‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 115 sur 163 · DURÉE DU SIÈCLE ROMAIN · texte numérisé non relu

DURÉE DU SIÈCLE ROMAIN

comme Varron, voulaient identifier le siècle naturel avecle siècle civil ou arithmétique de 100 ans \ et les uns et les autres avaient tort aux yeux de la doctrine toscane des siècles variables. Chacun refit la chronologie à son gré, sans. grand souci de la réalité vraie *. Les partisans du siècle de 100 ans donnaient pour la série des quatre Jeux les dates 449, 349, 249, 149 avant notre ère; les autres, les dates de 456, 346, 236, 126. Ceux enfin qui croyaient aux siècles variables étaient fort à l'aise pour tout expliquer. Ils assimilaient aux jeux Séculaires les sacrifices faits au Terentum^ au début de l'ère républicaine (509), par P. Valerius Poplicola, et ceux de son ancêtre Valesius : ils pouvaient encore transformer en prodiges séculaires ou en prodromes de ces phénomènes la grande mortalité des femmes en couche qui détermina Tarquin-le-Superbe à fonder, après consultation des livres sibyllins ou peut-être de livres étrusques^ les sacrifices de vaches stériles connus sous le nom de Ludi Taurei.

La question était assez embrouillée pour qu'Auguste eût sa pleine liberté d'action quand il voulut réorganiser l'institution des jeux Séculaires. Ces jeux n'avaient pas été célébrés en 49, comme ils auraient dû l'être d'après l'usage antérieur, à cause des guerres civiles. Auguste décida que la çolennité aurait lieu en l'an 737 de Rome (17 av. J-C.),etque désormais le siècle serait compté à 110 ans. Il célébra ainsi l'avènement du nouvel ordre des choses et la fondation de sa

{) Yarron alléguait, pour prouver que le siècle naturel est de cent ans, des observations faites en Egypte sur les cadavres. Stiivant les embaumeurs d'Alexandrie, le cœur de Thomlne gagne en poids 2 drachmes par an jusqu'à 50 ans : passé cet âge, il diminue dans la même proportion, et se trouVe réduit à rien à cent ans. Cette singulière théorie physiologique était confirmée, dit-on, parle témoignage de Tastrologue Dioscoride (Cknsorin,, 17, 14). — 2) Sur toutes ces questions, voy. le livre de Th. Mommsen, Die rcemische Chronologie bis aufCaesar. Les Jeux Séculaires furent réellement (Célébrés, d'après la majorité des témoignages, en 249 et en 146(GfiNS0RiN., 17i 41). — 3)Exlibris fatalibus {Sejkw, II, 140).

dynastie. Dévot comme il Tétait à Apollon, Thôte du Palatin, il eut soin que les jeux fussent avant tout des fêtes enThonneur de son dieu favori *.

Voici le programme des jeux Séculaires sous Tempire. Au commencement de la moisson, des hérauts {pj^œcones) invitaient le peuple à la grande fête « que nul n'avait vue et que nul ne devait revoir, » et aussitôt commençaient les distributions d'objets nécessaires aux expiations et offrandes particulières. L'État fournissait aux citoyens les suffinientaj c'est-à-dire les torches, la poix, le soufre, et les Décemvirs (devenus les Quindécemvirs) les distribuaient eux-mêmes au peuple sur le Capitole et dans le temple d'Apollon Palatin : on répartissait de même le blé, l'orge et les fèves que chacun devait offrir à titre de prémices de la récolte *.

Ces préliminaires achevés, la fête proprement dite, qui devait durer trois jours et trois nuits, commençait par un sacrifice nocturne de trois béliers immolés au Terentum sur trois autels par le prince assisté des Quindécemvirs. On honorait ainsi les divinités fatales, les Parques et les Carmentes. Le lendemain, sacrifices sur le Capitole : à Jupiter, des taureaux blancs ; à Junon, une vache blanche: puis, jeux scéniques au théâtre en Thonneur d'Apollon. Il y avait sans doute repos la deuxième nuit. Le deuxième jour, prières et supplications des matrones à Junon sur le Capitole. La troisième nuit, nouvelle cérémonie au Terentum : sacrifice d'un cochon de lait de même couleur à Tellus, d^hostiœ fu7*vœk Dis Pater et Proserpine. Le troisième jour était tout entier consacré à Apollon. On sacrifiait des bœufs blancs dans son temple du Palatin, et deux chœurs, l'un de 27 jeunes garçons, l'autre de 27 jeunes filles', chantaient, en grec et en latin, le

{) Voy. le Carmen Sœculare composé à celte occasion par Horace. — 2) ZosiM., II, 5. Heiiodian., IIÏ, 8, 40. Claudian., De VI consul. Honor. 390. — 3) Le nombre 27 {virgines ter novena^), le cube du cbiffre 3, est, comme te doué de propriétés mystérieuses.

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