‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 95 sur 157 · THÉORIE DES ASPECTS · texte numérisé non relu

THÉORIE DES ASPECTS

cercle, et l'aspect est qualifié, suivant le nombre de côtés du polygone, d'aspect trigone, quadrat ou seoctil, auxquels il faut ajouter l'opposition, ou aspect diamétral, et la conjonction.

La règle générale, — abstraction faite de l'aspect diamétral qui emporte l'idée d'antagonisme, — est que les aspects sont d'autant plus favorables qu'ils sont moins obliques, autrement dit, que l'angle intérieur du polygone engendré est moins ouvert.

En conséquence, l'aspect trigone est le plus favorable de tous, celui dans lequel les influences concourent le plus harmoniquement à un but commun1. Un autre motif de la supériorité du trigone est que les trois signes qu'il réunit sont toujours de même sexe ; cependant, l'union des signes groupés par l'aspect trigone n'est pas toujours parfaite. Dans le trigone igné, auquel préside le Bélier, ce signe débonnaire est souvent trahi parles deux autres, le Lion et le Sagittaire ; le trigone terrestre du Taureau n'est guère plus uni, et bien des perfidies troublent aussi l'harmonie du quatrième groupe, le trigone aquatique du Cancer. L'amitié indissoluble ne se rencontre que dans le troisième trigone, dit aérien ou humain, auquel président les Gémeaux 2. Chacun des quatre trigones prend le sexe et les autres caractères distinctifs.du signe qui en occupe le sommet.

L'aspect quadrat forme des associations peu sympathiques, car non-seulement il est plus oblique que le trigone, mais il groupe nécessairement les deux sexes alternés, avec cette circonstance aggravants que les signes du même sexe, c'està-dire faits pour s'aider, sont vis-à-vis l'un de l'autre en opposition diamétrale. Cependant le tétragone balance cet inconvénient en développant et encourageant d'autres affinités

1)Manil., II, C6o sqq. Fjrmic, II, ! I . — 2) Manil., II, COI sqq. Firmic. Jbid. Trigone igné, 9 C ** ; terrestre, H 15 ^ ; humain, 2 — » ; aquatique, O "t X.

naturelles. Ainsi, il réunit par groupe les signes tropiques, les signes simples et les signes doubles ' .

L'aspect sextil est le plus oblique de tous, car les astrologues n'allaient pas jusqu'au dodécagone qui eût associé les signes contigus. Aussi l'association par l'hexagone constituait des groupes fort peu homogènes, dont les membres étaient plutôt antagonistes que sympathiques2.

L'hexagone, considéré généralement comme un trigone affaibli3, avait pourtant sur le carré l'avantage de ne réunir que des signes de même sexe.

A côté du groupement polygonal par aspects, s'en rencontre un autre tout différent qui, sinon dans son principe, au moins dans l'application, paraît avoir été spécial à l'astrologie grecque1. C'est le système des antiscia ou correspondance établie entre les signes au moyen de lignes parallèles aux deux diamètres, perpendiculaires l'un à l'autre, qui joignent entre eux les points équinoxiaux et les points solstitiaux. Chaque ligne unissait ainsi deux signes. On disait que deux signes réunis par une ligne parallèle au diamètre équinoxial se voyaient ou s'éclairaient, et qu'ils s'entendaient dans la direction perpendiculaire; la direction de l'oreille faisant un angle droit avec celle des yeux. Il arrivait ainsi que les signes tropiques n'avaient qu'un sens. Le Bélier et la Balance voyaient sans entendre, le Cancer et le Capricorne entendaient sans voir:i.

Pour se faire une idée des ressources déjà acquises, il faut considérer, non plus seulement chaque signe, mais chaque groupe, quel qu'il soit, comme un être concret qui a ses

\) Manil., H, G39 sqq. Tétragone de signes tropiques, 9 S — £, simples, y £ ia -:■., doubles, S v$ ** X. — 2) Premier groupe, 9 & Q. ** »» «* ; deuxième, tf c nj> «i * X. — 3) Firmic, VI, 23. — 4) Voy. le système tout différent d'audition et de vision chez les Égyptiens dans Firmicus, qui dit avoir reproduit le tableau d'Abraham. (Fmmic, VIII, '2.) — S) Manil., Il, 4G7 sqq. Finxnc, II, 32.

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