‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 118 sur 163 · CULTE DE LA GRANDE-MERE · texte numérisé non relu

CULTE DE LA GRANDE-MERE

sapin, qui représentait Attis mutilé ou mort, était, porté en grande pompe, le tronc entouré de laine, dans un temple que la Grande-Mère avait au Palatin, par une confrérie spéciale, le € collège des dendrophores de la Grande-Mère » ; après quoi, il y avait jour de jeûne, flagellation et pénitences grotesques ou obscènes des Galles, lavage de la déesse dans l'Almo, procession et réjouissances finales. Les Quindécemvirs surteillaient gravement le bain du fétiche dans le ruisseau privilégié*, et, quand la mode fut aux baptêmes de sang de taureau ou taurobolesy ils se mirent à administrer euxmêmes, toujours pour la plus grande gloire de la Mère phrygienne, cette espèce de sacrement qui purifiait les âmes et les « enfantait à une vie nouvelle ^ ».

Cybèle ayant son sacerdoce particulier, sa bande d'Asiatiques, parmi lesquels un sénatus-consulte avait dès l'origine interdit aux citoyens romains de se fourvoyer ', les Quindécemvirs n'étaient point les prêtres de la déesse, mais les directeurs du personnel sacerdotal consacrés à son service. II leur appartenait de donner l'investiture et les ornements sacerdotaux, c'est-à-dire le collier [occabos) et la couronne à trois fleurons {corona), aux desservants de la Grande-Mère, Galles, Archigalles, prêtres et prêtresses, dans toute l'étendue de l'Italie, comme ils étaient sans doute d'oflftce les patrons des confréries de cannophores et dendrophores *. Nous pos-

l)LucAN., !, 599. Cf. Stat., Silv. I, 2, n4. — 2) C. ï. L., VI, 497-499. 501, 508. U faut noter en passant que Tarchigalle, en proie au délire sacré, prophétise et devient une espèce d'oracle vivant. Tel néophyte s'est fait tauroboliser ex vaiicinatione Pusoni Juliani archigalli (Grut., 30, 2 Boissjeu, * Inscr. de Lyon p. 28). A Ostie, Tarchigallo était une puissance, et le gouvernement crut bon de compter avec lui. D'après une disposition juridique, is qui in Porta pro salute imperatoris saorum facit ex vatidnatione archigalli a tutelis excusatur (Fragm. Vatic, § 148). L'archigalle se chargeait en revanche d'inculquer aux grossiers matelots du port le respect de l'empereur. — 3) Dion., IÏ, 19. Cependant, Tarchigalle est généralement, sous l'empire, un Romain.— 4) On trouvé des Sacerdotes XVvirales à Rome (Orkll., 2328- 2329), dans différentes villes d'Italie (I. R. N., 202, 1399, 1401, 26i0, etc.).

sédons encore deux documents qui nous montrent la procédure suivie pour la création d'un prêtre de la Grande-Mère à Cumes Pan 289 de notre ère. Un procès-verbal relate d'abord l'élection du candidat Licinius Secundus, faite dans le conseil des décurions : puis viennent les lettres-patentes expédiées de Rome par le président du collège quindécemviral et conférant à relu jouissance des droits attachés à sa nouvelle dignité. Voici là teneur de cette pièce :

« Les Quindécemvirs préposés au culte, aux préteurs et « aux magistrats de Cumes, salut ».

« Comme nous avons appris par votre message que vous « avez créé Licinius Secundus prêtre de la Mère des dieux, € en remplacement de Claudius Restitutus décédé, conformé- « ment à votre volonté nous lui avons permis de porter Toc- « cabos et la couronne, mais seulement dans les limites du € territoire de votre colonie ».

€ Portez-vous bien, tel est notre désir ».

« En foi de quoi, moi Pontius Gavius Maximus, proma- € gister du collège, ai signé, ce seizième jour des kalendes « de septembre, sous le consulat de M. Umbrius Primuset « de T. Flavius Cœlianus * »,

Les prêtres de Cérès, ou du moins de la Cérès sicilienne à laquelle les XVvirs allèrent sacrifier en 133 avant notre ère^ étaient également, si Ton en juge par un exemple^, sous la direction du collège. L'analogie induit à penser qu*il en était de même de tous les sacerdoces qui, n'étant pas d'origine romaine et se trouvant par là en dehors de la compétence pontificale, avaient été ou introduits dans la cité, ou utilisés

et même en dehors de l'Italie, comme à Orange (Orell., 2332) et à Lyon (0. Sammius Secundus ab XVviris occabo et corona exomatus , Orell.,2322). Pour les DeadrophoreSf voy. la liste dans J. R. N. 2359 : on peut conclure par analogie pour les Cannophores,

n ï. R. N., 2558. - 2) Cic, Verr. IV. 49. Val. Max., I, 1, 1. - 3) Ceren Vert (umno) sacBoviaMaxima sacerdos XVviralis {Okkll, 5718. 1.R.N.,375).

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