‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 93 sur 157 · II. — INFLUENCE SPECIFIQUE DES SIGNES DU ZODIAQUE · texte numérisé non relu

II. — INFLUENCE SPECIFIQUE DES SIGNES DU ZODIAQUE

Le zodiaque égyptien transporté en Grèce et accommodé à la mythologie hellénique. — Des signes considérés isolément : Symbolisme des signes. — Influence astrologique attachée aux( caractères des symboles. — Classification des signes d'après leurs caractères divers. — Répartition des influences zodiacales sur les règnes de la nature et les régions terrestres. — Associations formées par les signes : Influences concourantes ou adverses. — Théorie des aspects : aspect trigone, quadrat, sextil : opposition, conjonction. — Associations par lignes parallèles. — Rapports des aspects entre eux : affinités et antipathies : la discorde céleste. — Subdivisions du cercle zodiacal : Subdivision duodécimale de chaque signe. — Division du cercle en 360° : la « sphère barbare. » — JMyriogénèse ou localisation irrégulière d'influences diverses surajoutées les unes aux autres dans chaque degré du cercle. — Système des déeans. — Fixité et immobilité relatives des influences zodiacales.

On peut dire, d'une manière générale, que, si les influences planétaires ont été particulièrement étudiées par les Chaldéens, celles des étoiles fixes ont été, de la part des Egyptiens, l'objet d'une attention spéciale.

Les constellations placées sur la route que parcourt le soleil dans sa révolution annuelle apparente ont été d'abord distinguées des autres groupes d'étoiles et réparties, avec une régularité tout artificielle, en douze étapes d'égale étendue, correspondant chacune a un mois de l'année. Ces constellations reçurent des noms symboliques, empruntés pour la plupart à des espèces animales, et ainsi fut constitué le Zodiaque (ZwStazbî -/.r-do?) ou « cercle des animaux1. » Le zodiaque grec, modelé sur celui des Égyptiens, comprenait douze signes échelonnés dans Tordre suivant, en partant de l'équinoxe du printemps2 : le Bélier (/.pîo; «p); le Taureau

1) Voy., OEttingeb, art. Zodiacus, dans la Realcncyklopxdic de Pauly. — 2) 11 est possible que ie Zodiaque, en passant d'Egypte en Grèce, ait subi un déplacement de 180°; le signe du Bélier {Faofi) aurait correspondu en Egypte à l'équinoxe d'aut"ni'-.e.{R\iGE. Dcscr. de l'Égypte^l,;]). 391 sqq.)

(V taupoç) ; les Gémeaux (sfôipat $£); le CVflfe ou Cancer (xapxtvoî ©); le Z*o» (Xiuv Q,); la Vierge (r.^Hw, tijg) ; le Scorpion dont le corps remplissait deux signes, d'abord, les Serrée (-/r^af) — remplacées définitivement par la Balance (Çu^ç.t&f)1; — le Scorpion proprement dit (oxopjsfoç ni); ensuite le Centaure ou Sagittaire (toÇ6t»jç »->); le Capricorne {A-faxw* %); le Ferseaw (Gopo/ôo; sss)-et les Poissons (î-/3js; 3f ).

Ces noms ont été expliqués de diverses manières, par des associations d'idées rappelant les soit phénomènes atmosphériques, soit les manifestations de la vie végétale et animale, soit les exigences de l'agriculture aux époques qui coïncident avec l'entrée du soleil dans chacun de ces signes. Ce qu'il nous importe de constater, c'est que le symbolisme zodiacal est le fondement sur lequel reposent les inductions de l'astrologie stellaire, de sorte qu'en remaniant les figures du Zodiaque on eût modifié toute la série des présages qui en découlent.

Les Grecs s'approprièrent le Zodiaque et lui donnèrent un caractère national en l'accommodant à leur mythologie5. Le Bélier fut pour eux celui qui fournit la Toison d'or, ou encore la figure cornue de Zeus Ammon; le Taureau, Zeus amant d'Europe; les Gémeaux représentèrent les Dioscures; le Crabe, celui qui mordit Hercule combattant l'hydre de Lerne;le Lion, le fameux fauve de Némée; la Vierge, la malheureuse Erigone; le Scorpion, l'animal qui tua d'une piqûre le géant Orion ; le Sagittaire fut un centaure; le Capricorne, un égipan; le Verseau correspondait pour les uns a l'échanson

1) La Balance, qui existait dans le Zodiaque égyptien (Fai'mouthi), fut parfois substituée uiu Chelae, à partir du premier siècle avant notre ère, et définitivement maintenue par les Romains a cette place où le clianlredfs Géorgiques proposait rie placer Auguste. 11 est possible, tomme le dit Servius (Georg., I, 33) que c système d>î onze symboles pour douze signes suit d'origine chaldéenne. — 2) Les Alexandrins créèrent toute une littérature de KaTaai£oi7p.o( ou bistoircs mythologiques des constellations, sur le modèle de VÉrigone d'Eratosthène.

