‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 122 sur 163 · LA DIVINATION ET LES LOIS IMPÉRIALES · texte numérisé non relu

LA DIVINATION ET LES LOIS IMPÉRIALES

Solidaiité intime de TÉtat et de la religion dahs les cités antiques. — La divination incorporée aux institutions romaines, libre ou extra* officiel le en Grèce. — Contrôle sommaire des opérations mantiques dan% les cités grecques. — La divination militaire et les généraux. — Surveillance exercée par l'État romain sur la divination libre. — Proscription des livres de prophéties en 2i'6. — Les astrologues et autres devins à Rome»

— Décrets d'expulsion rendus contre les devins. — La divination et la police impériale. — Édits d'Auguste et de ses successeurs. — Procès de Drusus Libo (16 ap. J.>C.), d'iËmilia Lepida (20), de LoUia (49), de Furius Scribonianus (52). ^ Édits de Vitellius, de Vespasien et de Domitien. — Popularité des astrologues. — Défiance des princes à l'égard de la divination. — Jurisprudence d'Ulpien. — Décadence intellectuelle du monde gréco-romain. — La magie et la démonologie. — Proscription des livres magiques sous Septime Sévère. — Les professeurs de divination sous Alexandre Sévère. — Jurisprudence de J. PauUus. ^- Édit de Dioclétien. — Les empereurs chrétiens; édits de Constantin et de ses successeurs. — La divination païenne et la révélation chrétienne. — Tolérance relative de Constantin. -^ Sévérité de Constance. — Théories de Firmicus Maternus. ^ Procès de Barbation et des clients de l'oracle de Besa. -*- La divination encouragée paV Julien. — Modération de Jovien et de Valentinien. — Rigueurs de Valens. — L'affaire du trépied enchanté. — Enquêtes et exécutions. «^ La persécution sous Théodose i le Culte païen frappé d'interdit. — Fermeture et démolition des temples*

— La révélation dans la religion chrétienne*

S'il est un principe politique incontesté dans le monde gréco-romain, c'est que la cité enferme et contient sa religion, qu'elle en est comme le support nécessaire, et que le culte public n'a aucune raison d'être en dehors de l'État. Les Grecs se représentaient volontiers la religion de la cité comme la continuation des rapports affectueux que les dieux avaient

entretenus jadis avec son fondateur; les Romains, comme un pacte intervenu à l'origine entre la société et les puissances invisibles qui la protègent. De toute manière, le culte public n'avait aucunement pour but de satisfaire les aspirations personnelles des individus et de servir des intérêts qui fussent ceux de l'homme et non pas du citoyen. A la part qu'il prenait au culte de la cité, l'individu ajoutait — comme un supplément de devoirs religieux non plus imposés, mais agréés et, dans une certaine mesure, recommandés par l'État — le culte domestique, consistant en hommages rendus au génie du foyer et aux tombeaux des ancêtres.

Tout ce qui n'est point contenu dans cette' religion privée et dans la religion de l'État est un surcroît, une superstition {superstitio).

A Rome, on l'a vu, la divination s'est disciplinée sous le joug des prescriptions légales : elle s'est incorporée au culte public et n'est point restée dans ce courant d'habitudes libres et irrégulières que le légiste appelait des superstitions. Il n'en a pas été de même en Grèce. Là, les principes n'ont pu être appliqués dans toute leur rigueur, et la divination n'a été ni exclue des cités ni attachée par des liens définis à leur culte. C'est que les Hellènes, tout en jugeant la révélation nécessaire à la conduite de la vie, pour les sociétés comme pour les individus, ont toujours regardé la faculté de lire dans la pensée divine comme un privilège dévolu à certaines personnes ou à certaines corporations, attaché à certains cultes fixés eux-mêmes en certains lieux, de telle sorte qu'il était loisible à chaque cité de recourir à la divination, mais non pas de s'en approprier à son gré les instruments.

Rome se suffit à elle-même, parce qu'elle a résolument tranché tous les liens qui l'attachaient à la race d'oti elle est issue; elle a la prétention de ne rien devoir qu'à la libre initiative d'un Romulus et d'un Numa: en Grèce, au con-

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