‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 94 sur 157 · REPARTITION DES INFLUENCES ZODIACALES · texte numérisé non relu

REPARTITION DES INFLUENCES ZODIACALES

Il suffit de parcourir les amples portraits tracés, par la psychologie astrologique pour voir que cette influence reste à peu près identique au caractère connu des êtres emblématiques qui garnissent le Zodiaque*. Le Bélier, par exemple, mettra son empreinte sur les gens inconstants, à la fois colères et timides, et les destinera au commerce de la laine ; le Taureau produira des laboureurs taciturnes et robustes; le Lion, des chasseurs intrépides et impétueux ; la Balance, des jurisconsultes minutieux ; le Verseau, des hydrauliciens, et les Poissons, des navigateurs. On peut ainsi passer en revue toutes les aptitudes, passions, conformations, enfin toutes les qualités physiques et morales, et les répartir entre les signes d'où elles découlent ensuite par rayonnement sur la terre.

L'astrologie appliquée à la médecine imagina de répartir les influences zodiacales sur les diverses régions du corps, dont chacune fut ainsi gouvernée par un signe. La distribution se fit en commençant par la tôte, correspondant au signe du Bélier, jusqu'aux pieds, attribués aux Poissons-. Cette « mélothésie » servit à régler le traitement dans les cures astrologiques.

Le même système appliqué a la géographie ethnologique permettait de tracer sur la surface de la terre l'empire de chaque signe et d'indiquer aux divers peuples leurs divinités protectrices3. Rien de plus arbitraire et de plus variable que ces délimitations motivées par des rapprochements empruntés soit à l'histoire, soit a la mythologie ou même à la physiologie. Aussi, chaque astrologue a son système : l'un place l'Egypte sous le Taureau, parce que l'agriculture y est florissante4, l'autre sous le Verseau, parce que le Nil y déborde

i) Voy., comme spécimen, les portraits donnés par Hippolyte (Réf. hier., IV, 3) et, ci-dessous, chapitre vnr. — 2) Manil., Il, 443 sqq. Siîx. Empiïuc. Jbid., 21-22. Firmic, II, 27. — 3) Manil . IV, o8i-800. Douoth. Fragm., éd. Ku'cbly, Anccd, astral, éd. Ludvrich. lo, Lydos, Ostent., 71. — 4) Doroth. Jbid.

tous les ans1. Un autre la partage entre les Gémeaux et laBalance2. Celui-ci veut que Babylone appartienne au Bélier, parce qu'elle est, dans Tordre chronologique, la première des villes comme il est le premier des signes3; celui-là l'adjuge aux Poissons, parce que Mylitta y est adorée sous cette forme '*; un troisième à la Vierge', identifiée avec Mylitta ou Atargatis \ Un point seul est hors de doute pour les astrologues grécoromains, c'est que Rome gouverne le monde et que, par conséquent, l'Italie revient de droit à la Balance8. On mit de même les signes en rapport avec les animaux, les végétaux, les minéraux, les vents, les maladies, les couleurs, les saveurs, de sorte que le Zodiaque posa partout son empreinte.

Il n'a été question jusqu'ici que dé l'influence propre à chaque signe; mais, comme nous l'avons dit, cette influence est modifiée par celle des autres signes. Tous les figurants du Zodiaque s'aiment ou se haïssent, s'entr'aident ou se contrarient, suivant des affinités ou des antipathies que le langage mythique attribue à leur tempérament, mais qui songouvernées par les règles inflexibles de la géométrie.

Tous ces signes, qui se regardent et dont les rayons se croit senten tous sens dans l'intérieur du cercle zodiacal, ne peuvent s'associer que suivant certains aspects. Il faut que les lignes qui les joignent constituent un polygone régulier inscrit au

\) Manil., IV, 791. — 2) Io. Lydds. Ibid. — 3) Doroth. Jbid. — 4) Manil., IV, "i77-o80, 793. — 5) Io. Lyd. Ibid. — G) Manil., IV, 770 sqq. Encore trouvet-on une hérésie astrologique qui l'aijuge au Lion (Io. Lyd. Ibid.). Voy. les divergences incroyables des divers systèmes de chorographie astrologique dans le chapitre des Anecdoia astrol. de Ludwich, intitulé : Ai -/Cipai auvor/.siou- (ilvai toTç t6'Çd)8(otç (p. i 12 sqq.) Les éclectiques, pour tout concilier, fractionnaient les signes et les régions terrestres en parties diverses dins leurs attributions. Ces idées ont laissé leur trace sur des monuments officiels. Les monnaies syriennes du temps d'Auguste portent le signe du Cqtrkorne : le Se >rpi m et le Capricorne apparaissent sur les monnaies de la Comigéne; le Sagittaire sur celles de Rhesa et de Singara; la Balance .sur celles de Palmyre,qui aspirait à être une Home nouvelle. {EcKUEL,Num.AntiQCh.f p. 13-25; Doclr, num , 111, p. 283.)

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