‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 11 sur 163 · LE TEMPLB DANS LA DIVINATION TOSCANE · texte numérisé non relu

LE TEMPLB DANS LA DIVINATION TOSCANE

grecque', plaçait à Textrême nord le séjour des -^sars^ ou dieux. Mais, tandis que l'Hellène se tourne vers les dieux pour les interroger,le Toscan imite leur attitude supposée, afin de voir l'espace comme ils le voient eux-mêmes et de ne pas renverser pour son regard la symétrie des régions explorées. Ayant donc le visage tourné vers le midi, il appelle antica la moitié méridionale du Q,\ç\y postica la partie nord, sinistra la partie orientale, dextra la partie occidentale '.

Les augures romains se contentaient de cette division du temple en quadrants : mais il paraît que les haruspices subdivisaient chacune de ces régions en quatre parties, de fiiçon que le temple entier était distribué en seize cases, comparables aux « maisons » astrologiques*. De ces seize maisons, les huit qui se trouvaient du côté de l'est étaient heureuses,

leurs mesures aux usages locaux. Aîusî, en 65 av. J.-C, la foudre ayant renversé la statue de Jupiter Capitolin, les baruspices firent surélever le fronton et tourner la statue vers TOrient (Gic, CatiL, III. 8. Arnob., Vil, 40) ; mais cela ne veut pas dire qu'ils eussent agi de mi^me en Élrurie. Le plus simple serait peut-être d'admettre que les haruspices orientaient leur temple dilféremment, suivant l'usage auquel on le destinait. On comprend qu'ils aient pu, pour consulter les dieux souterrains, se tourner du cùi^. du couchant, symbole de la mort, regarder l'Orient pour observer les oiseaux, qui saluent de leurs cris le soleil levant, et fixer le Midi comme la cible où les dieux, placés au Nord, lancent leurs foudres. Mais il est inutile de grossir le nombre des hypothèses. En ce qui concerne les temples-édifices, Nissen a proposé une conjecture ingénieuse qui, pour certains esprits complaisants, est déjà presque une certitude. Il pense que les temples des ditférentes divinités ont été orientés de façon que l'axe de chacun d'eux vise juste le point de riiorizon où le soleil se lève le jour de la fête de la divinité titulaire, ou le jour delà fondation de l'édifir-.e; ce point étant censé être la demeure céleste de la divinité en question. L'auteur a traité ses statisliijues avec le parti pris d'un homme dont le siège est fait. Si le grand axe n'est pas tourné vers l'Orient, on se rejette sur le petit axe : si ni l'une ni l'autre direction ne s'accorde avec la place qu'occupe la fôte locale dans le calendrier, on invoque ou le désordre du calendrier avant la réforme julienne, ou simplement une erreur. Ce sont là de bonnes raisons; mais il semble qu'une érudition désintéressée en trouverait encore de meilleures pour abandonner la découverte. DVoy.Ivol.I, p. 138: UI, p. 16.— 2) Suet., Aikj., 97.— 3;Varr., Ling. lat,, Wl, 2,et ap. Fe-^t., s. v. Sinistrœ, p. 339..— 4)G[r.., Divin. y II, 18. Plfn., Il, § 143.

et Tétaient d'autant plus qu'elles s'approchaient davantage du nord : l'influence funeste des autres croissait de même en énergie en allant du midi au nord *. Enfin, comme dans les théories chaldéennes, chaque maison était occupée par une divinité ou par un groupe divin.

Voici, d'après les données confuses de Marcianus Capella », qui puisait sans doute au hasard dans Varron, la répartition des groupes célestes dans le temple :

Région N.-E. {Sinistra-postica)- Région S -0. {Dextra-antica)

I. Jupiter. — DU Consentes. — Pénates Lares. — Salus. — Janus.

— Favores, — Opertanei. — Noc-" turnvs.

II. Jupiter. — Prxdiatus. — Quirinus. — Jfars. — Lares militares, — Juno. — Fons. — Lymphœ. — Di No^^ensUes.

m. Jupiter Secundanus. — Jovis Ojjuleaùia. — Miaeroa. — Discordia. — Seditio. — Pluto.

IV. Lynsa Siloestris. — Mulci-ber. — Lar cxlestis, — Lar mili^ taris. — Favor.

Région E.-S. (Sinistra-antica).

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