‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 21 sur 163 · LES VISCÈRES FATIDIQUES · texte numérisé non relu

LES VISCÈRES FATIDIQUES

alors que les autres parties étaient d'aspect rassurant, ajourner toute entreprise ' , les fissures ayant, en thèse générale, un caractère fâcheux ^. Mais Tétude du foie est le tout de l'art : et c'estlui que désigne d'ordinaire, dans le langage courant, le nom générique d^exta.

Le foie avait une face dont le sens intéressait l'observateur ou son commettant {pars familiaris), et une qui concernait le sort de ses ennemis {pars hostilis) ^. La vigueur de cette dernière, sa richesse en vaisseaux, était par conséquent d'un fâcheux augure, La même division se retrouve dans les fissures {fissurnr-limes) qui partagent le foie, sur l'une et l'autre face, en lobes distincts. Il y avait une fissure familière ou vitale {fissum familiare^vitale) et une fissure hostile {flssum hostiley. Ces lignes naturelles avaient assez d'importance pour avoir donné lieu à la création de termes spéciaux applicables à leur observation {fissiculare-fissiculatores). En général, elles étaient d'autant plus favorables qu'elles étaient plus fines et délicates*. Il va sans dire que les fissures extraordinaires ou mal dirigées étaient redoutées^.

Les extrémités saillantes du foie {fibrcéf étaient les parties les plus chargées de présages, surtout celle qu'on appelait la « tête » du foie [caput), sorte de protubérance placée à l'extrémité du lobe droit. L'absence de cette protubérance était présage de mort® : double*, elle annonçait le conflit

\) Cic.,Dti?m.,I,39. — 2)Cic.,I)îinn. II, 12. — 3) Cic, Divin., II, \%, Liv., Vin, 9. Senbc, Œd., 362. Lucan., Pkars,, 1, 621 . En 43, le consul C. Vibius Pansa offirant un sacrifice, ta Upà th iïpo]coX^p.ta ot adEvTet^ oùx i^duvi^Orjaav Onô tou kX/jOouç tou atfiaiqf Biorfvùjvat (DioCass., XLVI, 33). — 4) Cic, Divin., II, 13. Cf. I, 10. 52. U, 12. 14. N<U. Deor., \l\, 6. — 5) Fronto, De vocab,.. — 6) Cf. limes obUqutiS [SEii.fibid.),— 1) WAtŒL,yLing. 2a^,V, 13. Serv.,^ii.,X, 176. Georg.fh i^O. On en tirait même des présages météorologiques : fibrœ jecoiHs êandarcLCei si fuani, manales tum verrere opus est petras,,.pro eommutanda phmigB ihopia (Labeo ap. Ful6ENT.,s. v. Manales).^ 8) Cfc, Divin., I, 52. II, 15. Plin., XI, § 189. Liv., XLI, 14. Obseq., 9. 17. 35. 47. 52. Paul., p. 244. ]

— 9] SENEC.,GEdtp.,360. Lucan., 1, 622. Il parait que ]ecaput duplex pouvait ]

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de deux forces, par conséquent des dissensions ; si elle était comme détachée par une fissure {caput cœsum), elle annonçait une révolution et Tavônement d'un nouvel ordre de choses, ce qui était, selon les cas, un présage favorable ou défavorable^ Les cas prodigieux n'étaient pas rares, et venaient compliquer encore Texamen anatomique. On . rencontre des foies doubles * ou munis d'une double enveloppe», signes de force et de prospérité. Enfin, les haruspices examinaient aussi la disposition des veines, et l'étude de ce système variable devait être la partie de leur art la plus inaccessible aux profanes. Nous ne savons s'il faut leur attribuer l'invention de tous ces termes métaphoriques que les glossaires grecs donnent comme empruntés à la langue des sacrificateurs* : mais ils devaient en posséder l'équivalent, car leur science n'eût pas été tenue en si haute estime si elle n'avait été plus minutieuse encore et plus précise que celle des Grecs.

L'examen se poursuivait pendant la cuisson des entrailles qui, triées suivant les prescriptions du rituel et mêlées à des morceaux détachés des membres (prœsegmina^partes prce^

aussi présager ud grand bonheur, car M. Marcellus ayant trouvé d*abord uu foie sans této, puis un foie à deux têtes, Tharuspice dit que les entrailles ne lui plaisaient pas, quia prima trunca, secunda nimis lœta appantisseni (Val. Max., 1, 6, 9. Plut., Marceli, 29. Cf. Plin., Xï, § 189).

i) Sen., ibid. Liv., VllI, 9. OviD., Met^ XV, :9o. Plin., ibid. {caput extorum tristis ostenti cœsum. .prœterquam in sollicitudine ac metu; tune cnimperemit curas). — 2) Plin., XI, § 191) {replicata intrinsecus ab ima /Î6ra\ — 3) Amm. Mabc, XXIl, 1, 4. — 4) Cf. vol. I, p. 172. Je reproduis cette liste en la complétant : ixAsuOa — iviiffràtriç — YXtôovai — ôsÇfç — SeafJidc — ^i^tcrpa — Bi6axoupo( — 8nj>iç —- ô6Xou Tpdbce^a — hoyjxi — ^TC^ — ànWcoç — îo^iaç x^P^ — âtàç — xdvEov — xb>XiSTY]p — (id^^aipa — îvuÇ — nota(i6ç — TCuXat — xéfoç. Il est probable que Sénèque décrit le xcoXiSttip dans son (Edipe: Hostile valida robore imurgit latus Septemque venas tendit: has omnes rétro Prohibens reverti limes obhguus secat (v.362 sqq). Quant au signe âi6ç, Stace l'appelle par son nom : niger omnibus aris Ignis, et in nullis spirat deus integer extisiTheb. V, 17o-6). De môme Tibulle : per te [Apollo] prassentit haruspex, Lubrica signavit cum dms exta notis (Tibull., II« 5, 14).

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