‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 13 sur 163 · FORME DU TEMPLE TERRESTRE · texte numérisé non relu

FORME DU TEMPLE TERRESTRE

rieure, le périmètre du temple. Aucun texte n'indique que les devins aient laissé une portion quelconque du ciel en dehors du temple supérieur ' : nous savons, au contraire, que le temple terrestre était limité par des points extrêmes et des lignes terminales que désignait à l'avance l'observateur*-».

La limitation a entraîné un changement de figure. Le temple terrestre, pour être semblable à Tautre, aurait dû avoir une surface circulaire, et tel fut peut-être l'usage primitif. Il est à remarquer que les plus anciens cultes italiques, entre autres, celui de Vesta, exigeaient pour leurs divinités des sanctuaires affectant cette forme ^ Un fait plus probant pour rÉtrurie, c'est que, les villes étant, comme on sait, de grands temples habités par les dieux de la cité, il y avait pour tracer leur enceinte un « rite étrusque *, » et que le nom dhirbs {o7*bis) donné à cette enceinte en indique la forme circulaire '. Mais, dans la pratique de l'art divinatoire, il était

\) 0. Mlller, Eiru8ker,U', p. 129. Le Icxtc allégué par Nisscn : hcmiiphœrium uhi concavo caerulo septum stat (Varr., L. lat., VII, 2, 6) esl loiu de prouver le coutraire. — 2) Voy. ci-dessous (Dicination officielle des Romains) j\9. formule employée par les augures romains. — 3) £des rotundas tribus diis ((icunt fieri debere, Vestœ, Dianœ, vel Herculi vcl Mercurio (Serv., Mn., IX, 408). Le sanctuaire des Pénates cl les chapelles des Lares, divinités archaïques s'il en fut, étaient de forme ronde (xoXii^eç. Dion., IV^ M), et il est probable, bien que les témoiguages ne concordent pas tout à fait sur ce point, que le plus ancien sanctuaire du Capitole, celui de Jupiter Feretrius (Liv., I, lu), était également circulaire, comme aussi Vœdes Dex Dix. On s'en souvint lorsque Rome fit d'Auguste déifié le dieu Pénate par excellence : le premier sanctuaire qu'on lui éleva à Rome était rond, comme ou le voit sur les médailles (Cohen, Monn. imp.^ l, pi. 4, 278). Les putealia^ ou lieux consacrés par la foudre, devaient être clos d'une enceinte circulaire Knfln, d'après Varron (ap. Serv., JEn,^ 1, 50o), il devaity avoir dans les édifices sacrés un espace découvert, ou voûté en coupole, qu'on appelait tesludo. C'était le ciel, ou son image, supporté par le temple terrestre.— 4) Etruscus ritus (Varr., L. i., V, 32, 143. Cf. Liv., I, 44. —5) Varr., ibid. IsiD., Orig.^ XV, 2). On n'a pas fait d'objections sérieuses à cette dérivalion: orbis=^urbs. O.M'ÔLLERtp. 149), gêné par l'idée que Vurbs est nécessairement carrée, dérive urbs de urvum {aratri)^ sans songer que «rui/m, partie courbée de la charrue, doit venir aussi de orbis (Fest,, s. v. L>eaf, p. 373).

difficile de maintenir au champ d'observation un tracé aussi incommode. Il eût fallu des points de repère nombreux pour fixer au sol le périmètre, et les chances d'erreur auraient été considérables. En joignant,au contraire, par des lignes droites les extrémités dncardo et du decyimaniiSj on obtenait un carré dont les angles répondaient aux quatre points cardinaux, c'est-à-dire, une figure géométrique plus facile à préciser. Le carré inscrit au cercle est pris pour le cercle lui-même dont il est comme une simplification. C'est là la quadrature du cercle selon la liturgie.

Il n'y a aucun doute à élever sur le fait en lui-même. Il est certain que les édifices religieux construits à Rome suivant le rite toscan * et le temple augurai romain étaient de forme rectangulaire : il en était de même du vénérable enclos muré du Palatin, la « Rome carrée» {Romaquadrata^). Le sanctuaire de Vesta fut rayé de la liste des temples parce qu'il était rond. L'on doit donc admettre, en l'absence de toute objection contraire, que le temple terrestre était aussi chez les Étrusques un carré régulier.

Il ne reste, comme question controversée, que la méthode adoptée pour l'orientation de la figure.

L'usage romain, connu par les traités d'arpentage, était de faire des deux grandes lignes directrices les axes et non pas les diagonales du carré : de manière que le temple tournait vers les points cardinaux non pas ses angles, mais ses côtés.

H taxe aussi d'erreur Plularque (RomuL, \i) pour avoir dit que Tenceinle de Rome avait été tracée suivant le rite étrusque, en cercle, avec le mundus (du Comiiium) pour centre. On a trouvé des figures géométriques qui ont servi à la divination en Chaldée (H. Sayce, Babylonian augury by means of geometrical figures ap. Trans. of Biblic. Archœol. IV [i87t)] p. 302-314). Or les présages concernant la fondation des côtés y sont tirés de lignes courbes (Ibid., p. 304, 308).

J) Par exemple, le T. de Jupiter Gapitolin, bâti par les Tarquins, fabris undique ex Etruria accitis (Liv., I, 56;. — 2) Fbst<, s. y. Quadrata, p. 258.

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