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vers sibyllins % et enfin les prophéties d'Albunéa, la nymphe sibylle de Tibur *, toutes contrefaçons des rapsodies soi-disant dictées par les voix sibyllines, prirent place dans l'arche de pierre où dormait, loin de toute curiosité profane, le secret des destins de Rome.
Il est difficile de préciser les motifs qui engagèrent l'État romain à se charger d'un souci aussi embarrassant que lâ garde d'un oracle dont on redoutait les indiscrétions. Rome se trouvait maintenant dans la situation de la plupart des villes grecques, qui tenaient sous clef dans leur acropole des collections d'oracles et autres documents secrets ', ou des villes étrusques qui avaient leurs libri fatales * ; mais ce produit exotique était en quelque sorte le cheval de bois de la nouvelle Troie. Il en pouvait sortir des révélations intempestives, comme celle qui perdit Véïes* : il en sortit, à coup sûr, quantité de rites coûteux et de cultes grecs qui réclamèrent le droit de cité et s'imposèrent à la religion nationale.
La foi des Romains aux livres sibyllins fut réelle, car elle explique seule la violence qu'ils se firent à eux-mêmes ; mais elle resta en tout temps contrainte et défiante. Le régime du collège d'interprètes créé par Tarquin porte la trace assez manifeste de cette disposition d'esprit. D'abord, le nom que portent les interprètes officiels de l'oracle indique que l'on a voulu constituer à l'origine plutôt une commission indéfiniment renouvelable qu'un collège proprement dit. A Rome, les dignités régulièrement inscrites parmi les offices publics ont toujours un titre qui leur est propre : les membres des commissions, au contraire, ne sont désignés que par une expression banale indiquant leur nombre, suivie d'une défi-
I) Voy. ci-dessus, p. 8. 128-129. — 2) Voy. voL IT, p. 190. —3) Voy. vol. II, p. 217, 3. — 4) Voy. ci-dessus, p. 10, 1. Les livres sibyllins sont parfois appelés les libri falalçs de Rome (Liv., XXII, 9. Vopisc, Aitrelian. SIS). -^5) Voj. ddessus, p. 10, 1.