‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 5 sur 163 · TRAITÉS SUR LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

TRAITÉS SUR LA MATIÈRE

rences sommaires auxquelles on doit les titres utilisés pour cette classification visent^ de temps à autre, non pas les archives sacrées ou les guides professionnels, mais simplement des traités faits sur la matière par les érudits plus ou moins bien informés qui tournèrent de ce côté leurs recherches.

Aux abords de notre ère, en effet, c'est-à-dire au moment où la foi faisait place dans le monde à la curiosité, l'érudition s'occupa de dresser Tinventaire des religions en décadence. La science des haruspices fat ainsi portée à la connaissance du public, et le peu que nous en savons vient en grande partie de ces indiscrétions '. Le premier qui paraît avoir colligé, traduit, ordonné et même complété les livres sacrés deTÉtrurie, fut Tarquitius Priscus. Ses livres faisaient foi : les théologiens voyaient en lui un second Tagès, et les érudits un autre Varron ^. Le Toscan A. Csccina, fîls du client de Cicéron, publia sur la science étrusque {De Etrusca disci-^ plina) un ouvrage considérable dont Sénèque nous a conservé un fragment précieux ^ Caecina, qui était de vieille noblesse étrusque, put aborder le sujet avec une compétence exceptionnelle; car, aux observations empiriques consignées dans les livres saints et les manuels, il était à même d'ajouter les règles d'exégèse qui se transmettaient par l'enseignement oral, ayant été initié à ces arcanes par son père *. Son contemporain, P. Nigidius Figulus,le plus docte des Romains après

^) Sur ces ouvrages de seconde main,voy. O.MiiLLERjfî^rusfcer, n*,p.33-4i. C.Wachsmuth, Prolegomenain Lydi librum de ostentiSj p. xvii-xxxvin. G. Schmeis- SER, QîuesL de Etrusca disciplina. Brcslau, i872, p. 14 sqq. — 2) On cite de lui une traduction de VOttentarium Tuscum et particulièrement VOstenlarium arborarium (Macr., IH, 7, 2 ; 20, 3). Les haruspices montrent à Julien, à l'appui de leur dire, les Tarquitiani libri in iitulo de retus divinis (Aum. Marc, XXV, 2, 7). Tarquitius, deux fois mentionné par Pline avec Cœcina et J.AquilaUnci. auct, Lib. II et XI), paraît avoir été contemporain de L. SuUa. — 3) Senec, Qu3B8t. Natf II, 39 sqq. Cf. Zisihermann, De A. Cœcina scripiore, Berolin. 1852. —4) Cic, Ad Fam., VI, 6.

Varron, esprit chimérique que le goût des sciences occultes avait conduit au mysticisme^ étudia l'haruspicine au même titre que la symbolique pythagoricienne et l'astrologie. Son traité De extis* et ses Ephémérides fulgurales^ dressées d'après les livres de Tagès mirent à la portée des curieux les deux branches les plus importantes de la science étrusque. A peu près vers le même temps, sous le règne d'Auguste, des Toscans, comme Clodius Tuscus et Julius Aquila, traduisirent, analysèrent ou commentèrent les parties les plus intéressantes des livres sacrés de l'Étrurie. Clodius Tuscus dressa un calendrier dans lequel il paraît avoir mis la science astronomique d'accord avec celle des haruspices ^. Un Capito, probablement le grammairien Sinnius Capito ^, entassait dans ses compilations archéologiques ce qu'il savait des antiquités étrusques, et le philosophe stoïcien Attale introduisait dans la physique de l'école l'art fulgural des haruspices, accommodé au goût subtil de la secte ^.

L'influence des deux Toscans qui furent les favoris toutpuissants d'Auguste et de Tibère, Mécène, le « descendant des rois d'Étrurie », et Séjan, n'était peut-être pas étrangère à ce déploiement de zèle érudit. Uii peu plus tard, le goût persistant que Claude montra pour les antiquités étrusques produisit un effet analogue. Il fut question au Sénat des mesures à prendre pour sauver de l'oubli la science des haruspices et l'on peut bien rapporter à cette époque l'édition « illustrée» des livres toscans où Pline voyait figurés des oiseaux introuvables ^. Il est à croire que Claude lui-même

{) Gell., XVI, 6, 42. Macrob., 5a^, VI. 9, 5. — 2) lo. Lyd., Ostent,, 27. — 3) lo. Lyd., Ostent.^ 59. 71. — 4) lo. Lyd., OiL, 3 dit Kandwv tout court. Oa pense généralement au célèbre jurisconsulte Ateius Capito ; mais Topinion de Wachsrauth, qui tient pour Sinnius, me parait mieux fondée. — 5) Etruscorum disciplinam graeca subtilitate miscuerat (Senec, Q. iV., H, 50). — 6) Sunt prœterea compîura gênera depicta in Etrusca disciplina, sed ulli non visa (Plin., X, § 37).

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