‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 6 sur 163 · SOURCES ET DOCUMENTS · texte numérisé non relu

SOURCES ET DOCUMENTS

avait fait entrer dans les vingt livres de son Histoire des Tyrrhéniens (Tuppr|Vtxa) tout ce qu'il savait d'haruspicine. Il encouragea peut-^tre le Toscan UmbriciusMelior,qui fut plus tard l'haruspice ordinaire de Galba, à écrire sur son art^.

L'âge du scepticisme tranquille une fois passé, la divination toscane garda sa place au milieu des superstitions de jour en jour plus nombreuses qui resserraient le champ des recherches scientifiques, et attira encore de temps à autre la curiosité ou la foi des érudits. Le théologien Cornélius Labeo, dont les études portèrent sur l'ensemble des religions grécoitaliques, consacra à la divination étrusque un grand ouvrage en quinze livres, dans lequel se trouvaient traduits et expliqués les écrits de Tagès et de Bacchétis ^. On cite de lui un traité de Diis animalibus^ peut-être compris dans Touvrage précédent, où il exposait les destinées d'outre-tombe d'après les livres Achérontiques ^. Le sujet était assez ample pour que tant de travaux ne l'eussent pas épuisé. La divination toscane occupa encore après lui les loisirs d'une foule de savants ou d'amateurs dont les noms, sauvés par hasard de l'oubli, ne sont plus pour nous que des noms d'inconnus *.

i) Qui scripsit de Eirusca disciplina (Plin., I, Ind. auct. lib. xi). — 3) FuLGBNT., s. V. manales, lo. Lyd., Ostent,^ 3. 42. Isid., Origg, VllIyO. Les auteurs disent simplement Labeo : mais il ne saurait être question du jurisconsulte Ântistius Labeo, alors qu'on connaît un Cornélius Labeo, auteur d'ouvrages théologiques (De dispenatibus. — De oraculo Aj^oUinis Clariif etc.). Ce Cornélius Labeo parait avoir vécu au commencement du iio siècle de notre ère. — 3) Serv., JEn,, ill, 168. — 4) Il n'y aurait qu'un mince profit pour notre sujet à disserter sur ces noms, souvent défigurés par des leçons fautives ou peu sûres, et sur les identifications proposées jusqu'ici. II est possible que le Cœsius mentionné par Arnobe (IH, 40) comme suivant les théories étrusques soit le poète Cœsius Bassus, ami de Perse, et que le Vicellitis {BixÙXioç 5 Pa>[mroç) de lo. Lydus {Ostent. 54) soit le poète Vagellius, ami de Sénèque. Mais Cœsius pourrait aussi être une mauvaise leçon pour Gavius [Bassus], ce Gavius, contemporain d'Auguste, ayant écrit de Diis, VApuleius que cite à plusieurs reprises le même auteur byzantin à propos d'art fulgural {Ostent 3. 4. li. 5V) doit être le philosophe de Madaure : quant à FonteiuSy dont le nom revient aussi souvent (Ostent. 3. Cf. Mens, IV, 2. b4. Magistr» III, 42), le problème esta peu

La divination étrusque fut ainsi tirée de l'ombre où elle cachait ses mystères et traînée au grand jour» mais en même temps défigurée de mille manières, accommodée à des systèmes divers, au gré d'opinions préconçues. Les adeptes de l'astrologie lui prêtaient des théories astrologiques; les physiciens, les philosophes y trouvaient la confirmation ou le pressentiment de leurs découvertes; il n'est pas jusqu'aux grammairiens qui n'aient contribué, par des traductions inexactes et des étymologies arbitraires, à altérer le sens primitif d'une tradition qui n'était plus soumise à un contrôle officiel. Peut-être les haruspices des derniers siècles, qui ne savaient plus l'étrusque, puisaient-ils eux-mêmes leur science dans ces ouvrages de seconde main, de façon que toute garantie d'authenticité disparut de leurs méthodes avec l'enseignement professionnel.

C'est cependant avec les débris, aussi rares que mutilés, de cette littérature exégétique, dispersés çà et là dans les citations et références des scoliastes, et avec quelques faits historiques qu'il faut essayer de reconstituer la science des haruspices. Ce sera déjà beaucoup d'en dresser le programme. Nous n'irons pas plus loin que le permettent d'aussi maigres ressources; car il vaut mieux, en définitive, laisser les lacunes béantes que de les combler avec des hypothèses hasardeuses.

près insoluble. lo. Lydus le cite entre Vairon et Gavius Bassus, ce qui ferait croire qu'il est leur contemporain : mais Thistoire littéraire ne connaît qu'un seul Fonteius, à savoir, « l'amateur d'histoires » qui discutait avec Vopiscus {Firm, 2) sur le caractère officiel et la légalité des actes de l'usurpateur Firmus. Qu'était-ce que ce Campaster ou Campestrius (Kaji.7:é<jTpioç) qui écrivit une dissertation sur la valeur prophétique des comètes (Serv., JEn., X, 273. Lyd,, Ostent, 10) et un livre nécromantique (KataSoXixà et infernalia. Fulg., Alleg, Ver(/i/.l42)? On peut soupçonner qu'il est identique à l'haruspice Campensis mis à mort par Maximin (àmm. Marc.» XXVIII, i, 8); mais il n'y a pas lieu d'insister, en l'absence de toute preuve. Enfin, on rencontre encore un certain Polies, d'iCgœ en Gilicie, qui a écrit sur la divination en général et particulièrement sur la divination étrusque ^Iïep\ t^; napà Tuppr^voîç jiavTixîît* Suidas, s. v. n(iXX72c. Eudoc, p. 364. Lyo., Ostent. 2).

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