‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 14 sur 163 · ORIENTATION DU TEMPLE · texte numérisé non relu

ORIENTATION DU TEMPLE

Comme les arpenteurs reconnaissent l'origine toscane de leur art, on ne peut affirmer que les Étrusques aient agi autrement. Cependant, il est difficile de se représenter le devin placé au centre du carré et le limitant par des parallèles aux lignes directrices, de telle sorte que la perspective se trouverait arrêtée sur ces grandes lignes à plus courte distance que dans les directions intermédiaires. Une lecture attentive des textes relatifs au temple augurai romain et ombrien * confirme ces scrupules, et, si Ton n'y trouve point d'arguments décisifs contre l'opinion reçue, on peut être cependant conduit à supposer que le carré inscrit au temple circulaire n'était pas tracé de la même manière par le devin et par l'arpenteur.

Nous n'avons pas à nous occuper ici du tracé des temples en dehors de l'art divinatoire. Il est temps de songer que le cadre géométrique ainsi dressé est, dans sa fonction propre, un moyen d'observer, classer et interpréter les signes fatidiques qui traversent le champ d'observation, c'est-à-dire les foudres et les oiseaux.

1) La formule varronienne à Tusagc des augures romains fourairait ua excellent argument si elle parlait des quatre points extrêmes, au lieu de se borner à flxer l'extrême droite et l'extrême gauche, car elle ajoute : « inter ea conregione [finio], je limite en tirant des lignes droites entre ces points ». La description de Tite-Live (I, 18) a un détail significatif : Taugure signum contra [en face], quoad longissime conspectum oculi fcrebant^ animo finivit. Le dccumaniis est donc prolongé jusqu'à Thorizon. De même, en étudiant le rituel augurai d'iguvium, M Bréal est amené à concevoir le temple comme orienté par les deux diagonales (^es Tables EugubineSj p. *ô2}. Festus (s. v. Afinora, p. 157) dit qu'un temple doit avoir an^/u/os adfixos ad terram, et Ton voit toujours les devins fixer les points extrêmes des lignes directrices. Dans le temple bâti, la nécessité de ménager une ouverture sur la ligne directrice et rimpossibilité de percer la porte dans un angle de l'édifice, sur le terrain à arpenter, l'impossibilité de faire des lots rectangulaires autrement qu'eu menant des parallèles au cardo et au decumanvs, ont pu faire accepter, concurremment av%c l'autre métbode. l'orientation par les faces. Les Pyramides sont orientées par leurs faces; mais les monuments de Ninive l'étaient parleurs angles Cf. Placr, Ninive et l'Assyrie Paris, 1867, I, p. 17-18. De même, le carré dans les figures citées par Sayce {op. cU.f p. 305).

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