passions, conformations, enfin toutes les qualités physiques et morales, et les répartir entre les signes d'oît elles découlent ensuite par rayonnement sur la terre.
L'astrologie appliquée à la médecine imagina de répartir les infiuences zodiacales sur les diverses régions du corps, dont chacune fut ainsi gouvernée par un signe. La distribulion se fit en commençant parla tête, correspondant au signe du Bélier, jusqu'aux pieds, attribués aux Poissons*. Cette « mélothésie » servit à régler le traitement dans les cures astrologiques.
Le même système appliqué à la géographie ethnologique permettait de tracer sur la surface de la terre l'empire de chaque signe et d'indiquer aux divers peuples leurs divinités protectrices'. Rien de plus arbitraire et de plus variable que ces délimitations motivées par des rapprochements empruntés soit à l'histoire, soit à la mythologie ou même à la physiologie. Aussi, chaque astrologue a son système : l'un place l'Egypte sous le Taureau, parce que l'agriculture y est florissante*, l'autre sous le Verseau^ parce que le Nil y déborde
i) Voy., comme spécimen, les portraits Jonnôs par Hippolyte (Réf. hsr.y IV, 3) et, c!-dessoas, chapitre viii. — 2) Manil., If, 443 sqq. Sex. Empiric. /6id., 21-22. FiRMic, H, 27. — 3) Manil , IV, 581-800. DoRoxn. Fragm., éd. Kœchly. Anecd, astrol., éd. Ludwicîi, lo. Lyous, (?5(e;W., 71. — 4)Doroth.
tous les ans^ Un autre la partage entre les Gémeaux et la Balance*. Celui-ci veut que Babylone appartienne au Bélier, parce qu'elle est, dans l'ordre chronologique, la première dos villes comme il est le premier des signes'; celui-là l'adjuge aux Poissons, parce que Mylitta y est adorée sous cette forme *; un troisième à la Vierge, identifiée avec Mylitta ou Atargatis '. Un point seul est hors de doute pour les astrologues grécoromains^ c'est que Rome gouverne le monde et que, par conséquent, l'Italie revient de droit à la Balance •. On mit de même les signes en rapport avec les animaux, les végétaux, les minéraux, les vents, les maladies, les couleurs, les saveurs, de sorte que le Zodiaque posa partout son empreinte.
Il n'a été question jusqu'ici que de l'influence propre à chaque signe ; mais, comme nous l'avons dit, cette influence est modifiée par celle des autres signes. Tous les figurants du Zodiaque s'aiment ou se haïssent, s'entr'aident ou se contrarient, suivant des affinités ou des antipathies que le langage mythique attribue à leur tempérament, mais qui songouvernées par les règles infiexibles de la géométrie.
Tous ces signes, qui se regardent et dont les rayons se croit senten tous sens dans Tintérieur du cercle zodiacal, ne peuvent s'associer que suivant certains aspects. Il faut que les lignes qui les joignent constituent un polygone régulier inscrit au
{) Manil., IV, 791. — 2) lo. Lydus. Ihid, - 3) Doroth. Md. — 4)Manil., IV, 577-580, 793. — 5) lo. Lyd. Ihid, — 6) Manfl., IV, 770 sqq. Encore trouvet-on une hi^résie astrologiqae qui Taljuge au Lion (lo. Lyd, Ibid.). Voy. les divergences incroyables des divers systèmes de chorographie astrologique dans le chapitre des Anecdota astrol. de Ludwich, intitulé : At yiJâçM ouvotxeiov- \U^^M Totç t6'C(i)S(o(( (p. Il 2 sqq.) Les éclectiques, pour tout concilier, fractionnaient les signes et les ré irions terrestres en parties diverses dins leurs attributions. Ces idées ont laissé leur trace sur des monuments officiels. Les nioonaiei syriennes du temps d'Auguste portent le signe du Gipricorne : le Se irpi<»n et le Capricorne apparaissent sur les monnaies de la Coro^gène ; le Sagittaire sur celles de Rhesa et de Singara; la Balance tnr celles de Palmyre,qui aspiraitàétre une Rome nouvelle. (EcKifBL,iVum.i4nlïocA., p. 13-23; Doctr, num., lîl, p, 283.)