II. — MORPHOSCOPIE
L'extispicine a été classée en Grèce parmi les méthodes dignes de l'attention publique. Elle a été pendant des siècles l'oracle ambulant des armées en marche et a joué par là un rôle considérable dans l'histoire. 11 n'en est pas de même de cette divination à la fois raffinée et vulgaire qui, détournant un principe vrai de son application scientifique, prétendait
1) Toly.o. Slrataj., IV, 20. - 2) HfPPOLYT. Réf. hzr., IV, i, 13. — 3) Voy., ci-dessous, Onioplatoscopiei et, plus haut, p. 143, la combinaison de la vertu dus entrailles immolées avec l'instinct des oiseaux.
PRINCIPES DE LA MORPHO SCOPIE 175
lire la destinée de l'homme dans les traits de son visage (fisTtoîtoOTojtEa), dans les lignes de sa main (xsipoaxoîiia), dans les taches naturelles de la peau (pala xou a&pxmç), ou des ongles (ovu/oaavT£{a),ou dans la forme générale de son corps ([iop<po<jxorfa) et l'ensemble de son tempérament (puaioYvwp.ovfa)1.
La physiognomonie scientifique avait préoccupé Antisthène, Aristote, Polémon et le médecin Adamantios, mais les méthodes divinatoires dont il est ici question n'en sont que la dégénérescence. Elles reposaient sur la localisation des influences astrales dans certaines régions du corps. La main, en particulier, était comme une carte, gravée par la nature, sur laquelle étaient classées les forces mystérieuses qui mènent la destinée. Aussi vaut-il mieux différer l'examen de ces questions jusqu'au moment où l'astrologie nous aura indiqué le genre de solution qu'elles comportaient-.
Ces superstitions qui combinaient, en les défigurant l'une par l'autre, l'anatomie conjecturale et l'astrologie, ne pénétrèrent nulle part dans la divination publique et avouée. Artémidore, l'onirocritique, traite les «physiognomiques, morphoscopes et chiroscopes3 » avec le plus grand dédain, les confondant dans la foule des charlatans qui ne méritent aucune créance, tandis qu'il signale comme véridique la divination par les oiseaux, les astres, les prodiges, les songes et le foie des animaux.
i) MélHmpus l'hiérogrammate a éciit, sur les nxvl, un traité spécial, Voy., J. G. Franz. Scriptores physiognomonix vetercs. Altcnb., 1780, p. o01-o08. Socra'e continue le diagnostic d'un physionomiste sur sa personne. (Cic. De f'ato, ;'i). — 2) Voy., ci- dessous, le chapitre vin du premier livre.— 3) Artemid» Onirocrit., Il, 6U.