LES LIVRES SIBYLLINS AU CAPITOLE
bles, leur adjoignit deux esclaves publics, et leur confia la garde des livres * . »
Nous avons là, sauf variantes, la tradition accréditée à Rome et la somme d'explications qui suffisait à la curiosité fort discrète des Romains. Les livres d'origine surnaturelle ont toujours dans leur histoire un chapitre mystérieux, et la foi se défend ingénieusement contre la raison sur ce point, en faisant observer que le surnaturel et le mystère se présupposent réciproquement. La femme qui vient trouver Tarquin devait être, selon toute probabilité, la sibylle en personne. Quant aux livres, ils avaient été, dit-on, écrits d'abord sur des feuilles de palmier ^, un arbre qu'on ne trouve guère en Campanie : mais on n'en connaissait que des copies sur toiles de lin, confondues par les auteurs avec les autres libfH lintei '. Ils étaient rédigés en langue grecque * et en vers hexamètres'.
Cet oracle perpétuel fut installé dans le temple de Jupiter Capitolin*, où les duummri institués par Tarquin avaient seuls le droit de le consulter ^, Avec le temps, le recueil se grossit de prophéties diverses que le Sénat retirait de la circulation pour les soustraire à l'exégèse privée. C'est ainsi que les sentences fatidiques de la nymphe ou pseudo-sibylle étrusque Begoë ®, les carmina Marciana^ pastiches latins des
K) Dion., IV, 62. Le même récit avec variantes, dans Appian., fragm. (ap. Bekrer, Anecd. I, p. 180). Gell., I, 19. Serv., £n. VI, 7J. Varron mettait Tarquin Taneien à la place de T. le Superbe (Lactant. Instit. Divin, h 6, 10. Suidas., s. v. 'Hjjo^fXa. SfCuXXa. Lyd., Mens. IV, 34. Isid., Ongg. Vlll, 8, 5). On parle aussi de trois livres seulement, dont deux auraient été brûlés (SciDAS., ibid. Lyd, ,Ibid., Plin. XIII, § 88). Les chroniqueurs accoramodanls disent Tp(a ^ 2vv£a (Zonar., VIF, 11. Tzetz., ad Lycophr. 1278). •— 2) Serv., JEn. III, 444. — 3) Claudian., BelL Getic. 232. Symmach,, Epist. IV, 3i. — 4) On verra plus loin que, détruits par un incendie, ils furent remplacés par des textes recueillis en Grèce. — 5) Tibull., II, 5, 16. — ODiox., IV, 62. — 7) Cic , Divin. ï, 2. Il, 54. Lactant., Inst. Divin., I, 6. l3-io. Suidas., s. v. S{6v*XXa. Schol. Plat,, p. 315. Bokker. — 8) Sbrv., ^n, Vf, 72. Cf. ci-dessus, p. 7-8.