LE ZODIAQUE HELLENISE 215

Ganymède, pour les autres à Deucalion, survivant du déluge, ou à Cécrops. Les Poissons n'ayant guère de prototype dans la mythologie grecque, on les emprunta aux cultes sémitiques et on les dit venus de l'Euphrate". Les Grecs tentèrent même d'associer plus intimement encore le zodiaque à leur religion en y introduisant leurs douze grands dieux2.

La moindre modification introduite dans ce premier thème avait des conséquences graves au point de vue du pronostic. Ainsi, les Grecs, en supprimant la Balance, remplacée parles pinces du Scorpion, en faisant du cheval égyptien un Centaure armé, d'une matrone féconde une Vierge, et d'un couple amoureux l'association fraternelle de deux Jumeaux, se mirent dans l'obligation de retoucher sur bien des points le système d'interprétation imaginé avant eux. Les qualités des signes, — par conséquent, celles qu'ils tendent à produire sous leur influence, — sont en effet déduites, par une analyse minutieuse, du caractère et de la forme des images symboliques qui les représentent.

Ainsi, les signes du Zodiaque sont :

1° Au point de vue de leur forme et de leur nature3 :

a. humains (S nH — ~)' ou animaux (les huit autres).

b. animaux terrestres (« V *l %), aquatiques, (5 1), amphibies (% [sss]).

c. féconds, (S "l I) stériles, (uj2 £1 sss) et communs (fVf

d. entiers ou mutilés, comme le Scorpion, qui a ses pinces dans un autre signe; le Taureau, à qui manque la partie pos-

1) Les variantes sont nombreuses; chaque mythographe découvrait aisément dans l'amas des légendes poétiques quelque rapport négligé par ses devanciers. — 2) Voy. les répartitions faites d'après des systèmes divergenls dans Manilius (II, 423, 437), et dans le Kal. Rusticum des insrriptions (I. R. N. 6746 ; C. I. L. VI, 230o-2306.) — 3) Manjl., II, 256-260. - 4) La Balance est un signe humain, car la figure complète est un homme tenant la balance équinoxiale dans laquelle le jour et la nuit se font équilibre,

térieure du corps; le Crabe ou Cancer, qui est aveugle, et le Sagittaire qui, vu de profil, n'a qu'un œil1 :

e. simples ou unicorporels (9 V 5» Si in> •£* nl as), doubles conjoints (#), doubles disjoints ou bicorporels (ï), composés

2° Au point de vue de leur attitude, les signes sont :

a. debout ($£ in> s»), <m/s (V ^ £), couches (S nl X), marc/^«w^ ou courant (V o£ a-).

b. la face tournée dans le sens du mouvement diurne («o») ou dans le sens opposé (v).

3° Au point de vue de leur position géométrique sur le cercle :

a. masculins ou féminins; les sexes étant disposés de manière à alterner de signe en signe, a partir de «r» qui est le premier signe masculin* .

b. diurnes ou nocturnes. Certains astrologues ramenaient cette division à la précédente, en considérant les signes masculinscomme diurnes, les féminins comme nocturnes. D'autres adoptaient une répartition tout à fait irrégulière, désignant comme diurnes V 5> Si "L ** Y. qui, pris deux à deux, soutendent dans le cercle le côté du carré*.

c. tropiques ou placés à l'entrée de chaque saison (ty Çs> *^ /Ç>) et doubles [X^Ï^S.9*), c'est-à-dire précédant immédiatement les tropiques et participant de deux saisons à la fois. Les autres sont dits solides (orspaa)8.

L'influence astrologique de chaque signe est le résultat de toutes ces qualités que l'analyse pouvait multipliera l'infini \

1) Manil , II, 256-260.— 2) Manil., Il, 1. Fmuic.TI, 12. Voy. les variante-, ap. Manil., Il, 174. Sex. Empiric. Adv. astrol.,\, 10. — 3) Manil. Ibid. Ptolem., I, 13. Sex. Empir. Ibid., 9. Firmjc, II, 1. Io. Lydus, Ostcnt.,23- 26. — 4) Manil., II, 200 sqq. — 5) Manil., Il, I7i sqq; III, <»13 sqq. Ptolem., I, 12. Sex. Empiric. Ibid., 11. — G) On trouve, dans les Anecdola aslrologica de Ludwich (p. 105- H0) j une liste de cent treize qualificatifs applicables aux signes du Zodiaque,

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