‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 101 sur 163 · ADMISSION DES NOUVEAUX MEMBRES · texte numérisé non relu

ADMISSION DES NOUVEAUX MEMBRES

Le banquet donné par le nouvel élu à ses collègues {cena atcguralis-^itialis) était le complément ordinaire de ces formalités ; mais ce serait confondre les coutumes avec les règlements que de le considérer lui-même comme une formalité indispensable ^ La sobriété n'y était pas de rigueur et le menu n'en avait pas été arrêté à l'avance par Numa, car on entend dire que le premier paon qui fut mangé à Rome figura au dîner donné par Hortensius lors de sa réception ^, et Cicéron sortit malade d'un festin semblable, oïl Thôte Lentulus avait cependant prétendu former ses convives à la frugalité ^.

Pour maintenir la science au niveau de Tappétit dans le docte cénacle et pour former les nouveaux augures au mar» niement des traditions, pour tenir les archives au courant et signer les procès-verbaux convertis en décrets^ il y avait, ou

(39-37), n*avaii été ni régulièrement coopté par le collège ni inauguré. Plu^ tarque se demande si celte inamovibilité n'a pas pour but d'empêcher les indiscrétions de quelque augure destitué, ou si elle tient à ce que l'augure est plutôt un jurisconsultd qu'un prêtre. Cette dernière raison a chance d'être la bonne. L'augure pouvait cependant être mis en non activité pour cause de maladie. Il était défendu d'assister & la prise des auspices avec un ulcère (iirefptjTo lorç fXxoç l/^ou<jiv ΣpEu<jiv l::'oîtov5)V xaOfî^eaOai. Plut., Quœst. Rom., 73). C'est une des raisons pour lesquelles Cicéron parle si souvent de la scrofule de son ennemi, l'augure Vatinius {denique etiam Vatinii strumam sacerdotiioi^dt^îù vestiant. Ad AU , II, 9. Cf. InVatin., 2. Pro Sest, 64). 1) On a considéré cô banquet comme partie intégrante des cérémonies d'investiture, sur la foi de Tintcrprétation donnée par Manuce à quelques allusions éparses dans les lettres de Cicéron {Ad Attic, XU, i3-18). Cicéron, tout au chagrin que lui cause la mort de sa fille, veut s'épargner l'ennui d'assister au banquet donné par un certain Âppuleius : mais il a besoin pour cela de trois témoins certifiant par serment que sa santé ne lui permet pas de se rendre à l'invitation. Il en trouve quatre pour lui rendre ce service, et il veut les en remercier par écrit (ibid,, Xll, 17). Manuce avait supposé, pour expliquer des démarches aussi solennelles, qu'il s'agit d'un banquet augurai, et il en avait conclu, par surcroît, que l'assistance à cette réunion était pour les membres du collège un devoir strict. Mais l'hypothèse est toute gratuite, et, en regardant de près le texte, on voit qu'il s'agit plutôt d'une réunion d'hommes d'affaires que d'un repas de corps. Cf. C. Bahdt, Die Priester d^.r viergrossen Collégien, p. 27. — 2) Varu., Re rust, III, 6. Plix., X,§ i;>. — 3) Cic, AiFam., VII, 26.

plutôt il devait y avoir chaque mois, le jour des Noms \ séance du collège dans le local qui lui était affecté, près de l'auguracle du Capitole *.

Les fonctions des augures, en tant que conseillers et assistants des magistrats, se trouvent suffisamment indiquées par tout ce qui a été dit des méthodes augurales et de la pratique des auspices. Ils devaient se rendre à l'invitation des magistrats, qui eussent été autorisés, sans aucun doute, en cas de refus de concours, à user à leur égard de leur droit de coercition et d'amende. Le Grand-Pontife ayant, 3or8 des inaugurations sacerdotales, la présidence et les auspices, avait les mêmes droits que les magistrats. L'augure Âpp. Claudius Pulcher, qui se piquait de connaître mieux que personne les règlements professionnels, apprit à ses dépens qu'il avait eu tort de méconnaître, dans un cas semblable, l'autorité du Grand-Pontife Q. Cœc.Métellus Plus. Le peuple, auquel il en appela, lui fit remise de l'amende infligée, mais lui enjoignit de se soumettre '•

Métellus n'agissait là que comme magistrat, et il n'en faudrait pas conduire que le chef de la religion ait eu sur les augures une autorité disciplinaire, fondée sur une sorte de droit canonique. Cependant, ce même Métellus paraît avoir empiété sur la compétence spéciale des augures en décidant, s'il faut en croire Plutarque, que Tonne pourrait «augurer»

i) Paul., p. 46,s. v. Arcani. Cf. Cic, Dirtn.,I,4L — 2; Les conférences pouvaient s'ouvrir par un sacrifice; mais cet acte do piété no saurait être V « arcane » mystérieux dont parlent les grammairiens {genus sacrt/lcu) quod in aree fit ah aiiguribus, adeo remotum a notitia vulgari ut ne litteris quidem mandetufi sed per memoriam successorum celebretur (Paul. p. 16. s. v. Arcani). Cet arcane doit êlre la cérémonie de Tinauguration de l'auguracle du Capitole, du temple où Tautorité prenait son caractère surnaturel (ci-dessus, p. 19*2}. Les Romains ont sans doute fait de ce rite, comme du véritable nom de leur ville, un secret d'État.— 3) Fest., p. 343, s. v. Satumo, Il s'agit de l'inauguration d'un certain Ser. Sulpicius. La restitution du texte par Ursinus est fort incertaine, et l'identité des personnages, ainsi que la date du fait, difficile à établir.

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