‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 121 sur 163 · DESTRUCTION DES LIVRES SIBYLLINS · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES LIVRES SIBYLLINS

simple accident. En 391, Symmaque les garde encore, en sa qualité de Quindécemvir % et Claudien, chantant vers 402 la Guey^^e Gêtique, vante encore « le lin qui garde dans ses plis fatidiques les destinées de Rome^ ». Moins de dix ans plus tard, ils sont anéantis, et le chrétieiî Prudence s'applaudit de voir le inonde débarrassé de ces vieilles reliques d'une religion abolie, « Il n'y a plus, dit-il, de fanatique essoufflé qui, récume aux lèvres, déroule les destins tirés des livres sibyllins, et Cumes muette pleure ses oracles morts ^»,

Prudence aurait pu triompher avec plus de discrétion et ne pas faire semblant de confondre les Quindécemvirs avec les «fanatiques» de Bellone ou de la Grande-Mère. C'était déjà un outrage assez sensible que Stilicon avait infligé aux derniers tenants de la vieille foi en brûlant les livres sibyllins^ et l'on peut dire que Stilicon lui-même eût été mieux avisé en ne rappelant point par de pareils traits qu'il était le précurseur de ses compatriotes les Vandales.

La destruction des livres sibyllins termine l'histoire du collège quindécemviral et celle de la divination officielle des Romains. Nous en aurons fini avec la divination gréco-romaine tout entière, dont les divers aspects nous occupent depuis si longtemps, quand nous aurons étudié la façon dont l'État mit ses droits et sa sécurité à l'abri des entreprises de la révélation ou plutôt de ses dispensateurs.

1)Syiimach., Epist, IV, 31.— 2) Claudian., B. Gciic. 230. — 3) Prudent., Apoih, 439. — 4) RuTiL. Namat., Itiner, II, 51.

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