Quod fugis, quodjactas, tibi quod daturspemere nolei
17. Quipetis post tempus consilium, quod rogas non est, 2) Aijgourd'hui Abano.
156 DIVINATION LATINE ET OMBRO-SABELLIQUE
deux fois, poussant devant lui ce troupeau légendaire ; et, comme les sources thermales avaient été en tous lieux ouvertes par la main bienfaisante d'Hercule \ c'est à lui sans doute que les Padouans se croyaient redevables des eaux médicinales de la fontaine Aponine ^.
Cette fontaine n'avait pas seulementdes vertus médicinales. Une coutume, conforme aux idées de*la race pélasgiqqe, qui partout faisait de l'eau l'instrument ou le véhicule de la divination, y avait installé un oracle cléromantique, régi par un dieu local, Jupiter Aponus ou Apenninus, appelé aussi Jupiter Consultant {consul ou Consulens) *. L'oracle, quelle qu'ait été la date de sa fondation, jouissait d'une certaine notoriété au temps d'Auguste, car Tibère, allant en Illyrie,s'y arrêta et s'y laissa prédire sa grandeur future. Tout ce que nous savons des méthodes divinatoires employées à Padoue tient dans ces quelques lignes de Suétone : « Tibère, allant consulter l'oracle de Géryon, tira un sort qui lui disait d'aller, en guise de consultation^ jeter dans la fontaine d'Aponus des dés en or; il ' arriva que les dés jetés par lui amenèrent le maximum de points, et de nos jours encore, on les voit sous l'eau * ».
Il ressort de cette anecdote que l'oracle de Géryon était distinct de lafontaine,et que celle-ci était utilisée par roracle lui-même pour des consultations hydromantiques. Nous avons constaté, en parlant des usages grecs, que l'hydromancie ordinaire, celle qui n'a point recours aux enchantements magiques, n'est qu'une variété delà divination par les sorts*, On peut voir, dans une scène que Plante a empruntée à
1) Voy. vol. III, p. 313. — 2) Sur la fontaine Aponine, autrement dit, la source Aponus (4-:covoç, qtn supprime la douleur)^ voy. Lucan., Phars.y VII, 193. Martial., VI, 4'2. Sil. Ital., XII, *218. Claudian., JdylL VI {Aponus). Cassiod., Var. Il, 39. Le nom paraît être d^origine grecque et avoir été latinisé par Finstinct populaire en ApôninuSy ou mieux encore Apenninus^ qui offrait un sens connu. — 3) Vopisc. Pirmus, 3. — 4) Suet., Tiber., 14. — 5) Voy. vol. I, p. 189.